La rue passant devant l'hôtel Phoenicia à Beyrouth, le 3 mars 2025. Photo d'illustration Philippe Hage Boutros/L'Orient-Le Jour
Le secteur privé au Liban ne voit plus l'avenir en rose comme c'était le cas dans le sillage de l'élection de Joseph Aoun et de la formation du gouvernement de Nawaf Salam au début de l'année, mais son moral ne s'est pas effondré pour autant, comme en témoignent les résultats du dernier indice PMI (Purchasing Managers Index) publiés par Blominvest cette semaine et couvrant le mois de mai.
À 48,9 points, le PMI affiche une légère baisse par rapport à son niveau d’avril (49 points), mais reste plus élevé que le plus bas en cinq mois enregistré en mars.
Le momentum fragile que les autorités ont pu créer in extremis lors de leurs réunions à Washington avec le Fonds monétaire international (FMI) semble encore compter dans les calculs du secteur privé. Ces réunions s'inscrivent dans le cadre des discussions devant permettre au Liban de souscrire à un programme d'assistance financière pour sortir de la crise qu'il traverse depuis 2019 et attirer des investisseurs pour financer la reconstruction, ainsi que d'autres partenaires.
Il en est de même pour le cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 novembre dernier entre le Hezbollah et Israël qui tient toujours malgré les multiples violations, principalement israéliennes, à l’approche d'une saison estivale où les professionnels espèrent voir les touristes du Golfe revenir passer leurs vacances au Liban. En mai, les Émirats arabes unis ont décidé de lever l'interdiction de voyager au Liban, tandis que l'Arabie saoudite a annoncé son intention d'en faire de même mais ne l’a toujours pas concrétisée.
Cependant, le fait que le PMI reste en dessous des 50 points signifie que les acteurs du secteur privé tablent toujours sur un ralentissement de l'activité, une tendance qui se prolonge désormais depuis trois mois.
« L’incertitude politique reste élevée, tant au niveau national que régional. Les États-Unis pressent pour une avancée plus rapide sur le désarmement du Hezbollah, en dépit de l’initiative du Liban de désarmer les camps de réfugiés palestiniens, considérée comme une étape potentielle vers le règlement, crucial, de l’arsenal du Hezbollah », a analysé Mira Saïd, économiste de Blominvest.
Le président Joseph Aoun a reçu, au palais de Baabda, le chef du comité de dialogue libano-palestinien, Ramez Dimachkiyé, qui l'a informé des contacts en cours avec la partie palestinienne pour discuter du mécanisme de mise en œuvre de la décision des autorités libanaises de désarmer les camps palestiniens. Cette question avait été au centre d'une entente entre le président Aoun et le président palestinien Mahmoud Abbas.
Dans la colonne des motifs poussant le secteur privé au pessimisme, Mira Saïd estime aussi que « la guerre à Gaza ne montre par ailleurs aucun signe d’apaisement prochain ».
« En conséquence, l’économie semble coincée dans une impasse, la dynamique observée en début d’année s’essoufflant progressivement. Sur une note plus positive, le climat des affaires s’est amélioré en mai, porté par l’espoir d’une stabilité politique, la reprise du tourisme en provenance des pays du Golfe et le retour des investissements arabes », a-t-elle encore noté. Elle attribue enfin ce repli à une demande faible et à une hausse des coûts d’expédition, pesant sur la production et les commandes.



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10 h 37, le 11 juin 2025