Le président français Emmanuel Macron recevant le Premier ministre Nawaf Salam à l’Élysée, le 24 juillet 2025. Geoffroy Van Der Hasselt/AFP
Le président français Emmanuel Macron a reçu jeudi le Premier ministre Nawaf Salam à l’Élysée, à Paris. Il s’agit de la première visite en France du chef du gouvernement, qui a remercié la France « pour son soutien constant au Liban, à sa sécurité, sa souveraineté et sa prospérité ».
Dans une publication sur son compte X, M. Salam a également indiqué qu’il « rentre à Beyrouth rassuré par l’engagement du président Macron à aider le Liban, à renouveler le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) et à renforcer les relations bilatérales, notamment dans les domaines de la sécurité, de l’économie, de l’éducation et de la culture ».
Je remercie la France pour son soutien constant au Liban, à sa sécurité, sa souveraineté et sa prospérité. Je rentre à Beyrouth rassuré par les engagements du Président Macron sur l’aide au Liban, le renouvellement de la FINUL et le renforcement de nos liens bilatéraux dans les… pic.twitter.com/BYp3BQTrn1
— Nawaf Salam نواف سلام (@nawafasalam) July 24, 2025
Après son déjeuner à l’Élysée avec Emmanuel Macron, et avant de s’embarquer pour Beyrouth, M. Salam a tenu une rencontre avec les correspondants en France de médias libanais et arabes. Il y a annoncé une prochaine conférence franco-libanaise préparatoire à d’autres conférences internationales d’aide au Liban, selon notre correspondant Élie Masboungi. Selon nos informations, M. Macron a exprimé à Nawaf Salam le soutien de Paris à son gouvernement. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre le chantier des réformes afin de tenir une conférence pour soutenir le Liban et mobiliser l’aide nécessaire pour la reconstruction.
À cela s’ajoute le soutien de la France concernant le renouvellement du mandat de la Finul et les efforts pour mettre en œuvre le cessez-le-feu au Liban-Sud. Ce soutien français au Liban intervient à l’heure où les États-Unis et Israël font monter la pression sur Beyrouth pour accélérer le processus du monopole des armes aux mains de l’État. Paris promet, lui, de tenir une conférence de soutien international pour la reconstruction des zones affectées par la guerre de l’automne dernier, à condition que le Liban mène une série de réformes essentielles.
Les efforts se poursuivent avec Barrack
En marge de cet entretien, les ministères des Affaires étrangères de la France et de l’Arabie saoudite ont publié un communiqué commun évoquant la situation dans la région. Concernant le Liban, les deux chancelleries ont insisté sur « l’importance du respect du cessez-le-feu » conclu fin novembre entre Israël et le Hezbollah, aujourd’hui fragilisé par de nombreuses violations, principalement israéliennes. Ils ont aussi réaffirmé leur soutien aux autorités libanaises pour la mise en œuvre de réformes urgentes – le Liban étant en discussion avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un programme d’assistance financière – et pour le renforcement de la souveraineté de l’État, ce qui passe notamment par le désarmement des milices, dont le Hezbollah.
Ce dossier est suivi de près par l’émissaire américain Tom Barrack, qui était en visite à Beyrouth en début de semaine. Selon un communiqué publié la veille par la présidence française, les échanges avec Nawaf Salam devaient porter sur « la sécurité, la stabilité du pays et la poursuite des réformes économiques indispensables à la pleine restauration de la souveraineté et de la prospérité » du Liban. Le « renforcement des forces armées libanaises » était également au menu des discussions ainsi que les « grands défis auxquels font face le Proche et le Moyen-Orient, en particulier les conséquences de la guerre en Iran et à Gaza, ainsi que les récents affrontements en Syrie », poursuit l’Élysée. La veille aussi, le Premier ministre Nawaf Salam avait déclaré dans un entretien au quotidien an-Nahar que les tractations se poursuivent avec l’émissaire américain Tom Barrack. Il avait aussi indiqué qu’il allait informer le président français de l’avancée des projets de réformes, notamment financières, engagés par son gouvernement en coopération avec le Parlement. Par ailleurs, le Premier ministre s’est attardé lors de cet entretien sur la position française vis-à-vis de la cause palestinienne, rappelant que Paris soutient la solution à deux États et saluant les efforts franco-saoudiens pour la tenue d’un sommet à New York sur ce dossier. « La tragédie se poursuit à Gaza. On ne peut pas continuer ainsi. Il est impératif de déployer des efforts arabes et internationaux pour mettre fin aux massacres commis contre les Palestiniens », a-t-il déclaré.


(...) "le renforcement de nos liens bilatéraux dans les domaines de la sécurité, de l’économie, de l’éducation et de la culture." Des engagements unilatéraux plutôt...Je cherche vainement ce que le Liban apporte à la France!
19 h 29, le 26 juillet 2025