Des soldats de l’armée libanaise se déploient à Tayr Harfa, au Sud-Liban, le 27 janvier 2025. Fadel Iitani/AFP
Le représentant américain Greg Steube a réintroduit mercredi le « Pager Act », un projet de loi qui vise à suspendre l’aide américaine à l’armée libanaise « tant que les autorités libanaises n’auraient pas révoqué leur reconnaissance du Hezbollah, ainsi que de son groupe parlementaire, le bloc de la Loyauté à la résistance, et du groupe milicien affilié, le mouvement Amal ». Le représentant a annoncé cette décision dans un communiqué de presse. La loi a été introduite pour la première fois le 18 septembre 2024, mais elle n’a pas été votée et n’a pas été promulguée.
Les 17 et 18 septembre 2024, des milliers d’appareils de communication, dont des téléavertisseurs, appartenant au Hezbollah ont explosé dans des lieux publics sur le territoire libanais, tuant au moins 40 personnes, dont un enfant, et en blessant plus de 2 900. Lors de sa visite aux États-Unis en février, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a offert au président Donald Trump un téléavertisseur (pager) en or en guise de souvenir.
La loi « Preventing Armed Groups from Engaging in Radicalism » (Pager, ou empêcher les groupes armés de tomber dans le radicalisme) stipule que le financement est interdit jusqu’à ce que le secrétaire d’État soit en mesure de garantir au Congrès plusieurs conditions. Suivant ces conditions, le gouvernement libanais devrait notamment ne plus reconnaître le Hezbollah et d’autres organisations liées à l’Iran. En outre, le projet de loi vise à empêcher les individus affiliés au Hezbollah ou à d’autres organisations liées à l’Iran d’occuper des postes ministériels. Le Liban doit également se conformer à « la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies en mettant fin à la présence du Hezbollah et des autres milices sur son territoire ». L’armée libanaise « doit mettre un terme à ses relations avec le Hezbollah, l’Iran et toutes les organisations terroristes étrangères ». Le Liban doit également détruire toutes les armes fournies par l’Iran et ses filiales. Enfin, toujours selon le texte, les tribunaux libanais doivent accepter de « lever toutes les accusations contre les Américains injustement persécutés pour avoir fait la lumière sur l’influence du Hezbollah ».
Ce projet de loi appelle également à bloquer le financement et le soutien des États-Unis au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en raison de ses « liens financiers corrompus avec des officiers supérieurs de l’armée libanaise », selon le communiqué de presse. Le projet de loi prévoit également de « fournir au Congrès des rapports semestriels sur le statut du Hezbollah dans la région », mais il ne précise pas comment ni par qui ces rapports seraient soumis.
Le projet de loi a été soutenu par plusieurs organisations, dont l’ « American Mideast Coalition for Democracy » et « The Endowment for Middle East Truth ».
Il y a deux jours, Axios rapportait que le département d’État américain avait débloqué 95 millions de dollars d’aide militaire à l’armée libanaise, dans le cadre d’une stratégie visant à « affaiblir le Hezbollah, renforcer l’armée libanaise et garantir la stabilité du cessez-le-feu avec Israël ». Deux sources informées ont confirmé cette information à L’Orient-Le Jour.
Un accord de cessez-le-feu est entré en vigueur le 27 novembre 2024, afin de mettre un terme à la guerre entre Israël et le Hezbollah qui durait depuis le 8 octobre 2023, et qui s’était intensifiée en septembre. L’accord stipulait un retrait israélien progressif des villages occupés au Liban-Sud, afin que l’armée libanaise puisse se déployer dans des zones autrefois sous l’influence du Hezbollah. Toutefois, même après la fin de la période transitoire le 18 février, l’armée israélienne a maintenu sa présence dans cinq points qu’elle a jugé stratégiques du Liban-Sud, et poursuit ses opérations quotidiennes contre des membres présumés du Hezbollah.


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