Des bénévoles de Darb Akkar aident à lutter contre les incendies en Syrie. (Crédit : ONG Darb Akkar)
Dans le cadre de la campagne nationale de lutte contre les incendies de forêt, et sous la houlette du Premier ministre Nawaf Salam, le ministère de l'Environnement a lancé mardi au Grand Sérail à Beyrouth son initiative intitulée « Gestion des risques d’incendies de forêt dans les zones naturelles à risque au Liban ». Dotée d'un financement de 3,5 millions de dollars, ce projet vise à réduire les menaces d’incendies grâce à des systèmes d’alerte précoce, une coordination locale et la restauration des forêts. Il est mis en œuvre en partenariat avec le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), avec le soutien de la Banque mondiale et des communautés locales, notamment l’Association pour la protection de l’environnement Darb Akkar.
Dans un discours, la ministre de l’Environnement, Tamara Elzein, a souligné cette menace croissante dans le pays en donnant les dernières statistiques : « Le Liban a recensé 4 264 incendies de forêt en 2023, 6 345 en 2024 et déjà 466 incendies en 2025 jusqu’à juin, et les chiffres continuent d’augmenter. » Elle a également indiqué que, dans le cadre de l’accord, l’UNOPS assistera les premiers intervenants en leur fournissant des équipements essentiels, des véhicules et des outils de communication pour l’alerte précoce et la réponse rapide. L’initiative se concentrera également sur la mise en place de centres d’opérations locaux conjoints pour coordonner les activités d’intervention contre les incendies. Un appui technique sera aussi offert afin de réaliser des évaluations de la biodiversité, élaborer des stratégies de gestion des forêts et des incendies, et promouvoir des pratiques de gestion durable des forêts.
Pompier volontaire et président de l’association Darb Akkar, Khaled Taleb a, lui, lancé un appel à un plus grand soutien : « Nous tendons la main au gouvernement et disons : aidez-nous à préserver la nature du Liban, pour qu’elle reste verte. Si notre communauté au Akkar fait tout son possible malgré les incendies répétés, elle ne peut pas résoudre seule ce problème aussi vaste que dangereux. Nous espérons que ce projet ne sera que le premier d’une longue série. » En avril, Greenpeace avait estimé que les incendies enregistrés récemment au Liban, avant même le début de l’été, étaient « un indicateur alarmant de l’aggravation des effets du changement climatique dans la région ».
Par ailleurs, des volontaires de Darb Akkar sont rentrés au Liban samedi après avoir participé aux efforts de lutte contre les incendies dans la province syrienne de Lattaquié. Les feux, finalement maîtrisés dimanche après dix jours de lutte, ont détruit des milliers d’hectares de forêts et sont considérés comme l’une des pires catastrophes environnementales qu’ait connues la Syrie. Cette mission, la première menée à l’étranger par Darb Akkar, a impliqué une coordination avec les équipes de Défense civile syriennes, turques et jordaniennes, favorisant la coopération transfrontalière et le partage de compétences.


