La croisière de Chanel à Côme. Photo tirée du compte Instagram @chanelofficial
Mardi 29 avril 2025, Chanel a inauguré la saison des défilés croisières avec une mise en scène somptueuse sur les rives du lac de Côme, dans le cadre enchanteur de la Villa d’Este. Ce rendez-vous esthétique et émotionnel a été conçu comme une lettre d’amour à l’Italie, pays cher à Gabrielle Chanel. Plus qu’un simple hommage, le défilé était un récit tissé de références culturelles, historiques et cinématographiques, convoquant la mémoire de Coco, son lien profond avec la péninsule et son amitié avec le cinéaste Luchino Visconti.
La collection Chanel présentée dans les jardins de la Villa d’Este. Photo tirée du compte Instagram @chanelofficial
La figure de Romy Schneider, muse de Visconti, a servi de fil rouge à la collection. Plusieurs mannequins arboraient sa coiffure signature, et certaines silhouettes faisaient écho à son rôle dans Boccace 70, notamment une robe en satin blanc fendue, rappelant la sensualité assumée du personnage qu’elle y incarnait. Chanel avait d’ailleurs signé les costumes du film, tous réinterprétés avec modernité dans ce défilé.
La collection s’est déployée dans les jardins de la Villa d’Este, ancien palais cardinalice du XVIe siècle. Le décor baroque et les eaux tranquilles du lac ont renforcé l’atmosphère cinématographique de la présentation. Parmi les invités, Keira Knightley, Sofia Coppola, Anna Mouglalis, Lupita Nyong’o, Margaret Qualley et d’autres amies de la maison étaient réunies autour de tables métalliques évoquant les terrasses italiennes.
Mais au-delà de la rêverie, le défilé célébrait aussi le savoir-faire italien au cœur des créations Chanel. Plusieurs pièces venaient directement des ateliers de la région : les souliers signés Roveda à Parabiago – acquis par Chanel en 2000 –, les tailleurs en laine bouclée de Vimar 1991, fabricant de textiles d’exception basé à Carisio dans le Piémont, ou encore les foulards en soie imprimée de Mantero, dont la maison vient de racheter 35 % des parts.
Sur fond de samba électro remixée par Michel Gaubert, les mannequins ont défilé devant 400 invités lors de deux représentations, à midi puis à 18h. Les premières silhouettes, toutes en blanc nacré, évoquaient des héroïnes des années 1950, entre peignoirs glamour, robes à bords métalliques et blazers en maille signature de Chanel. Puis vinrent des pièces plus audacieuses : robes de soirée en cuir métallisé, robes de cocktail en daim à poches en fausse fourrure strassées, costumes courts et ébouriffés aux textures inédites.
Ce défilé marquait aussi la fin d’une époque. Ce sera l’avant-dernière collection conçue par le studio actuel, avant l’arrivée de Matthieu Blazy à la direction artistique. L’ancien directeur créatif de Bottega Veneta présentera sa première collection pour Chanel à Paris en octobre.
Des hydravions avaient survolé le lac avant le show, comme un prélude poétique. La soirée, animée par un DJ local, a vu les mannequins, dont l’étoile montante Mathilda Gvarliani, actrice géorgienne qui a fait ses débuts en 2023 chez Louis Vuitton, danser avec les invités. Chanel, fidèle à sa tradition, avait offert un moment suspendu, entre mémoire et modernité, où la mode devient récit.


