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Société - Liban

Nouveaux crimes contre des chiens errants à Achkout et Bhamdoun-Mhatta, en toute impunité

Une vingtaine de chiens ont été tués ou empoisonnés, alors que les auteurs courent toujours.

Nouveaux crimes contre des chiens errants à Achkout et Bhamdoun-Mhatta, en toute impunité

Un chien maltraité filmé par des activistes à Bhamdoun-Mhatta. Capture d’écran

Malgré l’adoption en 2018 de la loi sur la protection des animaux, les crimes contre les bêtes sont loin d’être éradiqués au Liban. De nouveaux actes atroces contre des chiens errants ont ainsi été recensés il y a une dizaine de jours, au grand dam des défenseurs de la cause animale. D’abord à Achkout, dans le Kesrouan, où un inconnu a tiré dans les pattes de trois chiennes et sur leurs portées, tuant deux d’entre elles ainsi que plusieurs chiots. Et deux jours plus tard, à Bhamdoun-Mhatta, dans le caza de Aley, où une dizaine de chiens ont été empoisonnés au Lannate, un produit qui tue à petit feu et qui pose un danger aux humains également. 

Ghina Nahfawi, défenseuse de longue date des animaux, a été notifiée des deux incidents par des personnes sur place qui sont d’abord intervenues à Achkout pour tenter de sauver les chiens blessés. Le président de la municipalité de Achkout, Alexandre Rizk, que L’Orient-Le Jour a contacté, a d’abord affirmé que les crimes avaient eu lieu en dehors des limites géographiques du village et que cela ne relève donc pas de sa responsabilité, avant de se rétracter face aux faits. « Nous avons envoyé une patrouille de la police municipale, mais nous n’avons pas réussi à identifier le ou les suspects », a expliqué M. Rizk. « Il est impossible qu’aucun habitant n’ait vu le criminel à l’œuvre. Dans les villages, tout le monde se connaît », rétorque Ghina Nahfawi à L’OLJ

Un des chiens qui ont échappé aux maltraitance à Bhamdoun-Mhatta. Capture d’écran d’une vidéo prise par des activistes
Un des chiens qui ont échappé aux maltraitance à Bhamdoun-Mhatta. Capture d’écran d’une vidéo prise par des activistes


Une source au sein de la gendarmerie de Achkout a indiqué à notre publication qu’un procès-verbal a été dressé mais que l’affaire n’a pas encore été transmise à la justice, « en attendant que l’enquête aboutisse ». Le ministre de l’Agriculture, Nizar Hani, s’est, lui, saisi de l’affaire et a promis que « dès que les auteurs de ces massacres auront été identifiés, ils feront l’objet de poursuites ». 

Récidive à Bhamdoun-Mhatta

Deux jours après le crime de Achkout, des activistes ont fait état d’un autre crime à des dizaines de kilomètres de là, à Bhamdoun-Mhatta. C’est la seconde fois en deux ans qu’une meute de chiens errants y est empoisonnée par du Lannate, un insecticide désormais interdit au Liban. Pour l’heure, trois chiens sont morts après d’atroces souffrances. La loi libanaise interdit d’empoisonner les animaux errants et les municipalités sont normalement responsables de leur présence.

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« Ce n’est pas la première fois que nous butons contre un mur d’indifférence et d’inaction », déplore Ghina Nahfawi. Pour mobiliser l’opinion publique, l’activiste publie fréquemment des photos et des textes sur les réseaux sociaux dans lesquels elle documente les violations à l’encontre des animaux et exprime son indignation, tout en interpellant les autorités. Elle a ainsi lancé un appel désespéré au ministre de l’Agriculture et aux Forces de sécurité intérieure. « Ces chiens (à Bhamdoun-Mahatta) sont castrés et vaccinés conformément aux standards de l’Organisation mondiale de la santé animale. Ils sont inoffensifs. Que compte faire Fadi Malkoun ? » demande l’activiste, en référence au procureur général pour les affaires relatives à l’environnement au Mont-Liban.

Responsabilité de la justice

En juin 2024, 27 chiens avaient été tués par empoisonnement dans cette même localité. L’OLJ n’a pas réussi à joindre le président de la municipalité de Bhamdoun-Mhatta, Philippe Matta. « À chaque fois que la saison des vacances et des fêtes approche, cette municipalité se croit obligée de “nettoyer” les lieux, en prévision de l’arrivée des vacanciers fortunés. Ils s’évertuent à massacrer tous les chiens errants », accuse Ghina Nahfawi. 

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« Même si le Lannate devait disparaître du marché, les criminels vont recourir à d’autres type de poison », s’inquiète pour sa part l’ancien ministre de l’Agriculture Waël Bou Faour, qui avait interdit ce produit durant son mandat. « Il faut que le procureur près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, adresse une circulaire à tous les juges concernés pour les sommer de prendre cette question au sérieux et faire preuve de fermeté », plaide-t-il. 

Malgré l’adoption en 2018 de la loi sur la protection des animaux, les crimes contre les bêtes sont loin d’être éradiqués au Liban. De nouveaux actes atroces contre des chiens errants ont ainsi été recensés il y a une dizaine de jours, au grand dam des défenseurs de la cause animale. D’abord à Achkout, dans le Kesrouan, où un inconnu a tiré dans les pattes de trois chiennes et sur leurs portées, tuant deux d’entre elles ainsi que plusieurs chiots. Et deux jours plus tard, à Bhamdoun-Mhatta, dans le caza de Aley, où une dizaine de chiens ont été empoisonnés au Lannate, un produit qui tue à petit feu et qui pose un danger aux humains également. Ghina Nahfawi, défenseuse de longue date des animaux, a été notifiée des deux incidents par des personnes sur place qui sont d’abord intervenues à Achkout pour...
commentaires (6)

Barbares!

Citoyen lambda

09 h 00, le 04 avril 2025

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Commentaires (6)

  • Barbares!

    Citoyen lambda

    09 h 00, le 04 avril 2025

  • Dans un pays ou on ne respecte pas les humains, pourquoi voulez-vous qu'on respecte les animaux ?

    Michel Trad

    23 h 35, le 03 avril 2025

  • "On reconnaît le degré de civilisation d'un peuple à la manière dont il traite ses animaux", disait Gandhi.Le Liban a visiblement encore quelques siècles à rattraper avant d'atteindre la civilisation.

    AWADA Azzam

    21 h 08, le 03 avril 2025

  • Je n'arrive pas a croire que ce Liban, superbe pays de lait et de miel qu'il était soit soit tombé aussi bas en quelques décenies ...

    Remy Martin

    20 h 15, le 03 avril 2025

  • C'est un problème secondaire pour une majorité de libanais. Pire, il y en a beaucoup qui se vantent de ce type d'horreur. Cf les batals idiots qui se filment tirant sur des oiseaux migrateurs. On aura fait un grand pas le jour où la police sévira et que la justice appliquera les lois pour les crimes envers les animaux et l'environnement.

    N.A.

    19 h 35, le 03 avril 2025

  • Dans un pays où on ne respecte pas les animaux, on ne respecte non plus les humains.

    Elias

    18 h 50, le 03 avril 2025

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