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Politique - Commémoration

Cinquantième anniversaire de la guerre civile : Salam appelle à « revenir à l'accord de Taëf »

Une minute de silence sera observée le dimanche 13 avril à midi.

Cinquantième anniversaire de la guerre civile : Salam appelle à « revenir à l'accord de Taëf »

Le Premier ministre Nawaf Salam (au centre) remettant des décorations à des photographes qui ont couvert la guerre civile du Liban, le 11 avril 2025 à la Bibliothèque nationale à Beyrouth. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Le Premier ministre Nawaf Salam a appelé à faire du cinquantième anniversaire de la guerre civile libanaise (1975-1990), dimanche, « un tournant, et pas seulement un moment de commémoration », au cours du vernissage d'une exposition sur ce conflit, organisé vendredi à la Bibliothèque nationale à Beyrouth.

Il a dans ce cadre appelé à « revenir à l'accord de Taëf » signé le 22 octobre 1989, qui avait mis fin à la guerre civile, et à « mettre en œuvre l'intégralité de ses dispositions ». L'événement s'est déroulé en présence du ministre de la Culture Ghassan Salamé. Le chef du gouvernement a par ailleurs rendu hommage aux photographes de guerre Michel Sayegh, ancien collaborateur de L'Orient-Le Jour, Nabil Ismaïl, Abbas Salmane et feu Georges Semerdjian, qui avaient couvert la guerre civile dans le cadre de leur travail.

« Il y a cinquante ans, une guerre sanglante a éclaté. Elle a déchiré le Liban à travers toutes ses régions, ses communautés et sa société sur une période de 15 ans. Des dizaines de milliers de victimes ont été tuées, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées. Des êtres chers ont disparu ou ont été enlevés et leur sort reste inconnu », a déclaré M. Salam. « Il ne s'agit pas de rouvrir des plaies non cicatrisées, mais de rappeler des leçons qui ne doivent pas être oubliées et de raviver dans notre mémoire collective la douleur et la destruction que notre pays a connues, afin que la mémoire soit une barrière infranchissable qui empêche la répétition de la tragédie que notre pays a connue », a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement a, dans ce contexte, appelé à « revenir à l'accord de Taëf », texte fondateur de la seconde République libanaise. « Mettons en œuvre l'intégralité de ses dispositions, corrigeons celles qui ont été mises en œuvre contrairement à sa lettre ou à son esprit, travaillons à combler les lacunes qui ont été identifiées et développons-le chaque fois que le besoin s'en fait sentir », a-t-il déclaré.

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« Parce que l'accord de Taëf prévoyait l'extension de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national, il faut souligner aujourd'hui qu'il n'y a de véritable État que dans le monopole des armes par les forces armées légitimes », a souligné Nawaf Salam. « Elles seules assurent la sécurité de tous les citoyens et sont les seules capables d'étendre l'État de droit à l'ensemble du pays et de sauvegarder les libertés publiques et privées. C'est ce que souligne la déclaration ministérielle de notre gouvernement, le gouvernement de sauvetage et de réforme », a-t-il ajouté.

Les autorités libanaises discutent actuellement du désarmement du Hezbollah, un sujet qui a pris de l’ampleur après la guerre entre le Hezbollah et Israël, du 8 octobre 2023 au 27 novembre 2024. Le Hezbollah en est sorti très affaibli, avec la perte de nombre de ses dirigeants, de milliers de combattants et d’une grande partie de son arsenal.

« Personne n'a gagné »

Nawaf Salam a par ailleurs dénoncé « les guerres qui se sont succédé depuis 1975 et qui ont menacé la sécurité du pays, l'ont déstabilisé, ont violé sa souveraineté, sans parler des meurtres, des déplacements et de l'appauvrissement de centaines de milliers de personnes ». « En examinant les résultats de nos guerres au cours des cinquante dernières années, il est devenu évident que personne n'a gagné. Toutes les parties ont été perdantes et toutes les victoires se sont révélées fausses. Il est temps d'affronter tous les discours qui nous divisent et nous séparent en sectes, groupes et partis rivaux, et de construire un discours qui unit, guérit et établit un état de citoyenneté inclusive », a-t-il déclaré.

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« Faisons du cinquantième anniversaire un tournant, et pas seulement un moment de commémoration. Tournons ensemble le regard vers l'avenir, vers un nouveau Liban digne des sacrifices de son peuple et répondant aux aspirations de sa jeunesse », a encore dit le Premier ministre. Il a appelé à observer « une minute de silence nationale le 13 avril à midi (...) afin que nous puissions nous rassembler sous le thème : « Se souvenir ensemble, construire ensemble. »

Plus tôt dans la journée, le leader druze Walid Joumblatt avait estimé qu'il valait mieux pour les commémorations des 50 ans du début de la guerre civile observer « une minute de silence », plutôt que de « donner des leçons ».

Le 13 avril 1975, un autobus transportant des Palestiniens est mitraillé par des membres des phalanges libanaises, après qu'un milicien chrétien a été tué et un autre blessé devant une église de Aïn el-Remmané, dans la banlieue est de Beyrouth. Les 27 passagers du bus ont été tués. Cet incident est considéré comme le déclencheur de la guerre civile. 

« Quelles que soient les opinions divergentes et conflictuelles sur les causes de la guerre qui a éclaté en 1975, elles se recoupent toutes sur la question de l'absence ou de l'incapacité de l'État », a ajouté M. Salam, qui a appelé à reconstruire ce dernier. « Travaillons pour un État fort et juste qui redonne confiance à notre jeunesse, un État moderne qui reconstruit ses institutions sur la base de la compétence et non du clientélisme, un État civil qui place au centre de ses politiques l'être humain (...) », a-t-il dit. 

Nawaf Salam a enfin insisté sur « la responsabilité de l'État » dans le dossier des disparus de la guerre civile. Durant le conflit, des centaines de personnes étaient enlevées par les forces syriennes ou les milices libanaises, et la lumière n'a toujours pas été faite sur le sort de la grande majorité d'entre elles. 

Le Premier ministre Nawaf Salam a appelé à faire du cinquantième anniversaire de la guerre civile libanaise (1975-1990), dimanche, « un tournant, et pas seulement un moment de commémoration », au cours du vernissage d'une exposition sur ce conflit, organisé vendredi à la Bibliothèque nationale à Beyrouth.Il a dans ce cadre appelé à « revenir à l'accord de Taëf » signé le 22 octobre 1989, qui avait mis fin à la guerre civile, et à « mettre en œuvre l'intégralité de ses dispositions ». L'événement s'est déroulé en présence du ministre de la Culture Ghassan Salamé. Le chef du gouvernement a par ailleurs rendu hommage aux photographes de guerre Michel Sayegh, ancien collaborateur de L'Orient-Le Jour, Nabil Ismaïl, Abbas Salmane et feu Georges Semerdjian, qui avaient couvert la...
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L accord de Taef n est pas une solution ; nous devons le modifier

Robert Moumdjian

02 h 44, le 12 avril 2025

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Commentaires (1)

  • L accord de Taef n est pas une solution ; nous devons le modifier

    Robert Moumdjian

    02 h 44, le 12 avril 2025

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