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Nos lecteurs ont la parole

Rembourser la Syrie ?

Il y a quelque temps le nouveau chef de l’État syrien, M. Ahmad el-Chareh, a demandé que les banques libanaises remboursent les dépôts de leurs clients syriens.

Le montant de ces dépôts est estimé, selon des sources bancaires, entre trois et quatre milliards de dollars par plusieurs banquiers libanais interrogés à ce sujet.

Le précédent régime syrien avait prélevé entre 1990 et 2005, durant la période de sa domination au Liban, autour de 30 milliards de dollars prouvés, sans compter les intérêts.

Les principales sources du prélèvement sont les suivantes :

– Détournement du trafic téléphonique international par des stations satellitaires illégales dans la Békaa : 250 millions de dollars/an.

– Détournement du trafic téléphonique local, montant inconnu.

– Prélèvement des revenus d’Ogero, environ un milliard de dollars/an.

– Racket du pétrole : 500 millions de dollars/an.

– Casino du Liban : 50 millions de dollars/an.

– Conseil du Sud : construction d’autoroutes confiées à la société syrienne Kassioun. Coût du kilomètre : 4 millions de dollars. Coût du kilomètre en Californie : 935 000 dollars.

- IDAL : supposé financer les exportations agricoles libanaises. Des milliers de camions supposés emmener des produits libanais transportaient en fait des produits agricoles syriens et se faisaient subventionner par le gouvernement libanais. Montant inconnu.

– Douanes (ports, aéroport, Masnaa) : contrôlées par les Syriens qui prélevaient un montant moindre que le tarif douanier et faisaient ainsi disparaître le revenu de l’État, en finançant le régime syrien.

– Surfacturation du fuel acquis pour EDL d’environ 20 %. Montant inconnu.

– Obligation de faire fonctionner des centrales électriques de Zahrani (Sud) et de Beddawi (Nord) en fuel acheté obligatoirement en Syrie, alors qu’elles ont été conçues pour fonctionner au gaz. Montant inconnu.

– Rééquipement d’EDL : à la fin de la guerre (1990) EDL a été rééquipée à un coût de 1,5 milliard de dollars. Dix pour cent allaient directement à un homme politique nommé par le pouvoir syrien, soit 150 millions de dollars.

– Exploitation de carrières illégales accordées à des prête-noms locaux.

– Contrats publics accordés seulement en fonction du parrain syrien (les deux sociétés de téléphone cellulaire).

– Permis de travail accordés aux travailleurs étrangers obligatoirement assurés auprès d’une assurance unique appartenant à un politicien inféodé à la Syrie.

– Obligation pour les cimenteries de Chekka d’acquérir du clinker syrien de qualité médiocre.

– Obligation pour le ministère de la Santé d’acheter des médicaments génériques fabriqués illégalement en Syrie sans permissions accordées par les détenteurs de la licence.

Quant aux traités inégaux, ils sont dénombrés ainsi :

– Réduction progressive des droits de douane des deux côtés, sauf qu’en Syrie il y avait, en plus, des allocations réduites de devises, des quotas, etc. qui n’existaient pas du côté libanais.

– Allocation inégale et injuste des quantités d’eau des fleuves coulant dans les deux pays (fleuve al-Assi).

– Racket du secteur privé : obligation pour certaines entreprises, dont les cimenteries de Chekka, de placer de la publicité dans les médias syriens.

– Racketing de la classe politique : extorsion de fonds des candidats à la députation.

– Racketing d’associations privées : association des industriels.

– Trafic internet sortant du Liban et passant par… Tartous avant de repasser par Alexandrie vers l’Europe.

Une simple addition de ces trafics et prélèvements donnerait 1,25 milliard de dollars/an pour les éléments connus et prouvés.

Le montant total sur 15 ans serait donc de 29 250 000 000 de dollars pour les éléments connus.

La réponse libanaise pourrait donc être : remboursez-nous les 29 milliards pour que nos banques vous remboursent les 3,5 milliards de dollars.

L’essentiel de ce qui précède peut être retrouvé dans la presse de l’époque et dans les déclarations de plusieurs personnalités politiques dont feu M. Pierre Hélou, député, feu M. Rafic Hariri, Premier ministre, M. Cordahi, ancien ministre.

Si la réponse syrienne est qu’ils n’ont pas à supporter les prélèvements de l’ancien régime, la réponse libanaise pourrait être que : puisque le nouveau régime est en train de s’approprier les biens des dignitaires de l’ancien régime et qu’une grande partie de ces biens provient de leurs pillages au Liban, il serait naturel qu’ils remboursent le Liban du résultat de ces pillages, en déduisant ce que leur doivent les banques libanaises.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Il y a quelque temps le nouveau chef de l’État syrien, M. Ahmad el-Chareh, a demandé que les banques libanaises remboursent les dépôts de leurs clients syriens. Le montant de ces dépôts est estimé, selon des sources bancaires, entre trois et quatre milliards de dollars par plusieurs banquiers libanais interrogés à ce sujet. Le précédent régime syrien avait prélevé entre 1990 et 2005, durant la période de sa domination au Liban, autour de 30 milliards de dollars prouvés, sans compter les intérêts. Les principales sources du prélèvement sont les suivantes : – Détournement du trafic téléphonique international par des stations satellitaires illégales dans la Békaa : 250 millions de dollars/an. – Détournement du trafic téléphonique local, montant inconnu. – Prélèvement des revenus d’Ogero,...
commentaires (2)

Une monstruosite financiere dans le meme style que l'occupation. L'ambition syrienne ne cessera d'importuner le Liban qu'avec la moderation de l'esprit.

M.J. Kojack

15 h 11, le 12 mars 2025

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Commentaires (2)

  • Une monstruosite financiere dans le meme style que l'occupation. L'ambition syrienne ne cessera d'importuner le Liban qu'avec la moderation de l'esprit.

    M.J. Kojack

    15 h 11, le 12 mars 2025

  • Excellentes précisions! Bien sûr! Chareh – ex Jolani ne manque pas d’un certain culot! On pourrait ajouter des dommages de guerre pour toutes les destructions opérées par l’armée syrienne, et, pour faire bonne mesure, le carburant subventionné envoyé en Syrie par le Hezbollah.

    Yves Prevost

    07 h 25, le 12 mars 2025

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