Rechercher
Rechercher

Politique - Monopole Des Armes

Mise en garde contre un retour à Bilad el-Cham : « Ce n'est pas une menace contre le Liban », clarifie Barrack

Joseph Aoun « ne veut pas déclencher une guerre civile », estime le diplomate américain concernant la volonté du président de ne pas établir de calendrier de désarmement du Hezbollah.

Mise en garde contre un retour à Bilad el-Cham : « Ce n'est pas une menace contre le Liban », clarifie Barrack

Thomas Barrack arrive à Aïn el-Tiné pour sa rencontre avec le président du Parlement Nabih Berry, le 7 juillet 2025. Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour.

Après une mise en garde forte à l'adresse du Liban, qui pourrait revenir à « Bilad el-Cham », c'est-à-dire la Grande Syrie, s'il ne désarmait pas le Hezbollah et ne lançait pas de réformes, l'émissaire américain Thomas Barrack a tenu à clarifier ses propos samedi soir, assurant qu'il ne s'agissait pas d'une « menace » à l'encontre du pays du Cèdre.

« Mes propos d’hier saluaient les avancées impressionnantes de la Syrie, ils ne constituaient en aucun cas une menace pour le Liban », a écrit M. Barrack sur son compte X. Il affirme avoir « constaté une réalité : la Syrie progresse à une vitesse fulgurante pour saisir l’opportunité historique offerte par la levée des sanctions décidée par le président américain » Donald Trump, et qui pourrait se concrétiser en « investissements venant de Turquie et des pays du Golfe, des démarches diplomatiques envers les pays voisins, et une vision claire pour l’avenir ». « Je peux assurer que les dirigeants syriens souhaitent uniquement la coexistence et la prospérité mutuelle avec le Liban, et les États-Unis sont déterminés à soutenir cette relation entre deux voisins égaux et souverains, dans la paix et la prospérité », a ajouté celui qui est également émissaire à Damas et ambassadeur à Ankara.

Lire aussi

Malgré la bonhomie de Barrack, Washington demeure insatisfait par la réponse libanaise

Tom Barrack avait mis en garde une nouvelle fois le Liban contre la « menace existentielle » à laquelle le pays fait face selon lui, s'il ne procède pas au désarmement du Hezbollah. Répondant à une question, dans un entretien avec le média émirati The National publié samedi, sur l'absence d'engagement public de M. Aoun sur un calendrier de désarmement, l'émissaire US avait répondu : « Il ne veut pas déclencher une guerre civile ».

Bilad al-Cham

Le chef de l'État libanais, pour qui le monopole de l’État sur les armes est un leitmotiv, s'évertue à jouer la carte du dialogue avec le parti chiite pro-iranien, craignant vraisemblablement des débordements sécuritaires. Le Hezbollah refuse jusqu'à présent de discuter de son désarmement, tant qu'Israël occupe cinq points au Liban-Sud et bombarde presque quotidiennement le territoire, selon les discours de ses représentants. M. Aoun avait affirmé vendredi que si la décision sur le monopole des armes était « irréversible », sa mise en œuvre devrait tenir compte « de l’intérêt de l’État et de la stabilité sécuritaire, afin de préserver à la fois la paix civile et l’unité nationale. » Jeudi soir, le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea avait estimé que les craintes du président étaient « excessives ».

Lire aussi

Orgueils et préjugés : entre le Liban et la Syrie, une difficile réconciliation

Évoquant une « menace existentielle » pour le pays du Cèdre, M. Barrack avait encore affirmé : « Vous avez Israël d’un côté, l’Iran de l’autre, et maintenant la Syrie qui se manifeste si rapidement que si le Liban ne bouge pas, il redeviendra Bilad al-Cham. » L'envoyé spécial américain a usé d'un terme renvoyant à la Grande Syrie historique, qui comprenait la Syrie actuelle, le Liban, mais aussi la Jordanie, la Palestine et une partie du sud-est de l'actuelle Turquie. « Les Syriens disent que le Liban est leur station balnéaire. Il faut donc agir. Et je sais à quel point les Libanais sont frustrés. Moi aussi, je le suis » a ajouté le diplomate, qui est d'origine libanaise.

