Des soldats de l'armée libanaise utilisent un véhicule militaire pour bloquer une route dans la région de Marjeyoun au Liban-Sud, le 28 novembre 2024, au lendemain de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Photo AFP
Une foule d'habitants ont arrêté dans la nuit de samedi à dimanche plusieurs passagers qui se trouvaient à bord d'un bus traversant le quartier de Bab el-Tebbané, à Tripoli au Liban-Nord. Selon certaines sources, les personnes appréhendées, aussitôt remises à l'armée, étaient des soldats syriens du régime Assad déchu, d'autres des civils. L'incident est survenu aux alentours de minuit, près du pont Abou Ali à Tripoli, a rapporté notre correspondant dans le nord, Michel Hallak. Un incident similaire est survenu dimanche à Mechmech, dans le Akkar.
Bab el-Tebbané est un quartier à majorité sunnite qui s'était retrouvé entre 2011 et 2014, au début de la guerre en Syrie, au cœur d'affrontements avec les habitants du quartier voisin de Jabal Mohsen, à majorité alaouite et allié à l'ancien régime de Damas.
Selon les informations de notre correspondant et des vidéos de l'incident, une dizaines de jeunes ont arrêté le bus et fait descendre plusieurs passagers, identifiés comme des « soldats déserteurs » et les ont « durement malmenés » avant de les remettre à l'armée libanaise. Il s'agirait de soldats de la quatrième division — dirigée par le frère de Bachar el-Assad, Maher, fer de lance de la répression de la révolution de 2011 — qui seraient entrés illégalement au Liban par la frontière-nord et étaient en route vers Beyrouth.
Liesse à Bab el-Tebbané
L'armée n'a pas répondu à nos sollicitations dans l'immédiat, mais une source de sécurité a affirmé « que le dossier est en cours ». « Pour l'instant, les premiers éléments ont montré que les civils sont bien entrés clandestinement au Liban », a-t-elle ajouté, sans plus de détails sur leur identité ou sur les suites de leur arrestation.
Après l'incident, Bab el-Tebbané et ses environs sont entrés en liesse et une marche a été organisée au cours de laquelle les habitants ont scandé des slogans de soutien à la révolution syrienne, conspuant le régime syrien déchu et affirmant leur volonté d'arrêter tous les soldats qui ont fui en direction du Liban, selon notre correspondant. Toujours au Liban-Nord, à Minié, des jeunes ont arrêté un soldat syrien du régime Assad et l'ont remis à l'armée.
Des dizaines de personnes arrêtées dans le Akkar
Un incident similaire est survenu dimanche soir dans le village de Mechmech, dans le Akkar, lorsque des habitants ont entravé la voie à un minibus qu’ils ont jugé suspect, selon notre correspondant. Il s’est avéré que son chauffeur est Libanais et qu’il transportait 13 ressortissants syriens entrés illégalement en territoire libanais par un des passages clandestins dans le nord-est de la Syrie. Le minibus se dirigeait apparemment vers Beyrouth. Selon notre correspondant, il n’était pas clair s’il y avait dans le groupe des anciens soldats et/ou officiers du régime syrien déchu. Le groupe a été remis à l’armée libanaise.
De leur côté, les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont annoncé avoir arrêté 25 Syriens « entrés illégalement au Liban » à Halba, dans le Akkar au Liban-Nord. Ils se trouvaient dans deux camionnettes, dont les conducteurs ont également été appréhendés. À l'entrée nord de Tripoli, l'armée a encore arrêté d'autres Syriens clandestins, selon les informations de notre correspondant, certaines des personnes arrêtées étant « des membres de l'armée du régime Assad ».
Samedi, les FSI avaient annoncé dans un communiqué avoir intercepté un camion transportant des dizaines d'individus entrées clandestinement au Liban au niveau du secteur de Berbara, près de la ville de Jbeil, entre Beyrouth et Tripoli. Ils avaient ensuite été remis aux autorités syriennes, via le poste-frontière de Arida au Liban-Nord. Il s'agissait de la première coopération sécuritaire entre le Liban et les nouvelles autorités syriennes. Certains d'entre eux étaient des soldats et officiers, selon notre correspondant.


MIAS OU EST LE CONTROLE DE L ARMEE?
09 h 09, le 30 décembre 2024