Des habitants de retour à Khiam (Liban-Sud), le 27 janvier 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Les gros titres de la presse au Liban ne sont plus depuis dimanche qu’un décompte de tués et de blessés au Liban-Sud. Déterminés à rentrer chez eux en raison de la fin de la période d’application du cessez-le-feu conclu entre le Hezbollah et Israël et entré en vigueur le 27 novembre 2024, au terme d’un conflit de plus de 13 mois, les habitants déplacés depuis autant de temps ont fait abstraction des menaces israéliennes. Car l’armée de l’État hébreu ne s’est pas entièrement retirée et n’a pas hésité à ouvrir le feu sur les villageois rentrant chez eux, faisant depuis dimanche 26 morts et 141 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé.
Le centre des opérations de santé d’urgence du ministère de la Santé publique a confirmé que les décès étaient dus à « des attaques de l’ennemi israélien pendant la tentative de retour des citoyens dans leurs villes, qui restent occupées ». L’armée israélienne a elle déclaré dans un communiqué avoir seulement « tiré des coups de semonce pour éliminer des menaces ». Parmi les blessés, l’on compte des femmes, des enfants ou encore un secouriste ; parmi les tués, un soldat libanais, un secouriste également, mais aussi une mère et un père abattus devant leurs enfants.
Une mère de famille tuée à Markaba
Originaire de Markaba, dans le caza de Marjeyoun, Tamara Chehimi, la quarantaine, a tenté de rentrer dans son village dimanche avec sa fille et son fils, tous deux dans la vingtaine, en brandissant un drapeau du Hezbollah.
صورة تظهر شهيدة بلدة مركبا تمارا شحيمي التي سقطت اليوم برصاص العدو وبجانبها ابنها الذي جرح وتم اسره وابنتها بمقدمة الصورة pic.twitter.com/VGKou9jDTs
— مصدر مسؤول (@fouadkhreiss) January 26, 2025
Elle a été tuée par balles par les forces israéliennes qui ne s’étaient pas retirées du village.
بلدة مركبا تزف الشهيدة تمارا شحيمي pic.twitter.com/sQ3EJRNjgv
— نور سلامة .. (@SalameNour_ange) January 26, 2025
Un chef scout de 23 ans tué à Blida
Dans la plupart de ses photos sur les réseaux sociaux, Hussein Daher, 23 ans, est vu plissant les yeux à cause du soleil tout en dirigeant de jeunes garçons scouts de l’Association des scouts d’al-Rissala, affiliée au mouvement Amal.
Selon la publication d’un de ses amis sur X, Hussein était membre du commandement du régiment de cette association à Wadi el-Zeina, près de Saïda. Il était responsable de l’organisation d’événements religieux, d’activités pour les jeunes, de la formation des scouts et de la supervision des excursions de camping.
عضو قيادة فوج وادي الزينة القائد حسين محمد ضاهر شهيد الغدر الصهيوني في بلدة بليدا💚 pic.twitter.com/GNr7jWCn8G
— Mohamad Trad (@mohamad_trad88) January 26, 2025
Il a été tué dimanche à l’aube par les forces israéliennes à Blida (Marjeyoun) alors qu’il tentait d’y revenir, accompagné de dizaines d’habitants.
Un sergent de l’armée libanaise tué sur la route Marwahine-Dhaïra
L’armée libanaise a pleuré la perte du sergent Mohammad Youssef Zahour, un soldat de 38 ans originaire de la ville de Yohmor (Nabatiyé). Dans un communiqué, l’armée l’a décrit comme étant « plus qu’un soldat ». C’était « un mari dévoué » et « le père fier » de deux jeunes enfants. Tout au long de sa carrière militaire, Mohammad a reçu de nombreuses médailles et distinctions pour son service exceptionnel, « un témoignage de son dévouement et de son courage », a-t-elle ajouté.
Lebanese Army soldier Mohammad Youssef Zahour, who was martyred (today) on the Marouhin-Dhuhayrah road, while securing the entry of the people of the south into their border villages.
— Hala Jaber (@HalaJaber) January 26, 2025
Via @xpmov https://t.co/PLq3REnzhe
Il a été tué par des tirs israéliens dimanche sur la route Marwahine-Dhaira (Tyr) alors qu’il aidait les habitants du Sud à revenir dans leurs villages.
Une déplacée tuée en route vers Meis el-Jabal
Nour Karout, comme rapporté par le journaliste Dia’ Abou Taam sur la chaîne de télévision al-Manar et partagé sur Facebook, était une « femme remarquable ». Dans une publication sur le réseau social Facebook, Dia’ Abou Taam a rappelé avoir rencontré Nour il y a quelques mois pendant la guerre, lorsqu’elle avait été déplacée avec sa famille de leur village de Meis el-Jabal (Marjeyoun) et s’était réfugiée dans une école accueillant des civils déplacés. Malgré les difficultés, Nour « irradiait de la force et de l’espoir », a décrit le journaliste.
Elle a joué « un rôle actif dans l’organisation d’un événement célébrant 56 filles déplacées et était active au sein du refuge. Malgré les épreuves, Nour souriait chaleureusement, parlant passionnément du rôle des femmes dans la diffusion du message de foi et dans leur résilience face à l’adversité ».
Un père de famille tué à Aïtaroun
La famille de Moussa Alawiyé est entrée dans son village de Aïtaroun (Bint Jbeil) pour vérifier l’état de sa maison, espérant y retourner. Dimanche matin, alors qu’ils y circulaient, ils se sont retrouvés face à face avec un soldat israélien, comme l’a démontré une vidéo circulant sur les réseaux sociaux filmée par l’un des enfants de Moussa qui était assis sur le siège arrière.
Sur la vidéo, l’on entend son jeune fils supplier : « Arrête, arrête, arrête, papa », tandis que Moussa tente de faire marche arrière avec la voiture. Le bruit de tirs lourds suit, puis les cris glaçants du fils appelant « papa », après que son père vient d’être abattu devant lui.





J'imagine le scandale, si les Libanais tiraient sur les Israéliens eu nord rentrant chez eux ! Il est vrai que ces Libanais-là qu'ils auraient rêvé d'exterminer ne sont pas juifs.
19 h 12, le 28 janvier 2025