Un quartier dévasté par les frappes israéliennes dans la ville de Tyr, le 27 novembre 2024. Photo Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour
Les attaques israéliennes se sont poursuivies dimanche au Liban-Sud, parallèlement à la visite de l'émissaire américaine Morgan Ortagus, qui a effectué une tournée auprès des principaux responsables politiques. Une frappe israélienne a ainsi tué deux membres du Hezbollah à Zibqine, dans le caza de Tyr, selon l'armée israélienne.
L'Etat hébreu a pris pour cible, dimanche, un bulldozer qui effectuait des travaux de réhabilitation à Zibqine, faisant deux morts, selon le ministère libanais de la Santé. Notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, précise que cette attaque a également fait des blessés. Les deux victimes ont été identifiées comme étant Adnan Fadel Bzeih et Ali Salibi. Ce dernier avait déjà perdu un œil et subi une blessure à la main lors de l'attaque des bipeurs du Hezbollah en septembre dernier, selon notre correspondant. Le parti chiite, lui, n'a pas commenté.
Dans un communiqué, l'armée israélienne a revendiqué cette attaque, menée par « un avion de chasse (qui) a frappé deux terroristes du Hezbollah qui opéraient sur un véhicule d'ingénierie dans la région de Zibqine, au Liban-Sud ». Les deux hommes ont été tués « alors qu'ils tentaient de reconstruire des infrastructures terroristes du Hezbollah », a ajouté l'armée.
Explosion à Beit Lif
A Beit Lif (caza de Bint Jbeil), deux personnes ont été légèrement blessées dimanche par l'explosion d'un objet non identifié alors qu'elles étaient en train de déblayer les décombres d'une maison. Selon notre correspondant, l'objet pourrait être une bombe lâchée pendant la guerre entre Israël et le Hezbollah. Par ailleurs, un avion de l'armée libanaise a été vu en train de survoler un certain nombre de villages à Nabatiyé. Notre correspondant a en outre démenti les informations selon lesquelles un drone israélien aurait touché une camionnette à Naqoura (caza de Tyr), sans faire de victimes.
Des secouristes de la Défense civile ont par ailleurs retrouvé à Kfar Hammam (Hasbaya) la dépouille d'une victime des bombardements israéliens pendant la guerre de treize mois entre l'Etat hébreu et le Hezbollah. Les restes ont été transférés à l'hôpital gouvernemental de Marjeyoun pour identification.
La nuit de samedi au dimanche a été marquée par un calme précaire, malgré quelques incidents. Durant la nuit, l’artillerie israélienne a tiré une fusée éclairante depuis une position nouvellement établie entre les villages de Houla et Markaba (caza de Marjeyoun), rattachée aux cinq sites qu’Israël continue d’occuper au Liban-Sud. Un petit drone israélien a également largué une grenade entre les villages de Taybé et Rab el-Thalathine (caza de Marjeyoun). Des habitants ont aperçu pour leur part un bulldozer israélien, accompagné de plusieurs véhicules, en train d'ériger des monticule de terre à la périphérie de Chebaa (caza de Hasbaya).
L'ennemi du Liban est Israël, déclare Haykal
En tournée samedi à la frontière libano-syrienne, le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, a déclaré samedi que le « premier ennemi » du Liban est Israël, qui « insiste sur les violations continues de la souveraineté du Liban et de la sécurité de ses citoyens », rapporte un communiqué publié par l'armée.
Dans le cadre de sa tournée, le général Haykal, en fonction depuis mars dernier, a visité le commandement du 2e régiment de la frontière terrestre, ainsi que les postes de « Qozhaya Bitar » et « al-Machrifa » dans la région de Qaa, et une unité de la 9e brigade d'infanterie au Hermel, dans le nord-est du Liban.
« L'armée est l'institution nationale qui protège notre pays dans toutes ses composantes, où les soldats des différentes régions libanaises s'unissent pour défendre le pays et maintenir sa sécurité, tant à l'intérieur qu'aux frontières », a souligné le chef de la troupe. « Vous accomplissez pleinement votre devoir grâce à votre détermination, à votre lutte contre le trafic et à votre rôle positif dans la zone frontalière entre le Liban et la Syrie, par une communication et une coordination constantes avec les autorités syriennes », a-t-il ajouté.
Selon notre correspondante dans la Békaa Sarah Abdallah, la visite a été accompagnée d'un déploiement militaire à grande échelle le long de la route internationale qui traverse la plaine aux entrées des villages et des villes s'étendant de Ras Baalbeck à Qaa, et jusqu'aux environs de la frontière libano-syrienne. Des affrontements meurtriers ont eu lieu en mars entre des clans libanais et les nouvelles forces syriennes à la frontière entre les deux pays.