Bassil : « Le Liban ne disparaîtra pas »

M. Barrack avait tenu ses propos alors qu'il se trouvait à New York. Dans la journée de vendredi, Morgan Ortagus, la précédente émissaire américaine pour le Liban de janvier à juin derniers, avait partagé sur son compte Instagram une photo avec Tom Barrack, expliquant qu'elle se rendra avec lui au siège de l'ONU, sans donner davantage de précisions.

À L'Orient-Le Jourplus tôt cette semaine, Tom Barrack avait déjà fait affirmé que le Liban ne « survivrait pas » sans le désarmement du Hezbollah et la mise en place de réformes économiques et financières, demandées par le Fonds monétaire international (FMI). Il avait insisté sur le fait qu'aucune reconstruction, aucun investissement international ne pourraient être envisagés sans un désarmement effectif des groupes armés, en premier lieu du Hezbollah.

Ces déclarations avaient provoqué de vives réactions au Liban, notamment de la part du chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil, qui a écrit sur le réseau X que « le Liban ne disparaîtra pas ». « Le Liban n'est ni un vassal ni un appendice. C'est un pays souverain, libre et indépendant. Tout discours visant à l'annexer ou à le rattacher à un pays quelconque est une atteinte à son statut et à son identité », a dénoncé de son côté le député Mark Daou.

De son côté, l'ex-ministre druze Wi'am Wahhab a écrit sur le même réseau, en s'adressant à l'émissaire américain : « Nous sommes capables de renvoyer Jolani à Idleb », en allusion à l'ancien nom de guerre du président intérimaire syrien Ahmad el-Chareh, ancien leader du groupe jihadiste Hay'at Tahrir el-Cham. « Des dizaines de milliers de combattants au Liban et en Syrie sont prêts pour la bataille. Ce qui la retarde, c’est la protection internationale et régionale dont bénéficie le nouveau pouvoir » syrien, a ajouté M. Wahhab, connu pour sa proximité avec le camp favorable au Hezbollah.

Les relations entre Damas et Beyrouth restent tendues, malgré la chute en décembre 2024 du régime Assad. Dernièrement, des informations avaient circulé sur les velléités de l'administration syrienne de rattacher plusieurs régions libanaises à son territoire dans le cadre des négociations avec Israël et en échange notamment d'une partie du plateau du Golan. M. Barrack avait alors balayé ces informations évoquant des rumeurs, tandis que le député de Tripoli Achraf Rifi avait estimé que ces informations étaient véhiculées par le Hezbollah pour justifier le maintien de son arsenal.

Si, lors de sa dernière visite à Beyrouth M. Barrack avait évoqué la nécessité de procéder au désarmement du parti chiite avant le mois de novembre, selon les informations de l'agence Reuters, il a finalement déclaré en début de semaine que le Liban n’était contraint par les États-Unis par « aucun calendrier » concernant le désarmement du Hezbollah.

Après une mise en garde forte à l'adresse du Liban, qui pourrait revenir à « Bilad el-Cham », c'est-à-dire la Grande Syrie, s'il ne désarmait pas le Hezbollah et ne lançait pas de réformes, l'émissaire américain Thomas Barrack a tenu à clarifier ses propos samedi soir, assurant qu'il ne s'agissait pas d'une « menace » à l'encontre du pays du Cèdre.« Mes propos d’hier saluaient les avancées impressionnantes de la Syrie, ils ne constituaient en aucun cas une menace pour le Liban », a écrit M. Barrack sur son compte X. Il affirme avoir « constaté une réalité : la Syrie progresse à une vitesse fulgurante pour saisir l’opportunité historique offerte par la levée des sanctions décidée par le président américain » Donald Trump, et qui pourrait se concrétiser en «...
commentaires (22)

Bilad El Cham bi rassak y Barrack. Encore une fois l’incompétence et l’amateurisme américain va pousser la population libanaise prise de peur dans les bras du Hezbollah. Bravo ? excellent travail d’un pseudo diplomate en herbe.

Mafhoum

20 h 42, le 13 juillet 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (22)

  • Bilad El Cham bi rassak y Barrack. Encore une fois l’incompétence et l’amateurisme américain va pousser la population libanaise prise de peur dans les bras du Hezbollah. Bravo ? excellent travail d’un pseudo diplomate en herbe.

