Les Casques bleus de la Finul patrouillant dans le village de Ramiyé, près de la frontière sud, le 5 mars 2025. Mahmoud Zayyat/AFP
À l’heure où tout indiquait que le statu quo au Liban-Sud était parti pour durer, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé que des responsables israéliens ont rencontré des représentants des États-Unis, de la France et du Liban, et ont convenu de la création de trois groupes de travail pour régler chacun de ces trois dossiers : « Les cinq points contrôlés par Israël au Liban-Sud ; les discussions sur (le tracé de) la ligne bleue et les points encore en litige ; et enfin, les prisonniers libanais détenus par Israël. » Un rebondissement qui donne un nouveau souffle à l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, trois semaines après la période ajustée de mise en œuvre de l’accord de trêve.
« En coordination avec les États-Unis et par un geste pour le nouveau président libanais, Israël a accepté de libérer cinq prisonniers libanais », a ajouté le bureau de Netanyahu dans un communiqué. Un peu plus tard, la présidence libanaise a annoncé que « le Liban a reçu quatre prisonniers libanais et qu’un cinquième détenu sera remis demain ». Selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah, un convoi de la Croix-Rouge libanaise s’est rendu à Naqoura pour accueillir les détenus. Il s’agit de quatre civils : Hussein Farès de Maroun el-Rass, Hussein Koteiche de Houla, Sayed Ahmad Chokr de Nabi Chit et Mohammad Najm de Nabatiyé.
Une source au sein de l'armée libanaise a indiqué à notre publication que le cinquième Libanais détenu par l'armée israélienne, qui doit être libéré demain, est Ziad Chebli. Il y a deux jours, sans le nommer, l'institution militaire avait indiqué que le contact avait été perdu avec l'un de ses soldats le 9 mars et qu'après enquête, « il a été établi que des éléments des forces israéliennes ont ouvert le feu sur lui alors qu'il se trouvait en tenue civile dans les environs du village de Kfarchouba ». L'armée avait affirmé qu'il avait été blessé et transporté « à l'intérieur des territoires palestiniens occupés ».
« Contacts routiniers »
Si la question du retrait israélien est directement liée au cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre dernier pour mettre fin à plus de 14 mois de guerre entre Israël et le Hezbollah, le litige frontalier avec le Liban est antérieur à ces affrontements. Beyrouth et Tel-Aviv avaient déjà réglé leurs différends au sujet de leur frontière maritime lors d’un accord historique conclu en octobre 2022 sous l’égide de Washington. Les discussions évoquées par le bureau de presse du Premier ministre israélien « restent dans le cadre du comité de surveillance du cessez-le-feu », a indiqué pour sa part une source diplomatique libanaise bien informée à L’Orient-Le Jour.
« Ce sont des contacts routiniers à un niveau militaire », ajoute-t-elle. Elle précise aussi qu’il « ne s’agit nullement de négociations politiques et que le gouvernement libanais n’en a pas été informé (de nouvelles mesures à ce sujet) ». Toutefois, elle n’exclut pas que « ces informations qui circulent soient une forme de pression sur l’État libanais pour le pousser vers des négociations politiques ». Le président Joseph Aoun avait appelé dans la matinée le comité chargé de surveiller le cessez-le-feu à faire pression sur l’État hébreu afin que l’accord soit respecté et que l’armée israélienne se retire complètement du Liban-Sud. Dans une publication sur son compte X, la présidence libanaise a affirmé qu’au cours d’une réunion au palais de Baabda, le chef de l’État a demandé au président du comité de « faire pression sur Israël afin qu’il applique l’accord, se retire des cinq points et libère les otages libanais ».
Une « solution politique »
L’adjointe de l’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Morgan Ortagus, a de son côté déclaré que Washington cherchait une « solution politique » aux différends frontaliers persistants entre Israël et le Liban. « Nous voulons parvenir, enfin, à une résolution politique », a déclaré Mme Ortagus à la chaîne libanaise al-Jadeed. « Quant à l’accord sur la frontière terrestre, il y a 13 points, et je pense que six d’entre eux posent encore problème », a-t-elle ajouté. Elle a indiqué que les États-Unis et la France superviseraient des « groupes de travail » chargés de mettre en œuvre le cessez-le-feu. Washington et Paris sont les garants de cet accord qui a mis fin à plus d’un an d’hostilités entre Israël et le groupe chiite. Selon Mme Ortagus, les groupes de travail se concentreront sur les différends frontaliers entre les deux pays ainsi que sur les cinq points du sud du Liban que l’armée israélienne continue d’occuper.
