Des partisans du Hezbollah de retour dans la banlieue sud de Beyrouth au premier jour du cessez-le-feu avec Israël, le 27 novembre 2024. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
L'accord de cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, qui est entré en vigueur mercredi matin à 4h, a été vivement salué sur la scène politique au Liban, dont certains protagonistes ont rappelé la nécessité d'élire un président de la République après plus de deux ans de vacance.
Dans un discours télévisé, le président du Parlement, Nabih Berry, qui était en charge des négociations indirectes pour un cessez-le-feu du côté libanais, a appelé les personnes déplacées à « rentrer dans (leurs) villages » et à retrouver « leurs figuiers et oliviers ». « Retournez fiers dans vos villages, parce qu'ils ont défait l'ennemi (...) Ce moment est un test pour tous les Libanais, toutes confessions confondues, afin qu'ils sauvent leur pays et protègent les institutions constitutionnelles », a-t-il souligné.
« Nous tournons une page historique, qui a été l’une des plus dangereuses pour le Liban et a menacé son peuple et son histoire », a enchaîné le président de la Chambre, qui a estimé que la guerre a « révélé le véritable visage du Liban : celui de la solidarité et de l'unité nationale ». M. Berry a aussi insisté sur l'urgence d'élire rapidement un président, qui « ne soit considéré comme un défi pour quiconque ».
S'exprimant peu après M. Berry, le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, a appelé Israël à « respecter » l'accord de cessez-le-feu et à se retirer du Liban-Sud. Il a réaffirmé que l'armée libanaise va renforcer son déploiement dans le sud frontalier d'Israël, conformément à l'accord de cessez-le-feu conclu pour mettre un terme à la guerre entre le Hezbollah et Israël. M. Mikati a encore espéré l'ouverture d'une « nouvelle page » dans l'histoire du Liban et souhaité l'élection d'un chef de l'État. Et d’ajouter : « Lors de la séance d’aujourd’hui, nous avons réitéré l’engagement du gouvernement libanais à appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies dans toutes ses dispositions, en particulier celles concernant le renforcement du déploiement de l’armée et de toutes les forces de sécurité dans la région au sud du Litani, conformément aux arrangements annexés (Arrangements), publiés hier dans une déclaration conjointe des États-Unis et de la France. Ces arrangements sont considérés comme partie intégrante de cette résolution après avoir été pris en compte et approuvés par le Conseil. » Une copie de l’accord a également été transférée au Parlement.
Jean-Yves Le Drian, l'émissaire du président français Emmanuel Macron, est attendu dans la journée à Beyrouth pour relancer des efforts de médiation dans cet objectif.
« Éviter une nouvelle guerre »
Le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), Gebran Bassil, a de son côté félicité sur X les Libanais pour « la fin des hostilités qui ouvre la voie à un cessez-le-feu définitif sous le plafond de la souveraineté ». « Le retour de notre peuple dans ses foyers est nécessaire, et la priorité est maintenant d'élire un président de consensus, de former un gouvernement pour entamer la réforme et la reconstruction, de développer une stratégie de défense dirigée par l'État, et de neutraliser le Liban dans les conflits et les axes, afin d'éviter une nouvelle guerre », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a affirmé qu'il refusait « tout compromis ou arrangement concernant les armes illégales » du Hezbollah. Il a accusé le Hezbollah de mener « une fausse stratégie qui a plongé le pays dans une guerre dévastatrice », causant 3 400 morts et 14 000 blessés, et endommageant près de 100 000 logements avec un coût de plus de 8,5 milliards de dollars selon la Banque mondiale (BM) en 13 mois de conflit.
Après une réunion à Bkerké avec le chef de l'Église maronite, le Parti socialiste progressiste (PSP), dirigé par le député Taymour Joumblat, a estimé que l'accord de cessez-le-feu est « une victoire » pour l'État libanais. S'adressant à la presse après une rencontre entre une délégation du PSP et le patriarche maronite Béchara Raï, le député Hadi Aboul Hosn a estimé qu'il était « impératif de commencer à mettre en œuvre l'accord, en particulier la résolution 1701 » du Conseil de sécurité de l'ONU, qui avait également mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.
Réaffirmant le soutien de son parti à l'armée libanaise, M. Aboul Hosn a précisé qu'elle « porte une grande responsabilité dans l’application du plan au sud du Litani », où sa présence devra être renforcée au cours des deux prochains mois, et où les infrastructures du Hezbollah devront être démantelées. M. Aboul Hosn a appelé à «consacrer l'expérience de l'unité nationale» des derniers mois en « élisant un président de la République » le plus tôt possible, qui soit « consensuel et dissipera les inquiétudes ». À ce sujet, le député a salué des « propos positifs » entendus dernièrement, appelant à « ne pas laisser passer les acquis de l'accord du cessez-le-feu » qui est, selon lui, une « victoire pour la souveraineté du Liban, son unité et l'État libanais ».




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11 h 14, le 28 novembre 2024