Karama, un festival du film des droits humains. Crédit festival Karama
Le rideau se lève ce vendredi 27 juin à 19h au théâtre Sunflower, à Tayouné, sur la huitième édition du Karama – Beirut Human Rights Film Festival (KBHRFF), placée cette année sous le signe de la mémoire : « Remember ». Organisé par l’ONG Art Factory 961, avec le soutien du ministère libanais de la Culture, du Centre d’information des Nations unies à Beyrouth (UNIC), du PNUD, d’ONU Femmes, de Fighters for Peace et des ambassades du Canada, d’Allemagne et de la République tchèque, le festival investit les écrans jusqu’au 30 juin avec une sélection aussi engagée que percutante.
Une mémoire en partage
Cette 8e édition interroge les traces laissées par les guerres, les exils, les disparition, mais aussi les silences. Elle donne à voir et à entendre les récits des oubliés : réfugiés, migrants, opposants politiques, femmes, minorités, travailleurs et personnes en situation de handicap. Quatorze films, documentaires et courts-métrages, venus du Liban, de Palestine, d’Égypte, d’Iran, d’Europe et de Russie, seront projetés en version sous-titrée arabe et anglais. Une programmation plurielle qui, à travers la fiction et le réel, fait du cinéma un outil de justice et de transmission.
Le festival s’ouvre vendredi 27 juin à 19h avec Confessions from a War du réalisateur libano-américain Shawn Thompson. Ce documentaire introspectif explore les cicatrices de la guerre civile libanaise, à travers les témoignages d’anciens combattants aujourd’hui engagés pour la paix. La projection sera suivie d’un échange avec les membres de Fighters for Peace.
Samedi 28 juin : la journée Palestine
À 18h, trois courts-métrages donnent la parole à une nouvelle génération de cinéastes palestiniens : Mar Mama de Majdi el-Omari (lettre filmée à une mère absente), Palestine Islands de Nour ben Salem et Julien Menanteau (mémoire poétique de l’exil) et Upshot de Maha Haj (absurdité administrative et identité fracturée). À 19h30, Lyd, documentaire hybride de Rami Younis et Sarah Ema Friedland, retrace la disparition d’une ville palestinienne engloutie par l’urbanisation coloniale. Une discussion suivra avec le chercheur Saker Abou Fakher.
Dimanche 29 juin : entre résistance et reconstruction
À 17h30, deux courtes fictions ouvrent la soirée : And Me, I’m Dancing Too de Mohammad Valizadejan (Allemagne/République tchèque), et My Father (Iran/République tchèque) de Pagah Ahangerani. À 18h30, Mr. Nobody vs Putin de David Borenstein et Pavel Talankin dresse le portrait d’un dissident russe ordinaire dans une Russie verrouillée. Enfin, à 20h, Pause… Rewind du duo libanais Assad Zebyan et Monach Achkar revient sur les mémoires croisées de la guerre civile libanaise ; les réalisateurs échangeront avec le public à l’issue de la séance.
Lundi 30 juin : clôture sur le féminin et la parole retrouvée
À 17h30, Ziyara, trilogie documentaire de courtes fictions. Une discussion suivra avec ONU Femmes autour du rôle des femmes dans la construction de la paix.
À 18h30, une table ronde intitulée « Mémoire et guerre » réunira Assaad Chaftari (ex-milicien devenu militant pacifiste), Monika Borgmann (documentariste et archiviste, cofondatrice d’UMAM), Chaden Hani Noueihed (Action Research Associates) et la journaliste Maya al-Dib. Ensemble, ils interrogeront comment récit, archives et pluralité des voix peuvent aider à reconnaître et assumer le passé libanais.
À 20h, la clôture du festival sera marquée par la projection en avant-première libanaise de The Memoirs of M.A. Draz de Maggie Morgan. Ce film égyptien explore l’héritage intellectuel du penseur Mohammad Amin Draz, entre mémoire familiale et transmission spirituelle. La réalisatrice échangera avec le public après la projection.
Le cinéma comme outil de vérité
Depuis sa création en 2016, Karama Beyrouth s’est imposé comme le premier festival libanais consacré aux droits humains. Année après année, il s’est affirmé comme une plateforme essentielle pour les cinéastes engagés du monde arabe et au-delà. En abordant des sujets brûlants tels que la migration, le travail des enfants, le racisme, les violences sexuelles, le harcèlement, les discours de haine ou les conflits identitaires, il affirme que le cinéma peut, sinon panser les plaies, du moins en garder la trace.
Dans un Liban où la mémoire reste un champ de bataille, Karama invite à ne pas oublier – et à raconter, encore et encore, pour ne plus reproduire.



Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
Tous les films libanais tournent autour des guerres ? Y a que des réalisateurs pro ou palestiniens ? Y a jamais de comédie ? Des films légers ? Familiaux ? Pour adultes et jeunes en même temps?? Tous sont lourds et lugubres? Y a que NADINE LABAKI qui a réussi à mixer des films sur la société libanaise avec des scènes allant du comique au hilarant. Heureusement qu’elle est là Mme LABAKI ….d’ailleurs avec ces films, elle a porté fièrement le Liban à CANNES et ailleurs dans le monde entier.La plupart des autres réalisateurs ?ils sont lugubres … insupportables !!!!
17 h 40, le 27 juin 2025