Le mufti jaarfarite, le cheikh Ahmad Kabalan. Photo ANI
Le mufti jaafarite, cheikh Ahmad Kabalan, a lancé mercredi une sévère mise en garde contre « les cartes folles américaines et israéliennes » qui, selon lui, « œuvrent à déchirer la région par le feu, la destruction et les massacres », appelant à l’unité de la «famille libanaise» et à protéger le Liban « loin des détails politiques et confessionnels ».
« Le moment est venu de protéger le Liban d’un incendie et d’une destruction qui ravagent le cœur de la région, à travers ces cartes folles américaines et israéliennes qui cherchent à produire un nouveau Sykes-Picot par la force du feu, de la destruction et des massacres, au seul profit de Washington et Tel Aviv », a déclaré le chef religieux chiite. « Le Liban fait partie des pays dévorés par ces feux, tandis que le gouvernement libanais est paralysé et absent », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent après que l’émissaire américain Thomas Barrack a évoqué une « menace existentielle » pour le Liban. « Si le Liban ne bouge pas, il retournera à Bilad el-Cham », avait déclaré le diplomate. Malgré sa tentative de rectifier le tir, cette mise en garde, a largement été perçue au Liban comme une menace à peine déguisée d’un « retour » à une « Grande Syrie ».
Le mufti a également affirmé que « nous n’avons pas besoin d’un gouvernement qui ne condamne pas l’agression israélienne », mais au contraire de « directions courageuses sur le plan national, sinon le Liban sera perdu ». « Le moment est venu de rassembler la famille libanaise », a-t-il insisté. « Jamais le Liban n’a connu un ministère des Affaires étrangères aussi défaillant et négligent que celui d’aujourd’hui », a-t-il lancé, dans une critique à l’encontre de la gestion du ministre Joe Raggi, qui a, à plusieurs reprises, réclamé le désarmement du Hezbollah et l’exclusivité des armes entre les mains de l’État libanais.
Ces propos ont été tenus à l'heure où l’armée israélienne occupe toujours cinq positions au Liban-Sud et y mène presque quotidiennement des bombardements sans épargner la Békaa, en dépit de la trêve entrée en vigueur en novembre 2024 pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah. Le sud de la Syrie, notamment la province de Soueida, est aussi le théâtre d’affrontements meurtriers entre combattants druzes et bédouins depuis le 13 juillet, avec une intervention sanglante des extrémistes islamistes. Dans le même temps, la région a été secouée par la guerre de douze jours déclenchée en juin par Israël, avec le soutien des États-Unis, contre l'Iran, tandis que le conflit se poursuit à Gaza, avec un bilan de plus de 58 500 morts côté palestinien.
L’armement relevant de la triptyque de la défense nationale » (armée, peuple, résistance), abandonné dans la pratique par la déclaration ministérielle du gouvernement de Nawaf Salam et le discours d’investiture du président Joseph Aoun, « n’est pas seulement une nécessité pour la souveraineté, mais une nécessité existentielle pour le Liban, son unité et son indépendance », a estimé le cheikh.
Al-Qard al-Hassan « n’a pas pillé les citoyens »
Suite à la décision de la Banque du Liban (BDL), qui a interdit lundi aux institutions bancaires et financières de traiter avec des sociétés non agréées et sanctionnées par des autorités étrangères, telles qu'al-Qard al-Hassan, gérée par le Hezbollah, le leader religieux a affirmé que cette institution « sûre, garante, sans surveillance au profit de Washington », n’a pas pillé les citoyens, contrairement aux « banques commerciales libanaises et à la Banque centrale, au vu et au su de tous ».
Alors que Thomas Barrack avait averti lundi que toute tentative de désarmement forcé du Hezbollah pourrait « entraîner une guerre civile au Liban », le cheikh a estimé que ces propos « révèlent le vrai visage de Washington, maître dans l’art de fomenter des guerres civiles et de démembrer les pays ».
Il a enfin salué le président Aoun, qui prône un dialogue direct avec le Hezbollah concernant son arsenal, en le qualifiant de «gardien national et figure constitutionnelle» conscient « des dangers existentiels qui menacent la région ». Aux yeux du cheikh, le chef de l’État est « un garant essentiel des intérêts souverains et de ce qui est nécessaire pour protéger la famille nationale et l’entité libanaise ».



Unité de la famille libanaise, pffft… de quoi on parle, il nous prend pour des cretins à l’image de ses supporters ! Remettez vos armes à l’armée nationale, on verra par la suite comment constituer une famille libanaise avec vous
10 h 50, le 17 juillet 2025