Un Cessna de l’armée dans le ciel libanais. Photo Agence nationale d’information.
Un avion Cessna de l’armée de l’air libanaise a survolé pour la première fois mercredi les régions de Zawtar el-Charqiyé, Zawtar el-Gharbiyé, Yohmor, Jebchit, Doueir, Maifadoun, Harouf et les environs de Qaaqaaiyet el-Jisr, situées toutes dans le caza de Nabatiyé. L’aéronef a poursuivi son vol en cercles pendant plus d’une heure. Cessna, une marque américaine spécialisée dans l’aviation générale, est principalement utilisée pour des missions de surveillance, de reconnaissance et de transport léger. Ses appareils, réputés pour leur polyvalence, sont capables d’opérer dans divers environnements, y compris les zones reculées et difficiles d’accès.
En survolant le Liban-Sud, l’armée libanaise montre qu’elle renforce sa présence dans cette région, conformément aux provisions de l’accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël signé en novembre. Ce dernier viole presque quotidiennement la trêve et maintient une présence dans cinq sites stratégiques du sud du Liban.
Toujours mercredi, des soldats israéliens ont ouvert le feu à la mitrailleuse depuis le site d’el-Assi vers des villages du caza de Marjeyoun, dans le but d’intimider les citoyens et les habitants, a rapporté notre correspondant Mountasser Abdallah. Ainsi, une personne a été blessée dans la localité de Adaïssé et une autre sur la route Kfar Kila-Adaïssé.
La veille, un drone israélien a ciblé une pièce contenant une bombe au centre de la localité de Yaroun (Bint Jbeil), causant sa destruction mais sans faire de victimes, ont rapporté des habitants. Des soldats israéliens ont également tiré à la mitrailleuse depuis la position de Birket Naqqar en direction de la localité de Chebaa (caza de Hasbaya). Dans le même temps, l’artillerie israélienne a tiré deux obus sur les collines situées à l’est de la localité.
Entretien Berry-Salam
Dans ce contexte, et à l’approche de la visite de l’émissaire américaine Morgan Ortagus (attendue à Beyrouth d’ici à vendredi), le Liban multiplie les initiatives pour faire respecter la trêve et obtenir le retrait d’Israël, qui conditionne cette concession au désarmement du Hezbollah, voire à un accord de normalisation. Mercredi, le patriarche maronite Béchara Raï s’est rendu au palais de Baabda pour s’entretenir avec le président de la République Joseph Aoun et lui exprimer son « soutien ».
Il a affirmé que le Liban « reste déterminé à poursuivre la voie diplomatique » face aux attaques israéliennes quasi quotidiennes. Il a également estimé qu’il est « inconcevable de continuer avec deux armées et deux arsenaux » au Liban, en référence aux armes du Hezbollah. L’assemblée des évêques maronites a également réaffirmé son soutien à « l’État libanais dans ses efforts pour appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies (sur laquelle se base le cessez-le-feu) », l’encourageant à « étendre sa souveraineté sur tout le territoire libanais et à conserver le monopole des armes, de manière à ce que le Liban devienne un espace de sécurité, de calme et de paix ». En parallèle, le président de la Chambre, Nabih Berry, a reçu le Premier ministre Nawaf Salam à Aïn el-Tiné pour évoquer la poursuite par Israël de ses violations de l’accord de cessez-le-feu et de ses agressions contre le Liban. De son côté, le ministre de la Défense, Michel Menassa, a dénoncé « l’escalade des violations flagrantes et répétées de l’occupation israélienne », appelant « les pays garants de l’accord à dissuader Israël de poursuivre ses violations et ses agressions contre la souveraineté libanaise ». Le ministre a reçu plusieurs ambassadeurs, notamment ceux des Pays-Bas, de la France et de la Russie.Le commandant en chef de l’armée, Rodolphe Haykal, a aussi reçu dans son bureau à Yarzé le représentant de la France au sein du mécanisme de supervision du cessez-le-feu entre le Liban et Israël, le général de brigade Guillaume Ponchin pour évoquer les efforts en cours pour la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu.
L’État hébreu a procédé à une escalade de ses attaques la semaine dernière après deux tirs non revendiqués depuis le Liban-Sud sur les localités frontalières israéliennes. Depuis, la banlieue sud de Beyrouth a été frappée à deux reprises, faisant craindre un effondrement total du cessez-le-feu. Samedi, la Sûreté générale a annoncé l’arrestation de « plusieurs suspects » en relation avec ces récents tirs de roquettes.
Plainte du Conseil supérieur chiite
Dans ce cadre, le Conseil supérieur chiite (CSC), représenté par son avocat, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah, a déposé une plainte officielle auprès du parquet contre toute personne identifiée au cours de l’enquête comme étant impliquée dans les tirs de roquettes depuis le Liban-Sud, que ce soit en tant qu’acteur, partenaire, intermédiaire ou instigateur. La plainte vise également toute personne qui « propage la violence sectaire et accueille favorablement de telles attaques ». « Cette plainte vise toute personne impliquée dans la promotion d’une rhétorique incendiaire envers l’ennemi, qui déstabilise la sécurité intérieure, incite aux conflits sectaires et affaiblit l’unité nationale », précise un communiqué. « Une attention particulière doit être accordée aux Libanais qui se réjouissent de la menace d’une attaque israélienne sur Beyrouth. Un tel comportement témoigne d’un mépris alarmant à l’encontre de la sécurité et des moyens de subsistance de leurs concitoyens, et est considéré comme un crime grave qui sape la paix civile et encourage la violence sectaire », indique le communiqué du CSC. Le CSC a demandé que « la plainte soit transmise dans les plus brefs délais aux forces de sécurité compétentes, afin qu’elles mènent une enquête plus approfondie sur les tirs de roquettes et sur les personnes impliquées dans la diffusion d’un discours dangereux susceptible de déstabiliser le pays et d’encourager les conflits sectaires ».
De son côté, la Jamaa islamiya a démenti dans un communiqué toute information sur des arrestations dans les rangs des Forces de l’aube, la branche armée du parti, dans l’affaire des tirs de roquettes. Le parti islamiste « dément toute responsabilité dans le lancement des roquettes à partir du Liban » et assure qu’il « respecte le cessez-le-feu conclu par le gouvernement libanais ».



Le plus important est que ce Cessna américain soit incapable de riposter aux bombardements israéliens.
20 h 33, le 03 avril 2025