Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Diplomatie

La France va reconnaître l'Etat de Palestine, Israël fulmine

Alors que le président français espère créer une dynamique en ce sens, Netanyahu l'a accusé de « récompenser la terreur ».

Le président français Emmanuel Macron (à gauche) accueille le président palestinien Mahmoud Abbas avant leur rencontre à l'Élysée, le 21 septembre 2018 à Paris. Photo archives AFP/LUDOVIC MARIN

La France va reconnaître l'État de Palestine en septembre à l'ONU, a annoncé jeudi le président Emmanuel Macron, espérant créer une dynamique collective en ce sens, une décision aussitôt décriée par Israël comme une « récompense de la terreur » et « fermement » rejetée par les États-Unis.

La décision française « récompense la terreur », a fustigé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en référence à l'attaque sans précédent du Hamas sur le sud d'Israël le 7 octobre 2023. « Soyons clairs : les Palestiniens ne cherchent pas à obtenir un État aux côtés d'Israël, ils cherchent un État à la place d'Israël », a-t-il martelé.

Proche allié d'Israël, les États-Unis ont « fermement » rejeté le projet français, évoquant une décision « imprudente » qui fait reculer la paix. « C'est un camouflet pour les victimes du 7 octobre », a déclaré le secrétaire d'État américain Marco Rubio.

À lire aussi

Génocide à Gaza : autopsie d’un tabou (pas vraiment) brisé

Le chef d'État français avait annoncé plus tôt ce projet sur les réseaux sociaux : « Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j'ai décidé que la France reconnaîtra l'État de Palestine. J'en ferai l'annonce solennelle à l'Assemblée générale des Nations unies, au mois de septembre prochain », a-t-il écrit sur X et Instagram. La France coprésidera alors avec l'Arabie saoudite une conférence internationale au niveau des chefs d'État et de gouvernement visant à relancer la solution dite « à deux États », palestinien et israélien. Cette conférence, initialement prévue en juin, avait été reportée à la dernière minute en raison de la guerre entre Israël et l'Iran. Dans l'intervalle, une réunion au niveau ministériel se tiendra les 28 et 29 juillet à New York.

À ce jour, au moins 142 États ont reconnu un État palestinien, selon un décompte de l'AFP.

« Mobilisation »

Le vice-président de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hussein el-Cheikh, a de son côté salué cette décision en faveur de « l'établissement de notre État indépendant ». C'est un « pas positif », a renchéri le Hamas, en appelant d'autres pays à suivre cet exemple.

L'Arabie saoudite s'est aussi félicitée d'une décision « historique » et a appelé les autres pays à prendre « des mesures positives similaires ».

La France « mobilisera tous ceux de ses partenaires internationaux qui souhaitent y prendre part », a promis Emmanuel Macron dans une lettre adressée au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

Le 19 mai, le Royaume-Uni, le Canada et la France avaient ouvert la voie à une éventuelle reconnaissance dans une déclaration commune. Mais depuis, aucun des dirigeants de ces trois pays n'avait franchi le pas. Le 10 juillet, en visite au Royaume-Uni, Emmanuel Macron avait appelé à une reconnaissance commune de l'État de Palestine par la France et le Royaume-Uni, sans succès pour l'heure.

En mai 2024, l'Irlande, l'Espagne et la Norvège, rejointes un mois plus tard par la Slovénie, avaient déjà franchi le pas en Europe. « Ensemble, nous devons protéger ce que (Benjamin) Netanyahu essaie de détruire. La solution à deux États est la seule solution », a réagi le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez sur X.

Mais les Européens restent divisés sur cette question, l'Allemagne estimant qu'une reconnaissance aujourd'hui serait « un mauvais signal ».

« Décision précipitée »

Dans une lettre en date du 9 juin adressée au président français, Mahmoud Abbas s'est engagé à une démilitarisation du Hamas, à l'origine des attaques du 7 octobre 2023 en Israël, dans le cadre d'un futur État palestinien. Il s'est aussi dit prêt à organiser des élections législatives et présidentielle en 2026 afin de « renforcer la légitimité » de l'Autorité palestinienne et son « autorité sur le futur État palestinien », y compris Gaza, rappelle Emmanuel Macron dans sa lettre.

Autant de gages en faveur de la solution à deux États, estime le président français, en espérant convaincre les Israéliens qu'elle est aussi dans leur intérêt.

Cette annonce intervient alors que l'émissaire américain Steve Witkoff a acté jeudi l'échec des pourparlers menés à Doha en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Israël fait face à une pression internationale croissante pour mettre fin aux souffrances des plus de 2 millions d'habitants du territoire palestinien, soumis à un blocus qui les prive d'une aide humanitaire vitale. Dans ce contexte, le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé un « entretien d'urgence » vendredi avec ses homologues français et allemand pour voir comment « arrêter les massacres et fournir à la population la nourriture dont elle a désespérément besoin ».

