Rechercher
Rechercher

Société - Liban-Sud

Des habitants empêchés d’accéder à leurs villages, l’armée libanaise poursuit son déploiement

Des tirs israéliens ont fait lundi deux morts et dix-sept blessés parmi des civils.

Des habitants empêchés d’accéder à leurs villages, l’armée libanaise poursuit son déploiement

Des villageois sur les décombres d’une habitation détruite à Aïta el-Chaab (Bint Jbeil), le 26 janvier 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour

Après une journée sanglante la veille au Liban-Sud, le mercure est remonté à la frontière entre Israël et le Liban lundi. L’armée israélienne a tué deux personnes et en a blessé dix-sept autres qui essayaient de regagner leurs villages. Aucun de ces villageois n’aurait réussi à entrer dans ces régions où l’armée israélienne est toujours stationnée, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Le gouvernement libanais, lui, a dit lundi accepter de proroger la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu avec Israël jusqu’au 18 février, après une médiation américaine, Tel-Aviv n’ayant pas respecté la date limite du 26 janvier pour retirer ses troupes du sud du pays. 

Tentatives de retour dans les villages frontaliers

L’armée libanaise a confirmé lundi en soirée s’être déployée dans la localité de Deir Mimas (Marjeyoun) « à la suite du retrait de l’armée israélienne et en coordination avec le comité de surveillance de l’accord de cessez-le-feu ». Le président du conseil municipal de Marwahine (Tyr), Mohammad Ghannam, a indiqué pour sa part à L’Orient-Le Jour que l’armée libanaise est entrée dans l’après-midi dans la localité, malgré la présence des Israéliens dans le secteur voisin de Jabal Blat.

La troupe a par ailleurs lancé plusieurs tentatives vaines pour entrer et se déployer à Meis el-Jabal (Marjeyoun) selon notre correspondant. L’armée israélienne a en effet maintenu ses positions à l’entrée ouest de la localité, en face de la position des forces de l’ONU (Finul) à Mfeylha, tirant en direction de toute personne se rapprochant du barrage de sable qu’elle a récemment érigé. L’armée libanaise avait pourtant été informée dans la matinée du retrait de l’armée israélienne.

À Bani Hayane, un drone israélien a lancé une bombe près de soldats de l’armée libanaise et des véhicules de la municipalité de la localité. Selon notre correspondant, l’armée israélienne a également ouvert le feu sur l’armée libanaise stationnée à l’ouest de la localité de Meis el-Jabal, sans faire de blessé. L’armée libanaise n’a pas fait de commentaire pour l’instant.

Lire aussi

À Aïta el-Chaab, le retour coûte que coûte

Lundi, en matinée, « les municipalités et les habitants » de la région, qui est majoritairement sous l’influence du tandem chiite Amal et Hezbollah, avaient appelé la population à se rendre massivement vers les régions frontalières suivantes où l’armée israélienne est toujours présente, à savoir : Marwahine (Tyr), Maroun el-Ras, Yaroun (Bint Jbeil), Kfar Kila, Adaïssé , Rab el-Thalatine (Marjeyoun), Markaba, Houla, Meïs el-Jabal, Blida, Wazzani (Marjeyoun) et Aïtaroun (Bint Jbeil).

Mais à l’instar de la journée de dimanche, l’armée israélienne a de nouveau tiré sur des habitants qui tentaient de se rendre dans leurs villages encore occupés, faisant au moins deux tués et dix-sept blessés, dont un enfant et un secouriste des scouts al-Rissala affiliés au mouvement Amal. Selon un bilan du ministère de la Santé, une personne a été tuée et trois ont été blessées à Adaïssé, tandis que deux blessés ont été signalés à Bourj el-Moulouk (Marjeyoun). Six blessés ont été signalés à Houla, trois autres personnes ont été blessées à Markaba, un blessé a été signalé à Yaroun, tandis qu’un mort et deux blessés ont été rapportés à Bani Hayane.

