Une femme regarde des photos d’otages enlevés lors de l’attaque du 7 octobre 2023, sur la place dite des « Otages », à la suite d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, à Tel Aviv, Israël, le 20 janvier 2025. REUTERS/Nir Elias.
Après deux ans de guerre, Israël et le Hamas se sont entendus tôt jeudi sur un cessez-le-feu à Gaza dans le cadre du plan de Donald Trump visant à établir une paix « durable » dans la région. Dans un message sur son réseau Truth Social, le président américain s'est dit « fier d'annoncer qu'Israël et le Hamas ont tous deux accepté la première phase » de son plan de paix pour Gaza, dans le cadre de pourparlers indirects en Egypte. « Cela veut dire que TOUS les otages seront libérés très prochainement », a notamment indiqué le président américain. Selon une source au sein du Hamas, les otages israéliens vivants, seront libérés contre près de 2.000 détenus palestiniens.
Les familles d'otages n'ont eu de cesse, durant ces deux dernières années, de critiquer le gouvernement Netanyahu, le plus à droite de l'histoire d'Israël, pour avoir « sacrifié » les otages sur l'autel de l'autre objectif affiché de la guerre contre Gaza, « la destruction du Hamas », voire en raison de considérations purement politiques de la part du Premier ministre, régulièrement accusé de « fuite en avant ».
Le mouvement islamiste s'était jusqu'alors refusé de libérer tous les otages restants d'un seul tenant sans garantie d'une fin de la guerre, bien que deux cessez-le-feu, en novembre 2023 et en février 2025, aient permis de libérer 143 otages. Des cas isolés ont permis d'en libérer d'autres, tandis que des dizaines ont été récupérés morts au cours de l'offensive israélienne.
À noter que trois otages étaient retenus dans l'enclave depuis déjà dix ans, ce qui explique le chiffre de 255 otages à Gaza depuis le 7-Octobre avancé par certains médias.
L’Orient-Le Jour revient sur le bilan, entre personnes libérées, tuées, ou retournées en Israël vivantes ou mortes.
Otages encore présents et présumés morts
Quarante-sept captifs du 7-Octobre se trouvent encore dans la bande de Gaza, dont 25 seraient morts selon l'armée israélienne.
La dépouille mortelle de l'otage israélien, Hadan Goldin, capturé et tué pendant la guerre de 2014, se trouve elle aussi encore dans l'enclave.
Selon le plan Trump, une fois l’accord conclu, le Hamas aurait 72 heures pour remettre les 20 otages vivants et les restes de 28 otages décédés. En échange, Israël libérerait 250 prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité «pour meurtre d’Israéliens», ainsi que 1 700 Palestiniens détenus à Gaza depuis le 7-Octobre.
148 captifs remis par le Hamas, dont huit morts
Parmi les 148 otages remis directement par le mouvement Hamas et ses alliés locaux comme le Jihad islamique, huit ont été rendus morts.
Cent cinq l’ont été durant la semaine de cessez-le-feu du 24 au 30 novembre 2023, sept semaines après le déclenchement du conflit. Des tractations intenses quotidiennes avaient permis de mettre en œuvre l’accord selon lequel un otage israélien devait être libéré (à ce moment, seulement des femmes et des enfants) contre trois détenus palestiniens. C’est ainsi que 240 Palestiniens ont été libérés, et 81 otages israéliens ou binationaux. Par ailleurs, 23 Thaïlandais avaient été libérés en dehors de ce cadre, ainsi qu'un Philippin.
Avant cette semaine de cessez-le-feu, quatre otages avaient été libérés pour des raisons humanitaires : deux Américaines le 20 octobre, et deux femmes âgées le 23 octobre.
Trente-huit otages avaient été quant à eux libérés dans le cadre du deuxième accord de cessez-le-feu signé fin janvier, et rompu unilatéralement par Israël courant mars, en échange de quelque 1.800 détenus palestiniens. 33 captifs israéliens femmes, enfants et hommes malades ou âgés de plus de 50 ans (en échange de centaines de prisonniers palestiniens)- dont huit décédés avaient été restitués à Israël, lors de neuf échanges d'otages contre des prisonniers palestiniens. Parmi eux figurent les enfants Bibas, Kir (2 ans) et Ariel (5 ans), et leur mère, Shiri (32 ans). Le père, Yarden Bibas, avait quant à lui été libéré vivant le 1er février.
Durant ce cessez-le-feu, cinq otages thaïlandais avaient été libérés, hors du cadre de l'accord (et ne nécessitant pas ainsi la libération de prisonniers palestiniens en échange). Fait notable, deux des captifs qui ont été libérés étaient retenus dans l’enclave palestinienne depuis déjà dix ans : Abera Mengistu, d’origine éthiopienne, et Hicham el-Sayed, citoyen arabe d’Israël d’origine bédouine, capturés respectivement en 2014 et 2015, après être entrés de leur propre chef à Gaza.
Le 12 mai, l'otage israélo-américain Edan Alexander avait été libéré, avant le début d'une tournée au Moyen-Orient du président américain Donald Trump.
8 otages vivants récupérés au cours d'opérations militaires
Huit otages seulement ont été sauvés par l’armée israélienne dans l’enclave de Gaza, dans quatre opérations distinctes, tandis que le gouvernement israélien n’a eu de cesse de prêcher une libération des otages, instamment demandée par une partie de la rue israélienne, par la force.
Ainsi, une soldate israélienne a été libérée le 30 octobre 2023 ; deux personnes âgées de 70 ans ont été libérées à Rafah le 12 février (dans une opération ayant touché 14 maisons et trois mosquées et tué plus de 100 personnes selon le ministère de la Santé du Hamas) ; quatre captifs ont été libérés du camp de réfugiés de Nousseirat le 8 juin (dans une opération ayant tué 274 Palestiniens, parmi lesquels plus de 60 enfants, selon le même ministère ) ; et enfin un membre de la minorité bédouine d’Israël, Farhan al-Qadi, avait été retrouvé le 27 août dans un tunnel du sud de la bande de Gaza.
51 otages récupérés morts
Hors des deux accords de cessez-le-feu, 51 dépouilles mortelles d'anciens otages ont été récupérées par l'armée israélienne dans la bande de Gaza. Lorsque le Hamas attribue fréquemment la mort des otages aux bombardements aveugles israéliens dans les zones civiles, l'État hébreu se défend en accusant les membres du Hamas de tuer les otages avant que l’armée israélienne ne puisse les libérer. Ces accusations réciproques ont été particulièrement audibles lorsque l’armée israélienne a retrouvé le corps de six otages dans un tunnel le 31 août.
Le 3 janvier, l’armée israélienne a confirmé la mort d’un otage, Sahar Baruch, 25 ans, lors d’une opération de sauvetage le 8 décembre, reconnaissant elle-même qu’il a pu être tué par des tirs israéliens, ce dont le Hamas l’accusait dès le 9 décembre.
Le cas le plus médiatisé a été le meurtre de trois otages par l’armée israélienne « par erreur » le 15 décembre, alors qu’ils étaient en fuite et que l’un d’eux demandait explicitement l’aide d’un groupe de soldats de son armée, présent dans le quartier de Choujaiya à Gaza-ville. Entendant des cris en hébreu, l’armée israélienne avait dit avoir pensé qu’il s’agissait d’une « ruse » du Hamas.
Cet article a été mis à jour le 9 octobre 2025, à 4h, heure de Beyrouth.




Ou en est-on ?? On en est qu'il y a eu 47 000 morts et qu’Israël négocie maintenant avec le Hamas pour récupérer ses otages.
10 h 56, le 31 janvier 2025