En France, le président du Rassemblement national (extrême droite), Jordan Bardella, a déploré une « décision précipitée », qui accordera au Hamas « une légitimité institutionnelle et internationale inespérée ». Le leader de La France insoumise (gauche radicale) Jean-Luc Mélenchon s'est à l'inverse félicité d'une « victoire morale », tout en déplorant qu'elle ne soit pas immédiate.

La France va reconnaître l'État de Palestine en septembre à l'ONU, a annoncé jeudi le président Emmanuel Macron, espérant créer une dynamique collective en ce sens, une décision aussitôt décriée par Israël comme une « récompense de la terreur » et « fermement » rejetée par les États-Unis.La décision française « récompense la terreur », a fustigé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en référence à l'attaque sans précédent du Hamas sur le sud d'Israël le 7 octobre 2023. « Soyons clairs : les Palestiniens ne cherchent pas à obtenir un État aux côtés d'Israël, ils cherchent un État à la place d'Israël », a-t-il martelé.Proche allié d'Israël, les États-Unis ont « fermement » rejeté le projet français, évoquant une décision « imprudente » qui fait...
commentaires (9)

Excellente initiative de la France. Palestine, c’est le nom de ce qui est devenu Israël, grâce à la plus grande usurpation de l’histoire. C’est la moindre des choses et comme vous dites 142 Etats ont reconnu la Palestine. L’Allemagne se sent toujours fautive d’avoir massacré les juifs. Alors elle paie sa dette avec du sang arabe. Facile non ?

Goraieb Nada

06 h 52, le 27 juillet 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (9)

  • Excellente initiative de la France. Palestine, c’est le nom de ce qui est devenu Israël, grâce à la plus grande usurpation de l’histoire. C’est la moindre des choses et comme vous dites 142 Etats ont reconnu la Palestine. L’Allemagne se sent toujours fautive d’avoir massacré les juifs. Alors elle paie sa dette avec du sang arabe. Facile non ?

    Goraieb Nada

    06 h 52, le 27 juillet 2025

  • C'est un peu tard...

    Tabet

    09 h 26, le 26 juillet 2025

  • Que vas faire la France? Ouvrir une ambassade à Ramallah? Et payer grassement des diplomates à répandre l'esprit français dans les camps de Jénine et d'ailleurs? Si fort dans la mode, des grands couturiers de l'Hexagone vont probablement relooker les lanceurs de pierres et leur donner plus d'allure quand ils passeront dans un téléjournal. Et moi qui croyait que la France au bord de la faillite devait urgemment faire des économies.

    Fingal Victor

    01 h 33, le 26 juillet 2025

  • Une initiative tout aussi déplacée et imprudente que sa décision l’année dernière de dissoudre l’assemblée nationale … bref Macron enchaine les mauvais choix , reconnaître un état palestinien dans le contexte actuel ne fait que aggraver les problèmes.

    JPF

    23 h 17, le 25 juillet 2025

  • Bonne chose. Il faut forcer les choses. C'est dans l'intérêt de tout le monde. Les détails suivront

    Moi

    13 h 03, le 25 juillet 2025

  • Israël fulmine? Tant mieux. Netanyahou a retrouvé ses forces après son "intoxication alimentaire" (il a dû probablement mal digérer la nourriture dont il a privé les Gazaouis). Mais qu'Israël fulmine, ses arguments éculés sur l'antisémitisme et le soutien au terrorisme ne convainquent personne, à part ceux qui font semblant de le croire pour justifier la colonisation et le génocide !

    Politiquement incorrect(e)

    12 h 43, le 25 juillet 2025

  • FAUT SPECIFIER SUR LES FRONTIERES DE 1967 !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 43, le 25 juillet 2025

  • OLJ, OSCULTEZ L,AVIS DE L,EGYPTE, DE LA JORDANIE, DE LA SAOUDITE, DE LA SYRIE, DE L,IRAQ, DU YEMEN ET DU LIBAN... ET CELLE DES ABRAHAMISES SVP SANS OUBLIER LES ETATS ISLAMIQUES NON ARABES.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 12, le 25 juillet 2025

  • Rien ne justifie plus les massacres en cours, on peut détester le Hamas mais pas les innocents qui se font massacrer dans le silence le plus absolu et les voix qui s'élèvent contre ne sont même pas entendues. Au delà du nom de ce conflit c'est la dignité humaine qui est perdue, plus personne de ceux qui dirigent n'a le moindre filtre humain. C'est un génocide et Israël peut vociférer les arguments que Netanyahu nous sert à l'envie ne tiennent plus la route. Il ne vaut pas mieux que l'Iran le Hezbollah ou le Hamas, ce sont tous des assassins qui veulent se maintenir en place.

    Zeidan

    09 h 28, le 25 juillet 2025

Retour en haut