    Mafhoum

    20 h 42, le 13 juillet 2025

  • Cette nouvelle Syrie, quelle aubaine pour Israel ! Elle lui offre des territoires Elle fait pression sur le Liban et le Hezbollah Et elle va meme favoriser l’accueil de palestiniens… Le Liban est cerné

    Phenix

    15 h 49, le 13 juillet 2025

  • *CONSEIL A NOS CHEFS* =NOTRE PRESIDENT DIT SAGE,-EST VICTIME DU CHANTAGE,-QUE LUI SOUFFLE LE PERCHE,-QUI PROPOSE DES MARCHES,-ETUDIES PAR LE TANDEM,-BERRY L,IMBERBE ET KASSEM-LE BARBU, FAISEUR DE GUERRES,-QUI DETRUISIRENT NOS TERRES.=ASSEZ DE PRETER L,OREILLE,-A CES DEUX, CA NOUS EFFRAYE.=DE BARRACK LA GRANDE ALERTE,-EST RESOLUTION OUVERTE.=PRESIDENT PREMIER MINISTRE,-DESARMEZ DU TANDEM SINISTRE,-LES ILLICITES MERCENAIRES,-QUI MENACENT TOUS LEURS FRERES.-NON-STOP DE GUERRE CIVILE,-DES GRANDS CRIMES LE PLUS VIL.=NOUS DISONS A NOS DEUX SAGES :-RETARDANT LE NETTOYAGE,-EST UN TRES MAUVAIS MESSAGE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 51, le 13 juillet 2025

  • JE NE VOIS PAS MON COMMENTAIRE POURTANT SOUMIS DEPUIS DES HEURES. JE VAIS LE REPETER

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 30, le 13 juillet 2025

  • Plus on courbe l’échine en montrant notre incapacité à protéger notre pays et plus les menaces afflueront de toutes parts. Il n’est pas demandé à notre président de lire dans la mare du café le sort du pays en nous vendant un évitement d’une guerre civile improbable et impossible, vu les circonstances actuelles, en prenant le risque de voir notre pays disparaître pour de bon s’il tarde à accomplir sa mission de libérer le pays de toutes ces vermines qui le rongent pour s’atteler à faire face aux prochains soupirants qui attendent leur tour en fonction du résultat de la tâche qu’il doit assumer

    Sissi zayyat

    12 h 00, le 13 juillet 2025

  • peut-être "les instructions " du president ici est de ne pas désarmer la militia chiite,pour continuer le plan et être envahi ??

    Marie Claude

    09 h 33, le 13 juillet 2025

  • Menacer le Liban avec Al Joulani et ses hordes takfiristes? Raison de plus pour que le Hezbollah guarde ses armes! Ce Barrak est un génie!

    Moría Cerato

    09 h 08, le 13 juillet 2025

  • Tom Barrak ou Ehud Barrak ? Le Liban restera libanais

    Rize Lb

    08 h 48, le 13 juillet 2025

  • Monsieur Barrack, À part le nom de ses ancêtre, n'a rien de Libanais. Il ne fait que transmettre le message de son gouvernement. Si ,c'est bien les termes qu'il a adresse a nos responsables , ça reflète exactement la pensée profonde de son administration américano sioniste.

    Jimmy Barakat

    06 h 56, le 13 juillet 2025

  • Si Barrack a fait cette déclaration stupéfiante, c’est qu’il y a une raison. Malgré son sourire, il nous dit clairement que les réponses qu’il a eues de nos trois mousquetaires, sont décevantes. Et que le hezbollah est bien trop chouchouté, et que c’est bien lui qui met en danger notre pays. On a peur d’une guerre civile ? Bon. Mais le hezb ne répondra pas aux frappes israëliennes. La raclée humiliante lui a bien suffit. S’il veut garder ses armes c’est pour les diriger vers nous, de nouveau. C’est le message tranquillisant qu’il envoie à natenyahu. Nous avons deux ennemis, pas un seul.

