Ozgur Ozel, chef du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), s'exprime lors d'un entretien avec Reuters à Istanbul, en Turquie, le 11 mars 2026. REUTERS/Murad Sezer/Photo d'archive
Özgür Özel, le dirigeant évincé par la justice turque du principal parti d'opposition, le CHP, a annoncé mardi qu'il allait créer un nouveau mouvement, lors d'une déclaration au parlement.
« Je prends aujourd'hui la parole avec un état d'esprit différent, avec la tristesse d'un adieu. Nous sommes aujourd'hui à un tournant historique », a affirmé Özgür Özel.
« Une fois les formalités nécessaires accomplies, le nouveau parti que nous allons créer deviendra la principale force d'opposition à l'Assemblée nationale, et de très loin », a-t-il ajouté.
D'après la presse turque, la demande d'enregistrement du nouveau parti sera déposée lundi 27 juillet auprès du ministère de l'Intérieur.
Le CHP, plus ancien parti politique de Turquie, a été ébranlé par une décision de justice rendue le 21 mai, qui a annulé la primaire interne de 2023 ayant porté Özgür Özel à sa tête et a rétabli son rival vaincu, Kemal Kiliçdaroglu.
Trois jours plus tard, la police antiémeute a fait irruption de force au siège du CHP à Ankara, tirant des gaz lacrymogènes et frappant des membres du parti avant de les expulser des lieux.
Özgür Özel a qualifié la décision de justice de manœuvre du gouvernement destinée à faciliter la victoire du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan lors des prochaines élections, prévues en 2028.
« L'AKP sait qu'il ne peut plus remporter d'élections démocratiques. Il sait que le peuple turc ne veut plus de lui », a-t-il dit, ajoutant que « la cible n'est pas le CHP, la véritable cible est la détermination du peuple à provoquer un changement de gouvernement ».