Dans le caza de Marjeyoun, à Houla, des habitants qui tentaient de rentrer chez eux n’ont pas pu avancer de plus de dix mètres, alors que l’armée libanaise devait se déployer dans le village. À Meis el-Jabal, certains ont réussi à atteindre la périphérie ouest du village. À Yarine, quelques personnes sont entrées à pied, mais ont dû rebrousser chemin. Des habitants de Wazzani, tentant de rentrer, ont dû se réfugier dans le village voisin de Aïn Arab. Quant à ceux de Markaba, Bani Hayane et Kfar Kila, ils ont dû rester à Bourj el-Moulouk.

Dans le caza de Bint Jbeil, les habitants de Rab el-Thalatine et Maroun el-Ras n’ont pas pu regagner leurs villages. Des habitants de Aïtaroun, d’où l’armée israélienne était supposée se retirer lundi matin, ont également essuyé des tirs israéliens en tentant de s’approcher du barrage de sable à l’entrée de leur village. Une situation similaire s’est produite à l’entrée de Dhaïra, dans le caza de Tyr. 

Dimanche soir, un certain nombre d’habitants de Yaroun et de Maroun el-Ras ont passé la nuit à l’entrée du village. Les habitants déplacés de Kfarchouba (Hasbaya) ont annoncé lundi leur intention de rentrer chez eux aujourd’hui, tandis que les habitants de Khiam (Marjeyoun) ont pris la route pour rentrer chez eux aujourd’hui, pour la deuxième journée consécutive, selon notre correspondant. Dimanche également, deux grosses explosions ont été entendues à Kfar Kila (Marjeyoun) aux alentours de 22 heures. Selon notre correspondant, il s’agirait de dynamitages menés par l’armée israélienne qui ratissait les quartiers et les habitations.

Mises en garde

Dans ce contexte, le Premier ministre Nagib Mikati a annoncé lundi accepter de proroger l’accord de cessez-le-feu jusqu’au 18 février, après une médiation américaine. « À la demande du gouvernement libanais, les États-Unis entameront des négociations pour rapatrier les détenus libanais dans les prisons israéliennes qui ont été détenus par Israël après le 7 octobre (2023) », a-t-il ajouté. Cette clause n’était pas incluse dans l’accord initial entré en vigueur le 27 novembre. Une source proche du Hezbollah a indiqué lundi à l’AFP que sept combattants de la formation pro-iranienne avaient été faits prisonniers par l’armée israélienne.

Celle-ci a annoncé pour sa part qu’elle s’était redéployée dans plusieurs endroits du Liban-Sud « conformément à l’accord de cessez-le-feu », afin de « permettre le déploiement progressif et efficace des forces armées libanaises » et « le démantèlement des infrastructures du Hezbollah », tout en précisant qu’elle avait retardé son retrait pour achever cette opération.

Elle accuse le Hezbollah de tenter, « par l’intermédiaire de ses porte-paroles, de refaire monter la tension dans la région » et estime que le parti chiite est le seul responsable des destructions dans cette partie du pays. « Dans un avenir proche, nous maintiendrons cette approche et vous informerons des endroits où vous pourrez revenir », a ajouté le porte-parole, appelant à respecter les interdictions « publiées précédemment ».

Après une journée sanglante la veille au Liban-Sud, le mercure est remonté à la frontière entre Israël et le Liban lundi. L’armée israélienne a tué deux personnes et en a blessé dix-sept autres qui essayaient de regagner leurs villages. Aucun de ces villageois n’aurait réussi à entrer dans ces régions où l’armée israélienne est toujours stationnée, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah. Le gouvernement libanais, lui, a dit lundi accepter de proroger la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu avec Israël jusqu’au 18 février, après une médiation américaine, Tel-Aviv n’ayant pas respecté la date limite du 26 janvier pour retirer ses troupes du sud du pays. Tentatives de retour dans les villages frontaliersL’armée libanaise a confirmé lundi en soirée s’être déployée...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut