Un navire militaire israélien en opération en Méditerranée. Photo tirée du site officiel de l'armée israélienne
Un pêcheur, identifié comme Ali Fneich, a été enlevé par l'armée israélienne au large de Ras Naqoura, à l'extrémité sud du Liban, selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah. Quatre embarcations militaires israéliennes ont dépassé illégalement la ligne des bouées démarquant la frontière et ont kidnappé le pêcheur, originaire de Maaroub, qui se trouvait à bord d'un bateau de pêche.
Au moins sept civils sont déjà détenus par Israël depuis la guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Beyrouth réclame régulièrement leur libération. Parmi eux, un autre pêcheur, Mohammad Jouhair, avait également été enlevé en mer en février 2025. Cet enlèvement a eu lieu alors même qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 27 novembre 2024, après 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, dont deux d'offensive violente.
Le syndicat des pêcheurs de la côte sud du Liban a dénoncé mercredi « l’enlèvement par les forces de l’ennemi israélien d’un pêcheur alors qu’il exerçait son travail quotidien à bord de son embarcation dans les eaux libanaises, au large de Naqoura », y voyant une « violation flagrante de la souveraineté nationale et des droits de l’homme ». Dans un communiqué, il a appelé les autorités libanaises à « se mobiliser immédiatement pour obtenir la libération du pêcheur » et à « déposer plainte auprès du Conseil de sécurité ». « Les pratiques de l’ennemi israélien ne nous intimideront pas, et que nous resterons aux côtés de nos pêcheurs. Rien ne nous protège sinon l’équation peuple-armée-résistance », a conclu le syndicat.
Par ailleurs, des tirs de mitrailleuse en provenance d'Israël ont visé des bergers qui se trouvaient près de Wazzani, dans le caza de Marjeyoun, afin de les éloigner de l'endroit où ils se trouvaient.
Selon nos correspondants, des avions de guerre israéliens ont également effectué des survols de plusieurs régions du Liban-Sud. Ceux-ci ont notamment été aperçus dans le secteur est de la zone frontalière, au-dessus des villages d'Arqoub, dans le caza de Hasbaya, ou encore du territoire contesté des fermes de Chebaa, atteignant les hauteurs du mont Hermon et celles d'Iqlim el-Touffah. D’autres survols ont par ailleurs été constatés dans le ciel du nord de la Békaa.
Et l’armée israélienne a lancé dans la journée des tracts adressés à un ancien moukhtar de Yaroun, Mohammad Abbas Chahine, dans lesquels elle dit le surveiller « depuis les airs et au sol ». L'information concernant l'envoi de ces tracts a été confirmée par des sources locales au correspondant de L'Orient-Le Jour au Liban-Sud. Le moukhtar (un élu local qui gère les affaires quotidiennes des habitants et représente le village) concerné n'était pas, lui, immédiatement joignable pour un commentaire. Sur les tracts largués sur ce village du caza de Bint Jbeil, l'on peut lire le texte suivant : «à l’attention du moukhtar qui a vendu la ville, on fera de toi un exemple. Tu es surveillé depuis les airs et au sol, et tout le monde observe et écoute». Le trac contient une photo d'un homme au téléphone qui semble gesticuler en direction d'un objet situé en haut de sa tête, comme s'il adressait son geste à un drone. Le Liban-Sud et d'autres régions du pays sont constamment survolés par des drones de surveillance israéliens depuis des mois. « Sois honnête quant à ta proximité avec l'association Wa Taawanou jaune (la couleur du Hezbollah, ndlr) pour ton bien et pour celui du peuple honorable de Yaroun ».



Encore un otage embarqué par l'armée de l'Etat criminel !
23 h 16, le 04 juin 2025