Le cheikh druze Marhaj Chahine, humilié (à d.) par un groupe armé, dans le village d'al-Thaala, près de Soueida, en Syrie. Montage tiré des réseaux sociaux du média local Suwayda24.
Des sources proches du cheikh druze Marhaj Chahine, âgé de 80 ans, ont annoncé son décès mercredi, rapporte un média local de Soueida, Sweida24. Cette annonce intervient à la suite de l’humiliation du cheikh par un groupe armé, dans la ville d’al-Thaala, dans la banlieue ouest de Soueida, dans le cadre des affrontements meurtriers entre combattants druzes et bédouins qui se poursuivent depuis le 13 juillet. Les causes de son décès n'ont pas été communiquées.
Une vidéo publiée par le média arabophone Sabreen News a fait le tour des réseaux sociaux entre mardi et mercredi, montrant le cheikh Chahine se faisant raser la moustache de force par des individus d'un groupe armé. Des sources citées par Suwayda24 ont indiqué que le cheikh, « qui apparaissait les larmes aux yeux dans la vidéo choquante, est resté chez lui et n’a pas quitté sa maison après la prise d’assaut de son village par les forces gouvernementales ». Raser la moustache d'un cheikh druze est un acte considéré comme une grave provocation par cette minorité ésotérique issue de l'islam.
Il a « trouvé la mort »
« La vidéo de mon grand-père avait commencé à circuler mardi vers 13H00 après l'entrée (des forces gouvernementales) dans notre village, Thaala », situé à une dizaine de km à l'ouest de Soueida, a raconté Christine Chahine, journaliste installée à Beyrouth et petite-fille du dignitaire.
« Mon grand-père était un homme pacifique. Lorsque (les forces gouvernementales) ont commencé leur attaque, les habitants ont fui. Nous l'avons supplié de partir, mais il a refusé, insistant pour rester et enterrer son petit-fils Younès, tué la veille par un tir de sniper », a-t-elle ajouté.
« Ils ont filmé mon grand-père et diffusé la vidéo en laissant penser qu'ils l'avaient laissé en vie, mais nous avons perdu tout contact avec lui pendant plusieurs heures », a poursuivi Christine Chahine. « Ma tante a essayé à plusieurs reprises de l'appeler. Vers 20H00, quelqu'un a fini par répondre et lui a lancé, sur un ton moqueur, qu'il avait +trouvé la mort+. »
La famille a ensuite partagé la nouvelle de sa mort, qui s'est rapidement propagée sur les réseaux sociaux.
La dépouille n'a pas encore été remise à la famille. « Mon grand-père est décédé. De son vivant, il n'a jamais fait de mal à personne, et n'a jamais fermé sa porte à quiconque dans le besoin », a écrit Christine Chahine sur Facebook. Elle accuse les forces gouvernementales de chercher à « dissimuler leurs actes ». Son oncle et son cousin ont également été arrêtés par les autorités. Leur sort reste inconnu.
Selon ces mêmes sources locales, les villages d’al-Thaala et de Walgha, à proximité de Soueida, ont été « pris d’assaut par les forces gouvernementales » et ont été « le théâtre de massacres à l’intérieur de certaines maisons », précisant qu'« il est difficile de déterminer le nombre de victimes » pour l’instant.
Des habitants et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) ont rapporté des cas d'exécutions sommaires, de pillages de maisons et de commerces, et de meurtres dans la foulée du déploiement des forces du gouvernement à Soueida. Ces violences ont provoqué un climat de peur et d'angoisse parmi la population locale, renforcé par une vague d'incitations à la haine contre la minorité druze sur les réseaux sociaux. La présidence syrienne a promis de punir les auteurs des exactions.




@Lazare et les humiliations infligées quotidiennement par les colons de l'"entité", on oublie?
16 h 58, le 17 juillet 2025