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Politique - Décryptage

La Syrie au cœur de négociations pour compléter la 1701 ?

Même si ce n’est pas encore annoncé publiquement, la Syrie est actuellement au cœur de contacts internationaux. Dans le tableau régional qui est en train de se dessiner avec les développements à Gaza et au Liban, la Syrie pourrait avoir un rôle important, même si, pour l’instant, les choses ne sont pas très claires.

En plus de 14 mois de conflit ouvert à Gaza et au Liban, la situation a quand même beaucoup évolué. Ce qui était au début une opération destinée de la part du Hamas à faire bouger le dossier des détenus palestiniens dans les geôles israéliennes et de mettre un terme aux exactions israéliennes dans l’enceinte de la mosquée al-Aqsa est devenu au fil des mois une guerre d’usure et de destruction systématique, qui ne semble pas avoir de fin, puisqu’il n’est plus vraiment question de négociations en vue d’un cessez-le-feu. Au Liban où un front de soutien à Gaza a été ouvert à partir du 8 octobre 2023 en application du principe de « l’unité des fronts », il est désormais question d’un accord séparé de ce qui se passe à Gaza, négocié par l’émissaire américain Amos Hochstein. En principe, selon la position officielle libanaise, cette médiation tourne autour de l’application à la lettre de la résolution onusienne 1701 adoptée en 2006. Le négociateur libanais, le président de la Chambre Nabih Berry, est catégorique sur le fait qu’il ne discute d’aucun point qui serait rajouté aux dispositions de la 1701. Toutes les discussions portent plutôt sur certaines mesures liées au mécanisme d’application de cette résolution, comme, par exemple, l’élargissement de la commission de surveillance de cette application, en principe formée du Liban, d’Israël et de la Finul, aux États-Unis, la France et éventuellement la Jordanie ou l’Égypte. La mission de cette commission est donc de vérifier que le Hezbollah a démantelé son infrastructure militaire dans la zone au sud du Litani.

Toutefois, sans le dire ouvertement, cette disposition ne satisfait pas les Israéliens qui estiment avoir été suffisamment dupés au cours des années précédentes, lorsque, tout en ne montrant pas de présence armée, le Hezbollah a construit une véritable infrastructure militaire le long de la frontière. On voit d’ailleurs le résultat aujourd’hui, puisque, en près de 60 jours de combats acharnés et violents et en dépit de la destruction systématique des villages et localités frontaliers, les soldats israéliens n’ont pas encore réussi à occuper une localité importante ou en tout cas à s’y installer en permanence. Ils se contentent jusqu’à présent d’incursions rapides.

C’est pourquoi, dans les coulisses diplomatiques, il est de plus en plus question de donner un rôle à la Syrie dans le contrôle des armes du Hezbollah. Les Israéliens sont en effet convaincus que, depuis des années, un des chemins de l’approvisionnement en armes du Hezbollah passe par la Syrie, qui est devenue d’une façon ou d’une autre un passage obligé pour ce qu’on appelle « l’axe de la résistance ». Ce dernier commence en effet en Iran et aboutit finalement à Gaza. Soumise à des sanctions sévères par les Occidentaux depuis la guerre qui l’a ravagée à partir de 2011, la Syrie s’est donc rapprochée du camp adverse. Tout en n’ayant pas retrouvé sa place économique et son rôle politique, elle reste toutefois tiraillée entre l’Iran et la Russie, tout en essayant, depuis quelque temps, de revenir dans le giron arabe. C’est d’ailleurs une des raisons qui poussent les Israéliens à lancer régulièrement des raids contre plusieurs régions syriennes sous prétexte qu’elles abriteraient des responsables iraniens ou du Hezbollah ou qu’elles laissent passer des convois d’armes à destination de la formation chiite.

Aujourd’hui, c’est à cette Syrie affaiblie et soumise à des influences diverses que l’on cherche désormais à faire des propositions qui se veulent alléchantes. C’est d’ailleurs dans ce contexte, précisent des sources diplomatiques occidentales, que le ministre des Affaires stratégiques israélien Ron Dermer s’est rendu récemment à Moscou, envoyé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour s’entretenir avec le président Vladimir Poutine et lui proposer d’utiliser son influence sur le régime syrien pour que celui-ci prenne ses distances à l’égard de la République islamique et bloque le passage des armes qui viennent d’Iran vers le Liban. En même temps, toujours selon les mêmes sources, des émissaires occidentaux laissent entendre qu’il y aurait une ébauche de discussions avec des responsables syriens, soit directement, soit par le biais d’intermédiaires, pour les pousser à lâcher en quelque sorte l’Iran et le Hezbollah et procéder à la fermeture des frontières avec le Liban face à tout convoi d’armes destiné au Hezbollah, moyennant un allégement des sanctions imposées depuis des années à la Syrie.

Ce serait donc là la nouvelle idée trouvée par les Israéliens pour obtenir l’arrêt de l’approvisionnement en armes du Hezbollah à partir de l’Iran, sans toucher aux dispositions de la 1701. Les Israéliens sont ainsi convaincus que les Syriens en ont assez de leurs conditions économiques dramatiques en raison des sanctions qui durent depuis plus de dix ans et ils pourraient donc considérer que le fait d’être proches de « l’axe de la résistance » est loin d’avoir résolu leurs problèmes. De plus, la Russie de Vladimir Poutine qui a une influence importante en Syrie pourrait être favorable à une telle démarche, surtout avec la perspective de l’arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump qui a promis à plusieurs reprises de mettre rapidement un terme à la guerre qui se déroule depuis plus de deux ans entre la Russie et l’Ukraine.

Ce projet a-t-il des chances d’aboutir ? Il est sans doute encore trop tôt pour répondre à cette question. À cet égard, il faut se demander si les Syriens sont prêts à un tel changement et moyennant quelle contrepartie, à part l’allégement des sanctions.

Même si ce n’est pas encore annoncé publiquement, la Syrie est actuellement au cœur de contacts internationaux. Dans le tableau régional qui est en train de se dessiner avec les développements à Gaza et au Liban, la Syrie pourrait avoir un rôle important, même si, pour l’instant, les choses ne sont pas très claires. En plus de 14 mois de conflit ouvert à Gaza et au Liban, la situation a quand même beaucoup évolué. Ce qui était au début une opération destinée de la part du Hamas à faire bouger le dossier des détenus palestiniens dans les geôles israéliennes et de mettre un terme aux exactions israéliennes dans l’enceinte de la mosquée al-Aqsa est devenu au fil des mois une guerre d’usure et de destruction systématique, qui ne semble pas avoir de fin, puisqu’il n’est plus vraiment question de...
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Si le tyran syrien se soumet il sera éliminé par l’Iran pour traitrise et ingratitude, s’il n’obtempère pas, Israël va désosser le reste de son régime. Une fin peu glorieuse pour celui qui a toujours été fort avec les faibles et pleutre face aux forts.

Liban Libre

10 h 35, le 26 novembre 2024

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Commentaires (1)

  • Si le tyran syrien se soumet il sera éliminé par l’Iran pour traitrise et ingratitude, s’il n’obtempère pas, Israël va désosser le reste de son régime. Une fin peu glorieuse pour celui qui a toujours été fort avec les faibles et pleutre face aux forts.

    Liban Libre

    10 h 35, le 26 novembre 2024

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