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Culture - Scènes

Beyrouth ville fatale ? La réponse théâtrale de Marwan Zalloum

« Beyrouth, ville fatale » est la première pièce du jeune dramaturge libanais. Après le théâtre du temps, elle est déjà programmée sur une année, pour rencontrer un public friand de découvrir la capitale libanaise et son âme.

Beyrouth ville fatale ? La réponse théâtrale de Marwan Zalloum

Maya, la chanteuse et danseuse du port, campée par Tracy Bedran. Photo Lara Karam

Depuis le 3 décembre et jusqu’au 8 décembre, puis les 17 et 24 janvier 2025, le théâtre du Temps à Paris, espace confidentiel et intimiste à souhait, accueille sur ses planches la première pièce du scénariste Marwan Zalloum, Beyrouth, ville fatale. À la sortie de cette pièce originale qui traverse l’histoire libanaise de 1860 à 2024, le public, en majorité très jeune, est enchanté et exprime vivement son émotion. « Si vous êtes là, alors ce genre de récit mérite d’exister », lance le jeune auteur, ému. « J’ai apprécié la sincérité et la générosité des comédiens, leur engagement sur scène est touchant », confie une spectatrice.

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« Je suis le témoin immortel d’une ville qui refuse de mourir », assène le protagoniste de la pièce, un vampire, témoin médusé de l’histoire tumultueuse de Beyrouth. Le parcours est organisé sous forme de tableaux qui correspondent à des moments-clés : la Grande Famine, l’Empire ottoman, le protectorat, la guerre civile et les explosions au port. Le didactisme du découpage historique est contrebalancé par la fulgurance de scènes elliptiques qui font revivre les différentes époques saisies au vol, à travers le langage, les vêtements, les objets, la gestuelle. En contrepoint, des séquences chantées et dansées. Les personnages les plus improbables se côtoient, Maya, la chanteuse et danseuse du port, mais aussi le général Gouraud, un jeune patriote convaincu, qui va de désillusion en désillusion, le milicien ivre de vengeance, le jeune émigré fringant…

Marwan Zalloum, qui a écrit et mis en scène la pièce, assisté par Marya Saadé, est entouré sur scène de sa troupe, avec Tracy Bedran, Antoine Grenier, Michael Asmar et Hicham Hamdaoui. La galerie de portraits qui se dessine sous nos yeux flirte avec les tragédies et la mort, omniprésente, tout en suggérant le magnétisme d’une ville insaisissable.

De gauche à droite et de haut en bas : Antoine Grenier, Hicham Hamdaoui (qui tient deux rôles), Michael Asmar (deux rôles) et Tracy Bedran. Photo Marzalwithyou

 « En gros, on est connus pour la bonne bouffe et la guerre »

Sous les yeux des spectateurs, les transformations identitaires de la ville de Beyrouth, qui passe de la mode ottomane à celle de Paris, alors que les personnages s’interrogent sur l’essence de l’identité libanaise. Après un « âge d’or » distancié et remis en cause, la guerre prend les traits d’un jeune milicien arrogant dont la rhétorique belliqueuse se déploie dans une ville en ruine. Les explosions manquent de tuer le vampire, qui finit par émigrer, désabusé par cette « farce cruelle » qu’est l’histoire du phénix pour parler de Beyrouth. Il finit par demander à son domestique saugrenu, Olivier, de le tuer avec un pieu en bois de cèdre. « Faut-il raconter l’histoire ou la laisser derrière soi pour guérir ?» s’interroge-t-il.

Diplômé de l’ALBA, Marwan Zalloum a participé à plusieurs courts-métrages depuis son arrivée en France, en 2018. « J’ai écrit pas mal de projets que j’ai envoyés à des sociétés de production, qui ont du mal à se projeter pour la distribution. Je jongle avec pas mal de sujets engagés politiquement, la transidentité, les migrants arabes, c’est une prise de risque », explique l’auteur de Beyrouth, ville fatale. « Puis j’ai arrêté de courir après les financements et j’ai voulu autoproduire une pièce de théâtre. Quand je suis arrivé en France, on m’a posé beaucoup de questions sur le Liban, sur nos liens avec la France. En gros, on est connus pour la bonne bouffe et la guerre, et j’ai voulu montrer d’autres aspects, sans viser une approche trop élitiste », enchaîne le scénariste.

Une scène de la pièce « Beyrouth, ville fatale » de Marwan Zalloum. Photo Lara Karam

« L’actualité libanaise n’est pas explicitement évoquée, mais ce qui se passe maintenant est dans la continuité de tout le tourment qui marque l’histoire libanaise », constate-t-il tristement . Après le théâtre du Temps, la pièce sera proposée au théâtre du gouvernail en janvier prochain, puis au théâtre Pixel, entre février et avril. La troupe se produira ensuite au festival off d’Avignon, au théâtre Tremplin puis à la Folie Théâtre, entre août et novembre. Le magnétisme de la ville fatale semble avoir opéré. 

Depuis le 3 décembre et jusqu’au 8 décembre, puis les 17 et 24 janvier 2025, le théâtre du Temps à Paris, espace confidentiel et intimiste à souhait, accueille sur ses planches la première pièce du scénariste Marwan Zalloum, Beyrouth, ville fatale. À la sortie de cette pièce originale qui traverse l’histoire libanaise de 1860 à 2024, le public, en majorité très jeune, est enchanté et exprime vivement son émotion. « Si vous êtes là, alors ce genre de récit mérite d’exister », lance le jeune auteur, ému. « J’ai apprécié la sincérité et la générosité des comédiens, leur engagement sur scène est touchant », confie une spectatrice. À lire aussi Samer Hanna emmène son Musical libanais au festival de théâtre de Carthage « Je suis le témoin immortel d’une ville qui refuse de mourir »,...
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