L'un des halls de l'Aéroport international de Beyrouth. Photo d'illustration Mohammad Yassine/L'OLJ
Le ministre libanais sortant de l'Intérieur, Bassam Maoulaoui, a confirmé lundi que l'arrestation de membres de la famille Assad la semaine dernière à l'Aéroport international de Beyrouth (AIB) est bien reliée à « une affaire de faux passeports », comme l'avaient rapporté de nombreux médias locaux au cours du week-end. « La Sûreté générale (SG) au Liban applique la loi et ce dossier a été transféré à la justice », a indiqué M. Maoulaoui, à l'issue d'une rencontre avec le chef de l'Eglise maronite, Béchara Raï, à Bkerké.
La femme et la fille de Doreid el-Assad, un cousin du président syrien déchu Bachar el-Assad, ont été arrêtées à l'AIB alors qu'elles tentaient de voyager avec de faux passeports, avait confirmé à L'Orient-Le Jour une source à la Sûreté générale qui n'a pas précisé la date exacte de leur arrestation.
L'épouse et la fille de Doreid el-Assad seraient entrées illégalement au Liban parce que leurs passeports avaient expiré, moyennant de grosses sommes d'argent. Elles auraient ensuite récupéré leurs faux documents à Beyrouth, avant de tenter de s'envoler pour Le Caire, selon le média al-Modon.
Doreid el-Assad, qui n'est autre que le fils de Rifaat el-Assad, frère de l'ancien président Hafez el-Assad, a pour sa part été autorisé à voyager car il était muni d'un passeport valide, indique la SG, qui ne précise pas sa destination. Selon certains médias, la famille comptait se rendre au Caire. Des sources de sécurité libanaises citées par les agences Associated Press et Reuters, indiquent que Rifaat el-Assad aurait quant à lui pris un avion à l'AIB la veille de l'arrestation des deux femmes, en utilisant son vrai passeport. Il se serait rendu à Dubaï, selon Reuters.
M. Maoulaoui avait déjà affirmé que le Liban arrêterait toute personne faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international, ce qui n'est pas le cas de l'épouse et de la fille de Doreid el-Assad.
Contactée par L'Orient-Le Jour, une source judiciaire haut placée qui a requis l'anonymat a indiqué que l'avocat général près la cour d'appel du Mont-Liban, Raed Abou Chacra, a été saisi après l'arrestation des deux femmes à l'AIB. Ce dernier a procédé aux premières investigations avant que le dossier ne soit déféré devant le procureur général près la cour de cassation, Jamal Hajjar. Les deux femmes sont donc toujours arrêtées, contrairement à des rumeurs, durant le week-end, qui évoquaient leur libération à la suite de pressions qui auraient été exercées par le Hezbollah.
L'ambassade de Syrie fermée « jusqu'à nouvel ordre »
Les répercussions de cette affaire ont notamment touché l'ambassade de Syrie à Beyrouth qui avait annoncé samedi la suspension de ses activités consulaires jusqu'à nouvel ordre. Une décision qui serait liée au fait que les faux passeports pourraient avoir été délivrés par le consulat syrien à Beyrouth, ce qui a suscité la colère du nouveau régime en Syrie, selon le site d'informations al-Modon.
La diplomatie syrienne a décidé de suspendre le travail dans le consulat de Beyrouth, et a ouvert une enquête pour déterminer l'identité de ceux qui ont aidé les deux femmes. Le ministère syrien des Affaires étrangères essaie également de savoir si l'ambassade à Beyrouth a aidé d'autres membres de la famille Assad à se procurer de faux passeports, indique le site.
Selon les informations du site al-Nashra, l'ambassade de Syrie à Beyrouth n'a délivré aucun passeport depuis le 8 décembre. Elle a également annoncé, il y a deux jours sur sa page Facebook, qu'elle n'était pas en mesure de délivrer des passeports en raison des dommages subis par le système central de délivrance des passeports à Damas. Le 8 décembre, jour de la chute du régime Assad, l'ambassade de Syrie avait écrit sur le réseau social qu'elle suspendait temporairement la réception des « demandes urgentes de renouvellement de passeport » jusqu'à la remise en état du système centralisé à Damas.
« Pas nécessairement des soldats syriens »
Concernant les arrivées de clandestins syriens qui se sont multipliées depuis la chute du régime, Bassam Maoulaoui a expliqué lundi que « tous ceux qui traversent de la Syrie vers le Liban ne sont pas nécessairement des soldats de l'armée syrienne ». « La SG suit ce dossier », a ajouté le ministre, à l'heure où des véhicules transportant des Syriens entrés illégalement ont été appréhendés ces derniers jours par des civils. « Ceux qui entrent au Liban de manière illégale sont arrêtés par l'armée, en coopération avec l'ensemble des services sécuritaires. Ceux-là sont arrêtés et remis à la SG qui prend les mesures nécessaires », a-t-il ajouté.
Dans la nuit de samedi à dimanche, des habitants ont arrêté plusieurs passagers qui se trouvaient à bord d'un bus traversant le quartier de Bab el-Tebbané, à Tripoli au Liban-Nord. Selon certaines sources, les personnes appréhendées, aussitôt remises à l'armée, étaient des soldats syriens du régime Assad déchu, d'autres des civils. Un incident similaire est survenu dimanche soir dans le village de Mechmech, dans le Akkar, lorsque des habitants ont entravé la voie à un minibus qu’ils ont jugé suspect. Il s’est avéré que son chauffeur est Libanais et qu’il transportait 13 ressortissants syriens entrés illégalement en territoire libanais par l'un des passages clandestins dans le nord-est de la Syrie.
Par ailleurs, « de nombreux membres » de la famille Assad se seraient rendus dernièrement à Dubaï depuis Beyrouth et d'autres seraient restés au Liban depuis que le régime a été renversé, selon des responsables libanais cités par Reuters. Les autorités libanaises n'ont pas reçu de demandes d'Interpol pour les arrêter, y compris Rifaat el-Assad, ont indiqué les responsables.




quelle blague...tout les gros bonnets ont payes des bakhchich et ont disparu dans la nature....yalla jolani, viens nous debarasser de nos corrompus....tous, tous, tous
09 h 52, le 31 décembre 2024