Snoopy et Woodstock par la Maison Rabih Kayrouz. Photo tirée du compte Instagram @sarahandelman
Dans le calme feutré du Marais, à deux pas de la rue de Turenne, l’hôtel du Grand Veneur est l’un des secrets les mieux gardés de Paris. Ce magnifique hôtel particulier du XVIIe siècle, niché au fond d’une cour paisible, accueillait jusqu’au 4 avril une exposition aussi inattendue que charmante : Snoopy in Style. Un hommage pop et couture au beagle le plus célèbre du monde, né de l’imagination de Charles M. Schulz en 1950 sous forme de personnage d’une bande dessinée publiée quotidiennement dans les Peanuts jusqu’à la mort de son créateur en 2000.
Snoopy et Woodstock habillés par Mira Mikati. Photo tirée du compte Instagram @sarahandelman
Snoopy est le rêveur allongé sur son toit rouge, le fidèle compagnon de Charlie Brown, le danseur joyeux, le poète silencieux et l’aviateur intrépide. Véritable icône intergénérationnelle, il traverse les décennies sans prendre une ride, offrant dans chaque bulle sa philosophie de poche. Tour à tour espiègle, mélancolique ou fantasque, il a inspiré une trentaine de créateurs de mode et d’artistes internationaux réunis pour cette exposition.
Parmi eux, le couturier libanais Rabih Kayrouz signe un Snoopy délicatement théâtral, habillé de la « veste essentielle intemporelle » de la maison en version vert olive. Fidèle à son esthétique épurée et sensuelle, il habille aussi Woodstock, le fidèle petit oiseau jaune de Snoopy, d’un trench orné de son imprimé iconique, un léopard qui n’existe que dans sa jungle imaginaire. Quand il s’agit de ressusciter l’enfance, on peut toujours faire confiance à Kayrouz dont le regard d’adulte n’a jamais oublié de rêver.
Snoopy et Woodstock signés Valentino, par Alessandro Michele. Photo tirée du compte Instagram @sarahandelman
L’exposition, qui mêle œuvres textiles, sculptures et installations, offre un parcours à la fois ludique et contemplatif, où chaque Snoopy devient le miroir d’un univers personnel. Jean-Charles de Castelbajac, connu pour sa collaboration historique avec Snoopy, exhumait pour l’occasion son manteau orné de peluches Snoopy présenté en 1989, porté à l’époque par Vanessa Paradis et retrouvé au Japon. Valentino, par Alessandro Michele, offrait une interprétation couture du célèbre beagle dans une robe haute couture, clin d’œil à Arlequin en effets ruchés, de la collection présentée en janvier 2025. Hermès, pour sa part, a adapté à la taille du petit chien blanc un ensemble preppy souligné d’accessoires en cuir à surpiqûres apparentes. On peut citer aussi Lacoste, sportif et élégant ; Simone Rocha, délicate et romantique ; Giambattista Valli, toujours sophistiqué ; Marine Serre l’avant-gardiste ; Sacai à la croisée du traditionnel et du moderne ; Paul Smith, classique mais coloré, ou encore Patou avec son chic parisien.
Dans le décor à la fois noble et intime de l’hôtel du Grand Veneur, le contraste entre patrimoine classique et culture pop jouait à plein régime et donnait à cette escapade artistique un charme irrésistible.


Il a inspiré surtout Peppone (artiste d’Aix en Provence) dont les travaux sont encore à des prix abordables. Un grand Snoopy en résine est vendu à 7800 € et la petite sculpture (Calfornia full metal) à 3800€. Le galeriste m’a affirmé que ces sculptures ont beaucoup d’admirateurs. Avis aux jeunes gens et jeunes filles ; ne prêtez jamais votre peluche Snoopy à vos copains, elle risque de ne jamais revenir. Snoopy vous a averti et vous le reprochera…et bon anniversaire au jeune Snoopy de 75 ans.
21 h 21, le 07 avril 2025