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Nos lecteurs ont la parole

« Liban, un deuil impossible » du Pr Sami-Paul Tawil

Que de fois n’a-t-on affublé de l’adjectif impossible le Liban dans les titres des ouvrages traitant de ce pays ?

La paix impossible, l’impossible nation… Car « impossible » est le vrai destin de notre pays englué dans une région mortifère et livré à d’incessants remous fiévreux qui nous laissent toujours loin d’une tranquillité possible.

L’ouvrage de Sami-Paul Tawil, Liban, un deuil impossible, sorti dans la collection L’Orizonte des éditions L’Harmattan, ne déroge pas à la règle. On y lit le destin de trois jeunes médecins libanais, amis de toujours, un chrétien, un musulman et un juif, aux parcours différents, ayant en commun une fuite du Liban pour se réfugier en France et mener des carrières dans des disciplines différentes. « Leurs vies ont été parsemées de confettis joyeux, tristes et parfois dramatiques », annonce l’auteur dès les premières pages.

Dans ce récit romancé, l’auteur, psychiatre de renommée, nous fait remonter le temps depuis sa naissance à la Maternité française de Beyrouth, comme un présage de sa longue lutte pour la francophonie et la langue française, couronnée par la médaille Vermeil, décernée par l’Académie française pour le rayonnement de la langue française dans le monde.

Toute l’histoire contemporaine du Liban depuis les années cinquante défile devant les yeux des lecteurs, avec les soubresauts des différentes crises que traverse notre pays et la quête quasi impossible d’un vivre-

ensemble harmonieux. Naguère situé telle une proie entre deux fauves, une victime entourée d’une horde de carnassiers, notre Liban décrit par Pr Tawil ne trouve pas d’issue possible que par des guerres interminables sur son sol, tantôt par les Libanais eux-mêmes, tantôt par la guerre des autres chez nous. Tout cela est décrit, finement décrit, avec la touche sensible de l’auteur.

Une partie très intéressante du livre est celle de sa formation à l’hôpital Sainte-Anne, la Mecque de la psychiatrie en France. Avec Georges Daumezon et Paul Sivadon comme maîtres. On est dans les années soixante-dix et les théories psychiatriques foisonnaient entre les tenants d’une psychiatrie biologique et ceux qui s’agrippaient aux théories institutionnelles et psychanalytiques. L’auteur, refusant la pensée unique, nous fait vivre cette période qui lui fut très féconde sur le plan intellectuel.

Quand un psychiatre écrit son journal intime, cela peut représenter une autothérapie, mais l’enlisement et le piège narcissique ne sont jamais loin. Ce ne fut pas le cas dans ce livre. Bien au contraire, le Pr Tawil explique ses doutes, ses angoisses et ses incertitudes devant de nombreux choix qui s’offraient à lui. Tel le choix cornélien de se spécialiser à la fin de son cursus médical aux États-Unis avec la grandeur de la psychiatrie qui y règne ou de choisir la France, berceau avec l’Allemagne de cette jeune spécialité médicale.

Sami-Paul Tawil s’est offert une postface signée par Vénus

Khoury-Ghata qui ne manque pas de souligner la richesse de la plume de l’auteur et la profondeur de son analyse des événements du Moyen-Orient.

Ce livre est une ode pour le Liban, son histoire et sa culture. Écrit d’une main dont on ressent le cœur tressaillir à chaque page, voire à chaque ligne, il fait partie des incontournables autobiographies de ces Libanais qui ont brillé en France, adorant leur pays d’accueil mais gardant ostensiblement une tendresse jamais désavouée pour le pays du Cèdre qui les a durablement façonnés.

Pr Sami RICHA

Que de fois n’a-t-on affublé de l’adjectif impossible le Liban dans les titres des ouvrages traitant de ce pays ?La paix impossible, l’impossible nation… Car « impossible » est le vrai destin de notre pays englué dans une région mortifère et livré à d’incessants remous fiévreux qui nous laissent toujours loin d’une tranquillité possible. L’ouvrage de Sami-Paul Tawil, Liban, un deuil impossible, sorti dans la collection L’Orizonte des éditions L’Harmattan, ne déroge pas à la règle. On y lit le destin de trois jeunes médecins libanais, amis de toujours, un chrétien, un musulman et un juif, aux parcours différents, ayant en commun une fuite du Liban pour se réfugier en France et mener des carrières dans des disciplines différentes. « Leurs vies ont été parsemées de confettis joyeux,...
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