Un bombardier furtif B-2 au Palmdale Aircraft Integration Center of Excellence à Palmdale, en Californie, le 17 juillet 2014. Photo d'archives AFP/Frederic J. BROWN
Un sénateur démocrate a présenté lundi un projet de loi visant à empêcher le président américain Donald Trump de recourir à la force militaire contre l’Iran sans l’autorisation du Congrès, alors que l’escalade du conflit entre Israël et l’Iran fait craindre un élargissement.
Tim Kaine, élu de Virginie, tente depuis des années de redonner au Congrès son autorité constitutionnelle de déclarer la guerre, face à l’emprise croissante de la Maison-Blanche.
Lors du premier mandat de Trump, en 2020, M. Kaine avait déjà présenté une résolution similaire visant à limiter la capacité du président républicain à faire la guerre à l’Iran. Cette mesure avait été adoptée par le Sénat et la Chambre des représentants, avec le soutien de certains républicains, mais elle n’avait pas recueilli suffisamment de voix pour échapper au véto du président.
Le sénateur Kaine affirme que sa nouvelle résolution sur les pouvoirs de guerre souligne que la Constitution américaine confère exclusivement au Congrès – et non au président – le pouvoir de déclarer la guerre, et exige que tout acte d’hostilité envers l’Iran soit explicitement autorisé par une déclaration de guerre ou une autorisation spécifique d’usage de la force militaire. « Il n’est pas dans notre intérêt en matière de sécurité nationale d’entrer en guerre contre l’Iran, à moins que cette guerre ne soit absolument nécessaire pour défendre les États-Unis. Je suis profondément préoccupé par l’escalade récente des hostilités entre Israël et l’Iran, qui pourrait rapidement entraîner les États-Unis dans un nouveau conflit sans fin », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Selon la loi américaine, les résolutions relatives aux pouvoirs de guerre sont prioritaires, ce qui signifie que le Sénat est tenu d’en débattre et de voter rapidement sur la question.
Le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, un indépendant qui s'associe aux démocrates, a de son côté accusé Israël d'avoir programmé son attaque contre l'Iran pour saboter les négociations sur le programme nucléaire iranien qui étaient prévues pour dimanche. Il a également affirmé que Washington devait se tenir à l’écart du conflit. « La Constitution des États-Unis est on ne peut plus claire : il ne peut y avoir de recours offensif à la force militaire — contre l’Iran ou tout autre pays — sans une autorisation explicite du Congrès », a déclaré Sanders dans un communiqué.
La plupart des républicains derrière Trump
Certains républicains ont déclaré que les États-Unis devraient éviter la guerre. Le sénateur du Kentucky, Rand Paul, a déclaré qu'il espérait que M. Trump ne céderait pas aux pressions exercées pour qu'il s'implique. « Ce n'est pas aux États-Unis de s'impliquer dans cette guerre », a-t-il déclaré lors de l'émission Meet the Press diffusée dimanche sur la chaîne NBC. « Ce n’est pas notre guerre. Nous ne devrions pas y engager notre armée », a écrit sur X le représentant républicain du Kentucky Thomas Massie.
Mais la plupart des républicains, alliés de Trump et majoritaires au Congrès, ont peu manifesté leur volonté de s’opposer au président. Ils sont donc susceptibles de le soutenir s’il décide de s’impliquer davantage dans le conflit. La majorité d’entre eux sont également de fervents partisans d’un soutien militaire au gouvernement du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
« Si la diplomatie échoue… aidez Israël à finir le travail. Donnez-lui des bombes, accompagnez-le si nécessaire », a déclaré dimanche le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham dans l’émission Face the Nation sur CBS. « Si vous voulez convaincre le terrorisme international que nous sommes sérieux, il faut aller jusqu’au bout avec l’Iran », a-t-il ajouté.
L’armée israélienne a lancé des attaques contre l’Iran vendredi, affirmant vouloir anéantir les programmes nucléaire et balistique de Téhéran. L’Iran, qui affirme que son programme nucléaire est à des fins pacifiques, a répliqué par des tirs de missiles contre Israël.
Les deux pays poursuivent leurs attaques, faisant des morts et des blessés parmi les civils, ce qui inquiète les dirigeants mondiaux réunis cette semaine au Canada, alors que ce qui s’annonce comme le plus grand affrontement entre ces deux ennemis historiques pourrait dégénérer en conflit régional élargi.
Trump a salué l’offensive israélienne, tout en niant les accusations de Téhéran selon lesquelles les États-Unis y auraient participé, et a mis en garde l’Iran contre toute extension de ses représailles visant des cibles américaines.
Cette information est une traduction, réalisée par L'Orient-Le Jour, d'un article publié en anglais par l'agence Reuters.


Frappe américaine en Iran ce week-end ? « Absolument », dit Barrack, « je n’en sais rien », répond Trump
Le président Obama a empêché le renversement de régime en 2009.
18 h 14, le 18 juin 2025