Le chef des Forces Libanaises (FL) Samir Geagea. Photo d'archives Agence nationale d'information (ANI).
Le chef des Forces Libanaises (FL) Samir Geagea a de nouveau appelé au désarmement du Hezbollah dans tout le Liban, et non seulement au sud du Litani, sommant le gouvernement d'adopter une position « claire et franche » à ce sujet.
« Il y a un point fondamental qui a été beaucoup évoqué, surtout au cours des deux dernières semaines, et c’est un point très mauvais, qui menace tout espoir de salut pour le Liban : il s’agit du retour de certains discours affirmant qu’il y aurait des armes du Hezbollah 'au nord du Litani' et d’autres 'au sud du Litani'. Il n’existe rien qui s’appelle sud ou nord du Litani », a fait valoir Samir Geagea lors d'un dîner à Meerab vendredi, selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
« La résolution 1701 est très claire. De même que l’accord de cessez-le-feu adopté par le gouvernement libanais le 27 novembre 2024. Il ne doit y avoir, sur l’ensemble du territoire libanais, aucune arme autre que celles de l’armée libanaise », a-t-il souligné, plaidant en faveur du « démantèlement de toutes les structures militaires illégales », qu'il s'agisse de celles du Hezbollah ou des armes dans les camps palestiniens au Liban.
« Fixer le prestige de l'État »
Samir Geagea a ainsi souligné que « ce ton que nous avons recommencé à entendre est destructeur et n'a rien à voir avec le discours d'investiture (de Joseph Aoun), la déclaration ministérielle, la résolution 1701, les résolutions internationales, et surtout l'accord de cessez-le-feu ». Il a également fait valoir que « si le nouvel État perd sa crédibilité, nous serons confrontés à un grand problème, car nous aurons besoin de beaucoup de temps pour avoir une nouvelle chance, pour regagner notre crédibilité et nos amis, et pour essayer de reconstruire le pays ».
« La question est très délicate et sérieuse », a-t-il encore dit, sommant le gouvernement d'« exprimer, dès que possible, sa position de manière claire et ouverte, indépendamment de ce qu'il peut maintenant mettre en œuvre ». «Sa position doit être claire et franche, car seules la clarté et la franchise permettront d'aboutir à un résultat», a-t-il ajouté.
Le chef des FL a ainsi estimé que « si l'image et le prestige de l'État libanais ne sont pas fixés, la situation sécuritaire restera aussi fragile que nous le voyons : un attentat par-ci, un attentat par-là », dans une référence aux frappes israéliennes qui continuent de viser le Liban malgré la trêve avec Israël. Samir Geagea a enfin estimé que l'État devient sérieux « lorsqu'il n'y a plus d'armes, plus de cellules sécuritaires et plus de décision de guerre ou de paix en dehors de lui ». « Ce n'est qu'à ce moment-là que les pays reviendront pour établir des relations avec nous et que notre situation va s'améliorer », a-t-il conclu.
La résolution 1701 (2006) de l'ONU a mis un terme à une guerre entre le Hezbollah et Israël en 2006, et sert de cadre à l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024, suite à treize mois de conflit entre le parti chiite et l'État hébreu, dont deux mois de guerre ouverte en octobre et novembre. Le préambule de l'accord prévoit « le désarmement de tous les groupes armés au Liban ».
Les FL ont toujours fait du désarmement du Hezbollah l’un de leurs principaux chevaux de bataille. Lors de sa rencontre avec l'envoyée spéciale américaine Morgan Ortagus samedi à Meerab, Samir Geagea a également affirmé que « la collecte des armes illégales est une exigence libanaise fondamentale ».



Il est imperatif pour le gouvernement et autres acteurs Libanais de comprendre deux choses: Les États-Unies ayant déclaré la guerre des tarifs n'aura aucune patience envers le Liban. Deuxièmement, Israël est le grand gagnant du Moyen-Orient et n'aura de cesse jusqu'à ce que les capacités militaires du HB sont détruites. Sans calendrier de désarmement, le Liban frôle la catastrophe.
08 h 41, le 06 avril 2025