Le ministre libanais des Finances Yassine Jaber, et celui de l’Énergie, Joe Saddi (tous deux à l’avant-plan à droite), le 6 mai 2025 à Bagdad, lors d’une réunion avec des responsables irakiens sur le dossier de l’électricité. Photo ministère libanais des Finances
Le ministre de l'Énergie et de l’Eau Joe Saddi a partiellement démenti samedi soir les informations publiées plus tôt dans la journée par le quotidien al-Akhbar, proche du Hezbollah, selon lesquelles il envisagerait de mettre fin aux contrats conclus entre le Liban et l’Irak dans le domaine énergétique – notamment celui par lequel la société publique SOMO, chargée de la commercialisation du pétrole irakien, fournit du carburant à Électricité du Liban avec paiement différé depuis l’été 2021. En fait, le ministre envisage bien de faire passer EDL du fuel au gaz, mais ne cherche pas a porter préjudice aux bonnes relations entre Beyrouth et Bagdad.
Citant une source bien informée, le quotidien avait également indiqué que le ministre privilégiait la conclusion d’un accord global avec le Qatar, incluant la construction de terminaux de gazéification et de centrales fonctionnant au gaz, et que des contacts intensifs, notamment avec l’ambassadeur du Qatar à Beyrouth, Saoud ben Abdel Rahman al-Thani, étaient en cours à cette fin.
La même source affirmait que cette orientation s’inscrivait dans la ligne politique des Forces libanaises – principal parti chrétien opposé au Hezbollah – qui cherchent à limiter autant que possible les relations avec les acteurs perçus comme des alliés du parti chiite, une catégorie dans laquelle figurerait l’Irak. Joe Saddi fait partie des ministres FL au sein du gouvernement de Nawaf Salam, formé en début d’année.
Le ministre a affirmé que « dans un souci d’éviter toute atteinte aux relations du Liban avec les pays frères et amis, en particulier l’Irak », il œuvrait activement au renforcement de ces relations, conformément aux orientations de la politique étrangère du Liban.
« Bagdad a constitué une étape majeure de ma première tournée arabe, au cours de laquelle je m’y suis rendu début mai aux côtés du ministre des Finances Yassine Jaber, afin de remercier les autorités et le peuple irakiens pour leur soutien constant au Liban, et d’examiner les moyens de renforcer la coopération bilatérale, notamment dans les secteurs de l’énergie et du pétrole », a-t-il ajouté.
Le ministre a cependant indiqué avoir « soumis au Conseil des ministres l’ensemble du dossier relatif au pétrole irakien, ainsi que la question des dettes accumulées au fil des années à ce titre, d’autant que le Parlement n’a jusqu’à présent ratifié ni le deuxième, ni le troisième, ni le quatrième contrat ». Il a précisé œuvrer « en coordination avec le ministre des Finances à mettre un terme au recours à l’endettement et aux engagements financiers imposés de facto à l’État, en demandant à EDL d’acheter le fuel sur ses recettes propres issues du recouvrement des factures ».
« Dès ma prise de fonctions, j’ai affirmé la nécessité pour le Liban de passer à la production d’électricité à partir du gaz au lieu du fuel, dans un double objectif : réduire les coûts financiers liés à l’approvisionnement et limiter la pollution environnementale », a poursuivi le ministre.
Les capacités de production déjà limitées d’Électricité du Liban par rapport à la demande ont été réduites au strict minimum par la crise qui a éclaté en 2019. Le fournisseur public, dont les tarifs étaient bloqués depuis les années 1990 à un niveau bien inférieur à ceux du marché, n’avait plus les moyens d’acheter du carburant et ne pouvait plus compter sur les avances du Trésor pour financer son déficit structurel.
À l’été 2021, Beyrouth et Bagdad ont conclu un accord de livraison de fuel avec paiement différé, impliquant un mécanisme de troc avec des entreprises tierces, afin d’éviter qu'EDL ne se retrouve complètement à sec. Ce premier contrat annuel a été renouvelé à quatre reprises depuis - le dernier a été d'ailleurs signé par le Joe Saddi - mais ses contours sont toujours restés flous, tandis que les quantités fournies suffisent à peine à permettre à EDL de produire quelques heures de courant par jour.



Qu’on continue à ménager la chèvre et le chou. Ce pays a une occasion en or pour se refaire une santé et imposer ses conditions, puisque cela fait des décennies qu’il paie le prix fort à la place des pays de la région à cause leur complicité et leur lâcheté. Au lieu de quoi, il se montre aussi faible que durant les décennies écoulées écoulées, lui ont coûté sa souveraineté et son indépendance. Nous n’avons rien à cirer de ce que pensent les autres pays lorsqu’il s’agit de reconstruire notre pays sans avoir à tendre la main contre une implication directe dans nos problèmes internes sous prétext
12 h 09, le 15 juillet 2025