    Goraieb Nada

    05 h 13, le 13 juillet 2025

  • Il n’y a pas de fumée sans feu… le ton courtois officiel US doit être compris « entre les mots ». Puis lorsqu’un diplomate corrige ou essaie d’expliquer ce qu’il a dit… ça signifie que sa déclaration première est bonne à prendre et reflète ce qu’il signifiait. En d’autres termes… La Syrie nouvelle pourrait s’accaparer des régions du liban ( en contrepartie du golan et des autres terres perdues : prises par israel ou par la Turquie. D’ailleurs la nouvelle Syrie et la Turquie Erdogan c’est KIF KIF… pays qui se complètent. PENDANT CE TEMPS: AOUN SALAM jouent aux BISOUNOURS avec le Hezbollah..

    LE FRANCOPHONE

    23 h 02, le 12 juillet 2025

  • Mais non voyons ..on a JOJO ...le meilleur president du monde ...

    Emile

    20 h 38, le 12 juillet 2025

  • Monsieur Barrack, quoique libanais d’origine, cela ne le rend pas objectif pour autant. Il jette de l’huile sur le feu. L’expression de Bilad el sham est aussi inappropriée et dangereuse car elle renvoie à da3ech. Ce bonhomme n’est ni sérieux ni fiable. On est donc pas encore sorti de l’auberge.

    PPZZ58

    20 h 36, le 12 juillet 2025

  • Clearly, a friendly advice to be taken seriously by the new government .

    Wow

    19 h 59, le 12 juillet 2025

  • Le Liban Officiel s'en fout de l'analyse de Barrak. Il vit depuis 2018 au jour le jour pour éviter les sanctions á l'encontre de ses dirigeants et pour avoir un peu de charité.L'objectif est de garder les choses en l'état: ne pas toucher au hezb, ne pas toucher á la corruption et faire survivre l'administration publique source de clientélisme. Barrak dans ses déclarations les a soulagé á deux titres : L'apocalypse pour le Liban est pour plus tard et il est tombé aussi dans le piège : les armes au nord mais pas au sud, lourdes mais pas légères, au hezb mais contrôlées. Hezb is grateful to Tom

    Moi

    18 h 23, le 12 juillet 2025

  • Comme Morgan Ortegus qui l’a précédé et en attendant celle/celui qui le suivra, Tom Barrack dit tout et son contraire, au gré des interviews. Trop content peut-être de parler de son pays d’origine, son pays de cœur. Voilà pourquoi Donald Trump doit cesser de vouloir absolument contourner le State Depart

    Marionet

    18 h 20, le 12 juillet 2025

  • Israël menace directement le Liban d'annexion par son proxy syrien...

    Abdeslam Faid

    17 h 51, le 12 juillet 2025

  • Le Hezbollah a détruit le Liban. Pour que ce pays ne disparaisse pas, il doit devenir un parti libanais travaillant pour l’intérêt et l’édification d’un État auprès de tous les autre partis.

    Achkar Carlos

    17 h 26, le 12 juillet 2025

  • Ca va ? Tout le monde va bien ? Shou on compte combattre l’impuissance ou on reste à siroter son verre sur les plages et les rooftops de Beirut ? L’impuissance ne se combat pas avec des stories filtrées mais avec une volonté collective. On fait semblant de vivre dans une carte postale Avant de se faire dévorer par l’oubli, par l’exil intérieur, ou par l’indifférence générale — continuons la culture du vide abyssale pendant qu’on nous regarde avec pitié.

    Mafhoum

    17 h 00, le 12 juillet 2025

  • Touma Barrak, le Zahliote, en laudateur de Antoun Saade ? Rien ne nous sera donc epargne ? LOL...

    Michel Trad

    16 h 47, le 12 juillet 2025

  • Ils sont où les souverainistes (Saydet El Jabal, les FL et les Kataeb et co. qui nous rabâchent les oreilles avec la Souveraineté du Liban ? Pas entendu une seule réaction !

    Bersuder Jean-Louis

    16 h 29, le 12 juillet 2025

  • L'Hypocrisie incarnée. Si le budget de l'armée suffit à peine a les nourrir et à les chausser. Comment voulez-vous qu'il combattent ,avec des savates ? Commencer par leur fournir le matériel nécessaire et à les entraîner pour en faire une armée solide et prête a s'exécuter .À partir de là, vous pouvez leur reprocher de ne pas effectuer leur devoir national.

    Jimmy Barakat

    16 h 26, le 12 juillet 2025

Retour en haut