Brandie Smith signant l’accord avec sa collègue saoudienne, Photo Royal Commission for Al-'Ula
Le monde entier parle encore des contrats de milliards de dollars signés entre l’Arabie saoudite et les États-Unis lors de la visite du président Donald Trump au royaume wahhabite en mai dernier. Aux côtés de l’élite d’hommes d’affaires américains s’apprêtant à mousser leurs investissements, Brandie Smith était venue négocier un projet des plus inattendus, constituant une clause de l’ensemble des accords américano-saoudiens et ainsi rédigée : « La création à Washington d’une installation spéciale dédiée au léopard arabe en voie de disparition. » Mme Smith n’est autre que la directrice du Zoo national et de l’Institut de conservation biologique de la capitale fédérale, cet ensemble qu’elle gère était depuis des mois à la recherche d’acquisition de ces félins pour arriver, à travers l’étude de leur comportement, à prolonger leur existence actuellement menacée. L’Institut de conservation lié au zoo de Washington jouit d’une inégalable infrastructure dans ce domaine. Le déclic s’est produit avec la visite du président américain au royaume saoudien, la Maison-Blanche ayant accepté d’ajouter à sa proposition d’établissement de liens économiques américano-saoudiens le prêt d’une paire de léopards d’Arabie dans le cadre d’un programme de préservation des espèces en voie de disparition.
Accord entre le zoo de Washington et la Royal Commission for Al-'Ula
Ce projet a été approuvé et conclu par un accord signé par Brandie Smith et la représentante de la Royal Commission for Al-'Ula (RCU) saoudienne, dédiée à préserver le legs historique du pays. La directrice du zoo national de Washington a déclaré à ce sujet : « Nous sommes honorés de collaborer avec la Commission royale d'Al-'Ula afin de protéger le léopard d'Arabie, une espèce en grave danger d'extinction. Sauver les espèces les plus vulnérables au monde exige une coopération internationale, une rigueur scientifique et de l'innovation, et c'est ce que nous faisons de mieux. Depuis des décennies, nous proposons des solutions fondées sur des données et nous mettons notre expertise approfondie au service de la protection des espèces menacées. Dans ce contexte, nous mènerons ensemble des recherches collaboratives et nous créerons l'unique enclos pour léopards d'Arabie aux États-Unis, dans le but d’inspirer des millions de personnes à contribuer à assurer l'avenir de ce magnifique animal et de l'écosystème dont il dépend ». Le zoo national à Washington, qui semble le lieu idéal, attire environ 1, 8 million de visiteurs par an.
Par ailleurs, Brandie Smith avait confié l’intérêt du président Trump pour le léopard, intéressé de « découvrir sa personnalité » et aussi sa taille, ce qu’il mange et à quel point il est dangereux, un intérêt que l’on ne connaissait pas au Donald qui avait une autre vue des animaux prédateurs. Lors de son premier mandat, il avait envisagé la possibilité de jeter des serpents et des crocodiles dans un hypothétique fossé qu'il souhaitait construire à la frontière sud des États-Unis. Aujourd’hui, il présente son « Alcatraz des alligators » en Floride, un centre de rétention pour quelques 3 000 migrants construit au milieu des marécages, fier de noter que ces clandestins risqueraient en cas d’évasion d’être attaqués par la faune sauvage. Sa manière de décourager l’immigration… Toujours est-il qu’aujourd’hui, son invitation présidentielle à deux léopards d’Arabie remet en mémoire un similaire échange environnemental historico-diplomatique remontant à 53 ans et ayant eu pour objets des ursidés rares.

À la manière des pandas chinois du président Richard Nixon
Ainsi, l’année 1972 avait été marquée par le premier voyage en Chine d’un président américain, en l’occurrence Richard Nixon qui était accompagné de son épouse Pat. La First Lady américaine avait été conviée à visiter le zoo de Pékin et avait été fascinée par les pandas géants. Puis, selon le récit de la Fondation Richard Nixon, lors d'un banquet d'État donné au cours du voyage, elle remarque une image de pandas sur un paquet de cigarettes et dit au Premier ministre chinois Zhou Enlai : « Ils sont vraiment mignons, non ? Je les adore ! » ce à quoi il ne tarde pas à répondre : « Je vais vous en donner. » Deux mois plus tard, Ling-Ling et Hsing-Hsing, deux pandas géants, débarquaient au zoo national en grande pompe et sont installés dans leur nouvel habitat. Ils étaient restés là pour une période expérimentale axée sur l’intensification de leur reproduction, lente en général, car ils étaient en voie de disparition.
Il en sera de même pour les léopards d’Arabie qui, après leur séjour aux États-Unis, retrouveront leur habitat d’origine. La directrice du zoo de Washington précise : « Ce processus reflète notre engagement profond, dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, à rétablir l'équilibre écologique et à garantir que ces animaux prospèrent pendant des générations, avec pour objectif ultime de les ramener dans leur habitat naturel à Al-'Ula. Le nombre de cette race de léopards a doublé depuis 2020 selon L’Arabian Leopard Conservation Breeding Center situé à Taëf. En 2025, ce centre avait obtenu l'accréditation de l'Association européenne des zoos et aquariums. Le président Trump obsédé, comme on le sait, par le Make America Great Again MAGA ne voulait pas être en reste et a ainsi mis le pied dans le terrain environnemental, alors qu’on le connaît ennemi acharné de la lutte contre le changement climatique.



Le zoo de Washington ne pourrait pas prendre aussi des chacals du Liban question aussi d'étudier leurs comportements?
18 h 33, le 02 juillet 2025