Cette photo, prise depuis la frontière nord d’Israël, montre un drapeau israélien au milieu des destructions causées par les bombardements israéliens dans le village d'Adaïssé, au Liban-Sud, le 4 décembre 2024. Photo AFP/ Jalaa Marey.
Le Commandement du Front Intérieur de l’armée israélienne a annoncé le lundi 23 février au soir la levée de toutes les restrictions imposées aux communautés situées à la frontière du Liban, a rapporté le Times of Israël. Cette décision a été approuvée par le ministre de la Défense, Israël Katz, à la suite d'une évaluation menée par le Commandement du Front Intérieur en collaboration avec le chef d'état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Herzi Halevi, poursuit le quotidien israélien.
Le niveau d'activité dans les communautés frontalières du Nord passe ainsi depuis depuis lundi soir d'« activité partielle » à « activité totale », autorisant ainsi les Israéliens déplacés de la zone frontalière à commencer à regagner leurs foyers à partir du 2 mars, précise le Times of Israël. Il y a près de deux mois, le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich et le politicien et membre du Likoud Ze’ev Elkin avaient annoncé, lors d'une conférence de presse, que le retour des résidents du nord d'Israël dans leurs foyers était prévu pour le 1er mars.
Les habitants du nord d'Israël n'avaient pas encore été autorisés à rentrer chez eux depuis octobre 2023 après l’ouverture du « front de soutien » par le Hezbollah, matérialisé par des tirs transfrontaliers quasi-quotidiens. Les médias israéliens avançaient régulièrement le chiffre de 60 000 déplacés de ces communautés frontalières, à qui le gouvernement israélien versait des aides au logement.
« J'ai peur de rentrer »
Les habitants semblent toutefois rechigner à rentrer chez eux, évoquant la peur du Hezbollah et la nécessité de reconstruire les infrastructures. Un reportage réalisé par Yediot Aharonot auprès d'habitants du nord d'Israël et à Metula, sa ville la plus septentrionale, rend compte de cette crainte, alors que l'armée israélienne y reste largement présente. La ville de Metula serait dévastée et incapable d'accueillir à nouveau ses habitants malgré les promesses de financement et de reconstruction, précise le quotidien israélien. « Deux mois et demi se sont écoulés depuis le cessez-le-feu, et personne ne nous a contactés pour nous rassurer. » confie ainsi à Yediot Aharonot une habitante de Kiryat Shmona. « J’ai peur de rentrer. D’un côté, je veux retrouver ma maison, mais de l’autre, je suis terrifiée. J’ai besoin que quelqu’un me dise qu’il est sûr de retourner à Kiryat Shmona. Pour l’instant, rien n’est clair. » confie-t-elle.
Le 23 février au matin, le radiodiffuseur public israélien KAN expliquait que « si les funérailles (de Hassan Nasrallah) se déroulent sans incident de sécurité particulier, les villes situées le long de la ligne du front nord seront déclarées en alerte verte 1, ce qui signifie un retour complet à la normale en termes de sécurité. ». Le jour même, à la suite des funérailles, Benjamin Netanyahu déclarait que l'armée israélienne contrôlerait « des territoires le long de (sa) frontière nord à l'intérieur du Liban et en face de nos villages (...) jusqu'à ce que l'armée libanaise et le gouvernement remplissent toutes leurs obligations en vertu de l'accord », rapportait le média israélien Yediot Aharonot. L'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, entré en vigueur le 27 novembre 2024 suite à 13 mois de conflit, vise en effet, selon ses termes, à « permettre aux civils des deux côtés de la Ligne bleue de retourner en toute sécurité sur leurs terres et dans leurs foyers ». Israël maintient sa présence dans au moins cinq localités stratégiques, du fait de leur altitude, dans le Liban-Sud, arguant ainsi de raisons sécuritaires.
Le 16 septembre 2024, soit la veille de l'explosion des bipeurs piégés ayant fait au moins quarante morts et plus de 2 900 blessés, et une semaine avant le début de l'attaque israélienne d'ampleur sur le Liban, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait annoncé que « le retour en toute sécurité des habitants du nord (du pays) dans leurs maisons » figurait désormais parmi les objectifs de guerre de son gouvernement.



