Rechercher
Rechercher

Économie - Reconstruction

L'UE annonce un demi-milliard d’euros d'aides au Liban « si les critères sont respectés »

La commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, a assuré à Baabda le soutien de la Commission et de l’Union européenne.

L'UE annonce un demi-milliard d’euros d'aides au Liban « si les critères sont respectés »

La commissaire européenne à la Méditerranée Dubravka Šuica, , au palais de Baabda, le 21 février 2025. Photo ANI

Le président Joseph Aoun a reçu vendredi au palais de Baabda la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, qui a annoncé l'octroi « d'un demi-milliard d’euros d’aides (au Liban), si les critères sont respectés, notamment la restructuration du secteur bancaire et un accord avec le Fonds monétaire international ».

Selon les informations obtenues par L’Orient-Le Jour auprès d'une source de la représentation de l'Union européenne (UE) au Liban, cette somme fait partie du milliard d’euros d’aides déjà promis par la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de sa visite au Liban en mai dernier. La moitié de ce budget ayant déjà été débloquée, le demi-milliard annoncé par Mme Šuica vendredi en est la seconde.

Vendredi, la commissaire européenne pour la Méditerranée, Dubravka Suica, a précisé que, sur les fonds alloués, « 500 millions avaient déjà été adoptés en août dernier, et 500 millions supplémentaires seront bientôt débloqués, mais certaines conditions doivent être remplies ».

La responsable européenne a déclaré, depuis le palais présidentiel, que « la commission et l’Union européenne soutiennent le président Joseph Aoun et le nouveau gouvernement ». Elle a assuré que « la réunion était positive et a tourné autour de la transformation politique (au Liban), des réformes attendues, du cessez-le-feu (avec Israël) et du soutien à l’armée libanaise », qui se déploie actuellement aux frontières.

Un nouveau pacte pour la Méditerranée 

Mme Suica a également dit avoir discuté avec Joseph Aoun d'un "nouveau pacte pour la Méditerranée", ce qui signifie, selon elle, que "nous allons entamer des accords globaux de partenariat stratégique bilatéraux avec des pays, dont le Liban".

L'UE cherche à stabiliser le pourtour méditerranéen afin d'éviter d'importants flux migratoires vers l'Europe. Le Liban affirme accueillir environ deux millions de Syriens, soit le plus grand nombre de réfugiés par habitant au monde, et constitue également un point de départ pour les migrants en route vers l'Europe. 

Pour sa part, le président Aoun a salué, durant l’entretien, « l’appui constant de l’Union européenne au Liban ». Il a considéré que « la coopération avec l’UE représente un des fondements du travail commun qui vise à renforcer la stabilité et le développement au Liban », encourageant « les sociétés européennes à revenir investir dans le pays ».

M. Aoun a également réaffirmé la détermination du Liban à lancer le chantier des réformes nécessaires pour la reprise économique et l’instauration d’un État moderne et développé. 

La responsable européenne a également été reçue vendredi par le président du Parlement Nabih Berry en son siège à Aïn el-Tiné. Selon un communiqué publié par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle), l’échange a porté sur les développements au Liban et dans la région, ainsi que les conséquences de la guerre sur le Liban. M. Berry a évoqué avec Mme Šuica le maintien de positions au Liban-Sud par l’armée israélienne, alors que l’accord de cessez-le-feu évoquait un retrait total. Ils ont également abordé les relations entre le Liban et l’UE. 

Le programme d'aides annoncé l'année dernière par Mme Von der Leyen devrait s’étendre jusqu'en 2027, afin de soutenir une série de domaines, notamment « la stabilité sociale et économique », et renforcer les « secteurs essentiels » comme l'éducation, la sécurité sociale et la santé.

Lire aussi

Électeurs au Liban ou de la diaspora ? Il vous reste quelques jours pour vérifier vos coordonnées sur les listes

La cheffe de la Commission européenne avait alors indiqué que l'UE aiderait le Liban à « aller de l'avant avec les réformes économiques, financières et bancaires », qui sont « cruciales ». Des aides devraient également être fournies dans ce programme pour « les forces de sécurité et l'armée », en particulier avec du matériel et des formations qui permettront de « contrôler les frontières ».

Plus de 4000 personnes ont été tuées, et les dommages s'élèvent à plusieurs milliards de dollars après plus de 15 mois d'affrontements, puis de guerre, entre le Hezbollah et Israël, dans un Liban déjà durement touché par plus de cinq ans de crise économique. Selon un rapport de la Banque mondiale qui doit bientôt être finalisé, le montant total des dégâts et des pertes économiques accumulés avoisinerait 14 milliards de dollars, tandis que les besoins de financement pour remettre le pays sur pied s’élèveraient à environ 12 milliards. 

Depuis que le cessez-le-feu entre les deux belligérants est entré en vigueur le 27 novembre dernier, le pays a élu Joseph Aoun à la présidence le 9 janvier dernier, mettant fin à plus de deux ans de vide et promettant de réformer le pays ne profondeur. Le Premier ministre désigné Nawaf Salam a formé son gouvernement un mois plus tard et s'est fixé les mêmes objectifs.

Le président Joseph Aoun a reçu vendredi au palais de Baabda la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, qui a annoncé l'octroi « d'un demi-milliard d’euros d’aides (au Liban), si les critères sont respectés, notamment la restructuration du secteur bancaire et un accord avec le Fonds monétaire international ».Selon les informations obtenues par L’Orient-Le Jour auprès d'une source de la représentation de l'Union européenne (UE) au Liban, cette somme fait partie du milliard d’euros d’aides déjà promis par la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de sa visite au Liban en mai dernier. La moitié de ce budget ayant déjà été débloquée, le demi-milliard annoncé par Mme Šuica vendredi en est la seconde.Vendredi, la commissaire européenne pour la Méditerranée,...
commentaires (1)

Si la reforme du secteur bancaire se limite aux mesurettes cosmetiques prises par le nouveau gouvernement (BDL 158 a 500 $ et BDL 166 a 250$), on n'est pas sorti de l'auberge. Les epargnants attendent des mesures beaucoup plus musclees. Et aussi, de voir quelques crapules bancaires vereuses parmi les plus feroces a l'ombre a Roumieh, par exemple. Faut-il donner des noms ?

Michel Trad

12 h 05, le 22 février 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Si la reforme du secteur bancaire se limite aux mesurettes cosmetiques prises par le nouveau gouvernement (BDL 158 a 500 $ et BDL 166 a 250$), on n'est pas sorti de l'auberge. Les epargnants attendent des mesures beaucoup plus musclees. Et aussi, de voir quelques crapules bancaires vereuses parmi les plus feroces a l'ombre a Roumieh, par exemple. Faut-il donner des noms ?

    Michel Trad

    12 h 05, le 22 février 2025

Retour en haut