Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, lors d'un dîner du parti à Meerab. Photo ANI
Le chef des Forces Libanaises (FL), Samir Geagea, a tenu lundi le gouvernement démissionnaire de Nagib Mikati, ainsi que le camp de la Moumanaa (soit le Hezbollah et ses alliés ), responsables des événements « tragiques » survenus dimanche au Liban-Sud.
Malgré la décision israélienne de rester au Liban-Sud après l’expiration du délai initial de 60 jours pour le retrait de son armée fixé par l’accord de cessez-le-feu du 26 novembre entre le Hezbollah et Israël, avant l'annonce de l'extension de 22 jours officialisée dans la nuit de dimanche à lundi, de nombreux Libanais ont décidé dimanche de passer outre aux injonctions de Tel-Aviv leur interdisant de rentrer dans les villages frontaliers. Au moins 22 personnes ont été tuées (dont un soldat de l’armée libanaise) et 125 blessées par des tirs israéliens ce jour-là.
Or si l'armée libanaise, qui poursuit son déploiement dans le sud du pays, a tenté de contenir la situation, les deux partis composant le tandem chiite - Hezbollah et Amal - ont publiquement soutenu, voire encouragé la démarche des habitants du Liban-Sud. Le Premier ministre sortant Nagib Mikati a également abondé dans ce sens, tandis que son gouvernement est resté en retrait.
« Une fois de plus, le gouvernement actuel démontre son absence totale, tandis que le camp de la « Moumanaa » prouve qu’elle ne prête aucune importance à la vie des citoyens », s'est insurgé Samir Geagea dans un entretien avec le quotidien Nidaa el-Watan.
« Détourner l'attention »
Pour le leader maronite , « il incombait au gouvernement actuel, en vertu même de ses responsabilités, de tenir informés les habitants des villages et localités des zones que l’armée israélienne prévoit d’évacuer et de celles qu’elle compte maintenir sous son contrôle. Au lieu de cela, il a laissé certains partis tirer profit de la situation à des fins partisanes, avec pour conséquence un bilan tragique ».
Aux yeux du chef de file du parti chrétien, qui compte parmi les principaux opposants au Hezbollah, ce dernier « n’hésite pas à orchestrer quotidiennement des événements visant à détourner l’attention des tragédies qu’il a provoquées, qu’il s’agisse de pertes humaines ou matérielles, dans le but de maintenir une présence médiatique trompeuse ».
« Ce gouvernement, qui reste responsable en attendant (qu'un nouveau soit formé par le Premier ministre désigné Nawaf Salam) soit pleinement opérationnel, aurait dû ordonner à l’armée libanaise d’organiser l’entrée des citoyens dans les villages sécurisés et de lui donner des instructions claires pour interdire l’accès aux zones encore occupées par l’armée israélienne. La vie des citoyens relève de la responsabilité du gouvernement libanais, non d’Israël », a-t-il ajouté.
Le chef des FL a accusé le camp de la Moumanaa d'« exploiter ce vide » ce qui a poussé « les citoyens vers un danger certain, sans se soucier de ceux qui seraient tués ou blessés », le qualifiant d' « imprudent »pour avoir « envoyé plus de vingt citoyens à une mort certaine ». Pour Samir Geagea, il « est impératif que le gouvernement actuel reprenne le contrôle pour protéger les citoyens et organiser leur retour là où cela est possible, tout en se tenant fermement contre les partis qui les poussent à la mort ».
Il a enfin appelé le gouvernement à communiquer avec les pays garants de l’accord de cessez-le-feu, notamment les États-Unis et la France, « pour discuter des conditions de retrait ». « Il n’y a que l’armée, le peuple et l’État. Certains tentent de tirer profit de la période précédant la formation du nouveau gouvernement pour ressasser des équations du passé qui n’ont plus leur place dans cette nouvelle phase pleine de promesses qui se prépare pour le Liban », a-t-il conclu.
Le gouvernement de Nagib Mikati est démissionnaire depuis les élections législatives de mai 2022. Il doit être remplacé par celui que doit former Nawaf Salam, peut-être ces prochains jours. L'ancien juge de la cour de justice internationale a été nommé dans les jours qui ont suivi l'élection de Joseph Aoun à la présidence libanaise, laquelle a mis fin à à plus de deux ans de vide.




"Le chef des FL a accusé le camp de la Moumanaa" d’avoir "poussé les citoyens vers un danger certain, sans se soucier de ceux qui seraient tués ou blessés », le qualifiant d' « imprudent »pour avoir « envoyé plus de vingt citoyens à une mort certaine ». Je le trouve bien indulgent. Les victimes n’étaient pas accidentelles, mais parfaitement prévues au programme, et le terme "imprudent" est bien faible. "criminel" serait plus adéquat.
19 h 22, le 28 janvier 2025