L'émissaire américain Thomas Barrack à Aïn el-Tiné, le 19 juin 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Alors que les autorités libanaises étudient la proposition américaine transmise par l’émissaire américain, Tom Barrack insiste sur l’importance d’impliquer la communauté chiite dans tout projet de désarmement du Hezbollah. «Si les chiites du Liban en retirent quelque chose, ils y coopéreront», affirme-t-il dans un entretien au New York Times, soulignant que l’adhésion populaire est une condition incontournable à la réussite du plan.
La proposition américaine, élaborée par le secrétaire d'État Marco Rubio et remise à Beyrouth en juin dernier, prévoit des objectifs et un calendrier précis sur la manière de désarmer le Hezbollah et de redresser l'économie du Liban, indique le quotidien américain.
Mais Tom Barrack reconnaît que le processus nécessitera des « carottes et des bâtons » et impliquerait que l'armée libanaise fouille chaque maison à la recherche d'armes. Un tel processus susciterait probablement des réactions négatives de la part du Hezbollah, souligne le New York Times.
C’est dans cet esprit que Washington cherche à obtenir un soutien financier de l’Arabie saoudite et du Qatar pour financer la reconstruction des zones sinistrées au Liban-Sud, durement touchées par la guerre avec Israël entre octobre 2023 et novembre 2024, explique M. Barrak. « Si les chiites du Liban en retirent quelque chose, ils coopéreront », a-t-il encore dit.
Selon l'émissaire, qui est normalement attendu à Beyrouth lundi, une réponse officielle à cette proposition est attendue la semaine prochaine.
La proposition américaine envisage un retrait progressif des armes, à commencer par le nord du Litani, en échange d’un retrait israélien. Le Hezbollah affirme avoir déjà respecté le cessez-le-feu en déposant ses armes au sud du Litani. Il considère que la question des armes au nord relève d’un dialogue interne avec le président Joseph Aoun, inscrit dans une stratégie nationale de défense, et refuse toute contrainte ou échéance imposée. Le parti chiite pose plusieurs conditions, dont le retrait israélien des zones occupées, la libération des prisonniers et la fin des violations.
Toujours au New York Times, M. Barrack a qualifié de « véritable échec » le cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah en novembre dernier, affirmant que l'État hébreu bombardait encore le Liban et que le Hezbollah violait les termes de l’accord.
Le Hezbollah et Israël ont mené une guerre dévastatrice de plus de 13 mois entre octobre 2023 et novembre 2024, suite au conflit à Gaza, ce qui a affaibli le parti chiite. Malgré un cessez-le-feu en vigueur, l’armée israélienne occupe toujours cinq positions au Liban-Sud et continue de mener des frappes quasi-quotidiennes au Liban.


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11 h 10, le 04 juillet 2025