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Politique - Liban

Mitri dément que le gouvernement libanais « ait reçu une demande officielle de paix avec Israël »


Mitri dément que le gouvernement libanais « ait reçu une demande officielle de paix avec Israël »

Le vice-président du Conseil des ministres libanais, Tarek Mitri. Photo fournie par M. Mitri.

Le vice-président du Conseil des ministres libanais, Tarek Mitri, a démenti dans une interview à la chaîne américaine en langue arabe al-Horra, que le gouvernement libanais « ait reçu une quelconque demande officielle de signature d’un accord de paix avec Israël »

« Nous n’avons subi aucune pression directe de qui que ce soit, mais il existe des pressions sur certains responsables politiques ainsi que des démarches non officielles aux États-Unis pour inciter l’administration américaine à conditionner son soutien au Liban à son entrée dans un processus de normalisation avec Israël », a déclaré M. Mitri. 

Interrogé sur ce que serait la réponse du Liban si on lui demandait de normaliser ses relations avec Israël, Tarek Mitri a affirmé : « Nous ne sommes pas prêts pour cela, mais nous n’en sommes pas encore au point où nous devons choisir entre signer la paix ou voir Israël continuer d’occuper une partie du territoire libanais ».

Ces déclarations interviennent alors que Massaad Boulos, le conseiller libano-américain de Donald Trump pour les affaires arabes et du Moyen-Orient, s'est entretenu dimanche à son domicile à Washington avec un responsable israélien de la colonisation en Cisjordanie occupée, avec qui il a évoqué l'espoir de « résultats concrets » concernant un accord de paix entre Israël et le Liban.  Les États-Unis auraient donné des garanties à Israël pour lui permettre de continuer à occuper au moins cinq positions au Liban-Sud, une occupation décriée par Beyrouth et Paris, autre garant de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre après deux mois de frappes israéliennes massives sur le Liban-Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, ainsi que d'autres régions du pays, et de tirs quotidiens du Hezbollah sur le nord d'Israël.

« Il y a une violation israélienne manifeste de l’accord de cessez-le-feu et de la résolution 1701, tandis que l’armée libanaise remplit pleinement son devoir au sud du Litani en démantelant les dépôts du Hezbollah et en renforçant le contrôle de la zone concernée par l’accord, a dans ce cadre dénoncé M. Mitri. Israël invoque plusieurs prétextes sécuritaires pour ne pas se retirer des cinq points contestés, mais la véritable raison non déclarée est qu’elle cherche à contraindre le Liban à s’asseoir à la même table pour mener des négociations directes entre les deux pays ».

Interrogé sur le désarmement du Hezbollah, la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU prévoyant entre autres que l'État libanais doit avoir le contrôle exclusif des armes sur son territoire, M. Mitri a affirmé qu'il était « impossible que le gouvernement établisse un calendrier pour le retrait des armes du Hezbollah par la force ».

M. Mitri a également démenti « toute demande officielle visant à éliminer politiquement le Hezbollah, bien qu’un projet de loi présenté devant le Congrès américain semble aller dans ce sens. » Il a précisé que « certaines parties libanaises aux États-Unis soutiennent cette initiative. » M. Mitri fait référence au « Pager Act », un projet de loi qui vise à suspendre l’aide américaine à l’armée libanaise « tant que les autorités libanaises n’auraient pas révoqué leur reconnaissance du Hezbollah, ainsi que de son groupe parlementaire, le bloc de la Loyauté à la résistance, et du groupe milicien affilié, le mouvement Amal ». 

Le vice-président du Conseil des ministres a également indiqué que « la France accueillera une conférence des amis et des soutiens du Liban en avril ou mai prochains pour la reconstruction ». « Cette conférence, actuellement en préparation, sera précédée d’une réunion préliminaire », a-t-il ajouté. Il a dans ce cadre souligné que « l’un des critères de la reconstruction est l’engagement du Liban à créer un fonds indépendant, géré de manière transparente et à l’abri du clientélisme et de la corruption », ajoutant que « ce fonds est en cours de formation avec l’aide de la Banque mondiale et d’autres institutions ».