Le cessez-le-feu exigeait que le Hezbollah se retire au nord du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière, et qu’il démantèle toute infrastructure militaire restante dans le sud du Liban.Israël devait se retirer complètement du territoire libanais avant le 18 février après avoir manqué une première échéance en janvier, mais a décidé de maintenir des troupes sur cinq sites qu’il juge stratégiques. « Israël s’est retiré de plus de 99 % du territoire », a affirmé Mme Ortagus. « Je suis assez confiante que (...) nous pourrons parvenir à une résolution définitive sur les cinq points restants et, à terme, sur les autres questions liées à la ligne bleue », la ligne de démarcation surveillée par l’ONU qui marque la frontière entre Israël et le Liban depuis 2000. Un autre groupe de travail serait chargé de « rapatrier les prisonniers restants », a ajouté Mme Ortagus, qui affirme également que c’est « l’État libanais et non le Hezbollah qui doit reconstruire le Liban-Sud ». Le site d’information américain Axios a également rapporté qu’« Israël et le Liban ont accepté d’ouvrir des négociations pour résoudre leurs différends autour de la frontière entre les deux pays ». Le Liban n’a pas encore fait d’annonce officielle à ce sujet.
Un commandant du Hezbollah tué
Sur le terrain, l’armée israélienne a poursuivi ses opérations quotidiennes au Liban-Sud. Une première frappe sur la route de Deir Zahrani-Houmine el-Faouqa (caza de Nabatiyé) a fait un mort qui se trouvait à bord du véhicule touché, a rapporté notre correspondant au Liban-Sud. Selon des informations citées par des médias locaux, l’individu abattu est Hassan Ezzeddine, un commandant dans l’unité de défense aérienne du Hezbollah. L’information a été confirmée par l’armée israélienne. Selon elle, « Hassan Abbas Ezzeddine est un responsable du système de défense aérienne au sein de l’unité régionale Badr du Hezbollah » et « était un acteur-clé dans le système de défense aérienne du Hezbollah ». « Il a dirigé les efforts de reconstruction après les importantes destructions subies lors des frappes » israéliennes, ajoute-t-elle. Ces derniers mois, il a poursuivi ses efforts pour renforcer le groupe en acquérant de nouveaux équipements militaires. Une autre frappe de drone dans la vallée de Froun Kfarsir, dans le caza de Nabatiyé, a fait au moins une victime, selon un bilan confirmé par le ministère de la Santé. L’armée israélienne a dit avoir tué « plusieurs » combattants du Hezbollah dans sa frappe aérienne à Froun. « Plus tôt aujourd’hui, plusieurs saboteurs ont été repérés sur un site utilisé par le Hezbollah dans la région de Froun, a indiqué le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee. Un avion de l’armée de l’air, sous la direction du commandement nord, a ciblé les saboteurs. »
Des tirs d’artillerie israéliens ont aussi atteints Jabal el-Sadana, à la périphérie de Chebaa (caza de Hasbaya). Toujours au Liban-Sud, des soldats israéliens se sont rapprochés dans la matinée de la localité libanaise de Ramiyé (caza de Bint Jbeil) et ont tiré à la mitrailleuse dans le secteur, au moment où ils passaient par la place de l’école du village. Les militaires ont aussi tiré dans les environs de la localité de Manara, en face de Meis el-Jabal.
Enfin, les ambassades des États-Unis, de la France et la Finul ont annoncé dans un communiqué commun que « le comité de surveillance de la cessation des hostilités s'est réuni aujourd'hui pour la sixième fois à Naqoura, la Finul accueillant la réunion sous la présidence des États-Unis avec des représentants de la France, l'armée libanaise et de l'armée israélienne ». « Les participants ont discuté des moyens de faire progresser l'application intégrale de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, la mise en œuvre intégrale de l'accord de cessation des hostilités du 26 novembre 2024, et les prochaines étapes pour traiter les questions en suspens entre Israël et le Liban », indique le communiqué.




Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
On se demande pourquoi l’état libanais se montre chétif et hésitant lorsqu’il s’agit de trouver une solution radicale et définitive aux problèmes qui concernent notre sécurité et se sent obliger de donner des précisions comme si faire la paix est devenue une tare. Lorsque ce parti vendu menait ses guerres, il ne tremblait pas et la mener seul. L’état s’était vu exclu de toutes ses décisions de guerres alors pourquoi le consulter pour une paix qui lui ôterait toute légitimité à détenir des armes sur notre sol. Au niveau guerre nous avons assez donné essayons la paix qui a fait ses preuves dans
11 h 36, le 12 mars 2025