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Moyen-Orient - États-Unis

Trump annule discrètement les restrictions sur les frappes aériennes de l'armée américaine

L'aviation américaine a déjà mené 75 frappes en Syrie depuis la chute du régime Assad.

Trump annule discrètement les restrictions sur les frappes aériennes de l'armée américaine

Un avion de chasse sur un porte-avions américain. Photo tirée du compte X de l'U.S. Africa Command

Selon une nouvelle directive signée en février, dont la presse américaine a révélé l'existence jeudi dernier, les commandants militaires américains ont désormais plus de latitude pour approuver des frappes aériennes avec moins de contrôles.

Des responsables américains ont déclaré à la chaîne CBS News que le président Donald Trump avait approuvé un assouplissement des restrictions pesant sur les commandants militaires, réduisant ainsi la supervision exécutive. Cela signifie qu’il leur sera plus facile d’ordonner des frappes et que la gamme de cibles potentielles s’élargit.

Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, qui a confirmé le rapport de CBS le lendemain de sa publication, a mis en œuvre cette directive au cours d’une réunion avec le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) en Allemagne le 11 février, lors de son premier déplacement à l’étranger. Au cours de cette réunion, Hegseth et les hauts responsables de l’AFRICOM ont évoqué le groupe al-Chabab en Somalie et les houthis au Yémen comme cibles potentielles.

75 frappes américaines en Syrie depuis la chute d'Assad

Un communiqué officiel d’AFRICOM publié après la réunion ne mentionne pas cette décision majeure, se contentant d’énumérer brièvement les discussions sur « l’amélioration de la létalité, le renforcement de la préparation des forces et le développement de partenariats pour contrer les menaces émergentes et maintenir la stabilité ».

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L'armée américaine a bombardé la Syrie 75 fois le jour de la chute du régime Assad, visant des sites liés à l'État islamique (EI). Depuis, elle a mené des dizaines d’autres frappes aériennes contre des cibles de l'EI et d’el-Qaëda, la plus récente ayant eu lieu le 1ᵉʳ mars, tuant le principal chef militaire de Hurras al-Din, une branche d’el-Qaëda en Syrie.

Une coalition américano-britannique a également bombardé le Yémen à plusieurs reprises depuis que les rebelles houthis ont commencé à attaquer des navires commerciaux en mer Rouge en signe de solidarité avec les Palestiniens de Gaza, alors qu’Israël menait une guerre dévastatrice contre le Hamas.

« Nous ne tolérerons pas la bureaucratie de l’ère Biden qui empêche nos combattants de faire leur travail », a déclaré vendredi Brian Hughes, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche. « L’Amérique est de retour dans la lutte contre le terrorisme et dans l’élimination des jihadistes. »

Les restrictions militaires de l’ère Obama

La décision de Donald Trump annule les contraintes imposées aux opérations militaires américaines depuis l’administration Obama. Selon le site web de l’AFRICOM, les frappes aériennes américaines se divisent en deux grandes catégories : délibérées et défensives. Jusqu’au 11 février, les frappes délibérées étaient soumises à un ensemble complexe de réglementations, dans lesquelles des avocats militaires examinaient les renseignements collectés pour déterminer si les cibles étaient des « combattants légaux au regard du droit des conflits armés », afin d’éviter les assassinats ciblés de civils innocents pris pour des terroristes.

Les frappes défensives, quant à elles, sont utilisées « dans des circonstances limitées, lorsque les forces américaines ou des partenaires spécifiquement désignés sont en danger imminent face à des forces hostiles », indique le site. Elles sont généralement autorisées par le commandement des forces combattantes, sans nécessiter l’approbation de l’exécutif.

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En 2015, le magazine d'investigation en ligne The Intercept avait révélé une étude du Pentagone datant de 2013 sur les frappes américaines menées au cours des deux années précédentes contre le Yémen et la Somalie. L’étude « admet franchement que la capture de terroristes est un événement rare et laisse entendre l’usage de ‘frappes signatures’ contre des individus inconnus adoptant un comportement jugé suspect ».

Selon The Intercept, sous Obama, les commandants militaires devaient s’assurer que chaque frappe proposée respectait un ensemble strict de critères et obtenait l’approbation de sept décideurs, dont le président. La cible devait être un membre confirmé d’une organisation terroriste reconnue, sur la base de deux sources de renseignement indépendantes. Les pertes civiles devaient être minimales et aucune information contradictoire ne devait remettre en question l’opération.

Ce processus, semblable à une table ronde à haut risque, impliquait l’approbation successive de la task force ayant identifié la cible, du commandant des forces combattantes, du chef de mission de la CIA et du pays hôte. Un seul veto à n’importe quelle étape entraînait l’annulation de l’opération.

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Selon CBS, il n’est pas encore clair lesquelles de ces dispositions sont encore en vigueur après la décision de Donald Trump. La chaîne note cependant que ces procédures étaient déjà en place durant son premier mandat, avec certaines exceptions, notamment concernant l’approbation par le pays hôte dans des pays comme l’Afghanistan.


Éviction de responsables du Pentagone

Moins de deux semaines après avoir signé la directive, le secrétaire US à la Défense a limogé trois avocats militaires issus de l’armée de l’air, de l’armée de terre et de la marine, les qualifiant de « freins » aux « ordres donnés par le commandant en chef ».

Le 21 février, Donald Trump a congédié le principal chef d’état-major interarmées, le général de l’armée de l’air C.Q. Brown, et a poussé vers la sortie cinq autres amiraux et généraux, dans un remaniement sans précédent du leadership militaire américain.

L’amiral Lisa Franchetti, chef de la marine américaine et première femme à diriger une branche militaire, a également été renvoyée, ainsi que le chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air.

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