Au sujet des nominations, M. Mitri a indiqué que « lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres, ou celle qui suivra, un commandant de l’armée libanaise sera nommé, puis les chefs des autres services de sécurité. « La nomination d’un gouverneur de la Banque du Liban ne tardera pas plus de deux ou trois semaines, et plusieurs noms sont en lice pour ce poste », a-t-il également dit. 

M. Mitri a nié « tout désaccord entre le président de la République, Joseph Aoun, et le Premier ministre, Nawaf Salam, à ce sujet » et a assuré que « le gouvernement privilégie la compétence et l’aptitude dans ses nominations et qu’il n’y a aucune volonté d’exclure une quelconque composante libanaise du processus ». 

Enfin au sujet du budget 2025 qui a été adopté jeudi par décret sans passer par le Parlement, M. Mitri a indiqué que « le budget 2025 comprend des taxes et des amendes excessives pour les Libanais ». «Cette semaine, le ministre des Finances, Yassine Jaber, soumettra au gouvernement un nouveau projet de loi complémentaire visant à réduire ces taxes pour les rendre moins contraignantes pour les citoyens », a-t-il assuré. 

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, et plusieurs de membres de son équipe, ont justifié cette procédure par le manque de temps à leur disposition, s'engageant d'une part à préparer un projet de loi concernant les taxes prévues dans le texte de l'ancien gouvernement, et à plancher sur un budget 2026 réellement « réformateur ». 

Le vice-président du Conseil des ministres libanais, Tarek Mitri, a démenti dans une interview à la chaîne américaine en langue arabe al-Horra, que le gouvernement libanais « ait reçu une quelconque demande officielle de signature d’un accord de paix avec Israël »« Nous n’avons subi aucune pression directe de qui que ce soit, mais il existe des pressions sur certains responsables politiques ainsi que des démarches non officielles aux États-Unis pour inciter l’administration américaine à conditionner son soutien au Liban à son entrée dans un processus de normalisation avec Israël », a déclaré M. Mitri. Interrogé sur ce que serait la réponse du Liban si on lui demandait de normaliser ses relations avec Israël, Tarek Mitri a affirmé : « Nous ne sommes pas prêts pour cela, mais nous n’en sommes pas encore...
commentaires (3)

M Mitri me semble ambigu dans l’ensemble, pas franc et assez antipathique. Je ne comprends pas pourquoi tous ces vices premiers ministres paraissent si vicieux ?

Wow

17 h 36, le 11 mars 2025

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Commentaires (3)

  • M Mitri me semble ambigu dans l’ensemble, pas franc et assez antipathique. Je ne comprends pas pourquoi tous ces vices premiers ministres paraissent si vicieux ?

    Wow

    17 h 36, le 11 mars 2025

  • …Suite. De facto, le HB n’aurait plus aucune excuse à conserver son arsenal de guerre sauf s’il a l’intention de faire la guerre à ses compatriotes pour satisfaire les mollahs.

    Sissi zayyat

    12 h 42, le 11 mars 2025

  • M. Mitri a affirmé qu'il était « impossible que le gouvernement établisse un calendrier pour le retrait des armes du Hezbollah par la force ». Alors le seul moyen pour ce parti a deposer ses armes serait de signer un accord de paix avec tous nos voisins sur des bases saines et pacifiques. Retrait total d’Israël de tout le territoire qui va nous permettre de commencer à exploiter nos richesses afin de reconstruire ce que ce parti a détruit. Il n’y a pas de honte à avoir à vouloir sauver son pays. C’est une opportunité unique pour le faire. De facto, le HB n’aurait aucune excuses à conserver se

    Sissi zayyat

    12 h 32, le 11 mars 2025

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