Le président français Emmanuel Macron (à gauche) recevant le Premier ministre libanais Nawaf Salam à l'Élysée, le 24 juillet 2025. Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP
Le président français Emmanuel Macron a informé le Premier ministre libanais Nawaf Salam que la France contribuerait à hauteur de 75 millions d’euros, soit 88,16 millions de dollars, au projet d’aide d’urgence au Liban (LEAP) mis en place par la Banque mondiale (BM). Cette enveloppe vise à soutenir les efforts de reconstruction du pays, après la guerre dévastatrice de l'automne dernier qui a opposé le Hezbollah à Israël.
Vendredi matin, lors d’un entretien téléphonique, M. Salam a fait part au chef de l’État, Joseph Aoun, des résultats de sa visite officielle à Paris, a indiqué le Grand Sérail.
Pendant la visite de M. Salam à Paris jeudi, la première depuis sa prise de fonction, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de poursuivre le chantier des réformes afin de tenir une conférence internationale pour soutenir le Liban et mobiliser l’aide nécessaire pour la reconstruction. Le Liban avait obtenu début juin un prêt de 250 millions de dollars de la BM et lancé, en partenariat avec des agences des Nations unies, des projets d’une valeur de plus de 350 millions de dollars destinés au sud du pays. Le Hezbollah avait ouvert un front de soutien à Gaza le 8 octobre 2023. Après des mois d'échanges de frappes et tirs le long de la frontière, l'État hébreu avait lancé le 23 septembre 2024 une offensive élargie et meurtrière puis, quelques jours plus tard, une offensive terrestre le long de la Ligne bleue. La guerre a détruit, totalement ou partiellement, des villages du Sud, de la Békaa et de la banlieue-sud de Beyrouth. La BM évalue à onze milliards de dollars la facture totale des dégâts dans les régions touchées par les bombardements israéliens au Liban. Ces estimations couvrent la période du 8 octobre 2023 jusqu’au 20 décembre 2024.
Renouvellement du mandat de la Finul et violations israéliennes
Les deux parties ont également insisté, selon un communiqué publié par le Grand Sérail vendredi matin, sur l’importance de renouveler le mandat de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), ce qui doit normalement être décidé dans les prochaines semaines par le Conseil de sécurité, et de renforcer le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. MM. Macron et Salam ont affirmé la nécessité d’un retrait total d’Israël des territoires libanais et de la fin de toutes les violations du cessez-le-feu, tout en soutenant le renforcement des capacités de l’armée libanaise afin qu’elle puisse exercer son contrôle de manière exclusive et représenter l’autorité de l’État, selon le texte.
Sur le plan judiciaire, le chef de l'Élysée a exprimé sa volonté d’apporter un soutien technique et financier à la réforme du système judiciaire, notamment par « l’envoi d’un expert auprès du ministère libanais de la Justice » et le « lancement d’une coopération entre l’École nationale de la magistrature en France et l’Institut des études judiciaires au Liban ».
Le contrôle de la frontière libano-syrienne
Alors que la question de la sécurité frontalière au Liban est revenue en force ces derniers jours, la France a réitéré sa disposition à « accompagner la coopération entre Beyrouth et Damas en matière de contrôle de leur frontière commune », longue de 330 km et à « fournir l’assistance technique nécessaire à sa délimitation, en s’appuyant sur les archives historiques dont elle dispose ».
Une rencontre avait eu lieu en début de semaine à Riyad entre les chefs des services de renseignements des armées libanaise et syrienne, dans un contexte tendu à la frontière libano-syrienne. En plus du trafic de contrebande, cette zone a été marquée par des accrochages en février et mars entre des « clans » réputés proches du Hezbollah et les nouvelles forces de sécurité syriennes faisant des victimes de part et d’autre. Le Liban partage avec la Syrie une frontière sans démarcation officielle en plusieurs points, ce qui la rend assez perméable et propice à la contrebande et à des conflits entre les habitants de régions qui s’enchevêtrent, comme à Hoch Sayed Ali où s'étaient déroulés les combats.



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10 h 58, le 26 juillet 2025