Le drapeau de l’Iran flottant devant le siège de l’AIEA à Vienne, le 24 mai 2021. Lisi Niesner/File Photo/Reuters
L’Iran a annoncé dimanche la tenue dans les prochains jours de discussions sur son programme nucléaire avec la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, trois pays qui ont soumis un texte condamnant le manque de coopération supposé de Téhéran sur ce dossier.
Paris, Berlin et Londres, associés à Washington, sont à l’origine d’un texte critique du programme nucléaire de Téhéran présenté lors d’une réunion à Vienne au siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Le texte a été approuvé jeudi par 19 des 35 États membres du conseil des gouverneurs de l’AIEA, provoquant l’ire de l’Iran qui a annoncé en représailles la mise en service de « nouvelles centrifugeuses avancées » pour son programme nucléaire.
Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont exprimé samedi leur « vive préoccupation » au sujet de la mise en service de ces nouvelles centrifugeuses. « Nous notons avec une vive préoccupation l’annonce faite par l’Iran », ont déclaré les quatre pays dans un communiqué commun publié par le département d’État américain. « Au lieu de répondre à la résolution par la coopération, (l’Iran) prévoit de répondre par une nouvelle expansion de son programme nucléaire selon des modalités qui n’ont aucune justification pacifique crédible », ont-ils dénoncé, « saluant » au passage la résolution adoptée à Vienne.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a précisé que la réunion se tiendrait vendredi, sans toutefois en indiquer le lieu.
Le Royaume-Uni a confirmé dimanche la tenue de ces pourparlers. « Nous restons déterminés à prendre toutes les mesures diplomatiques pour empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires, y compris par des mesures de rétorsion si nécessaire », a déclaré le ministère britannique des Affaires étrangères.
Outre ce dossier, l’Iran échangera avec ces pays sur la situation régionale et internationale, « y compris les questions de la Palestine et du Liban », a précisé M. Baghaï dans un communiqué.
L’Iran est un ferme soutien au Liban du Hezbollah et à Gaza du Hamas, deux mouvements islamistes en guerre contre Israël, ennemi juré de Téhéran depuis l’avènement de la République islamique en 1979.
Téhéran défend un droit au nucléaire à des fins civiles, notamment pour l’énergie, mais nie vouloir se doter d’une bombe atomique, ce que soupçonnent les pays occidentaux.
Lever « doutes et ambiguïtés »
En 2015, l’Iran avait conclu à Vienne un accord avec la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie et les États-Unis pour encadrer son programme nucléaire. Le texte prévoyait en contrepartie un allègement des sanctions internationales contre Téhéran.
Mais, en 2018, Donald Trump, alors président des États-Unis, avait retiré unilatéralement son pays de l’accord – auquel se conformait Téhéran, selon l’AIEA – et rétabli de lourdes sanctions à l’encontre de l’Iran.
En représailles, Téhéran a considérablement augmenté ses réserves de matières enrichies et porté le seuil à 60 %, proche des 90 % nécessaires pour fabriquer une arme atomique, en vertu de la définition de l’AIEA.
L’accord sur le nucléaire, désormais coquille vide que des négociations ont échoué à ranimer et qui arrivera à échéance en octobre 2025, plafonnait ce taux à 3,67 %.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, au pouvoir depuis juillet et partisan d’un dialogue avec les pays occidentaux, a affirmé vouloir lever « doutes et ambiguïtés » sur le programme nucléaire de son pays.
L’Iran estime ainsi avoir fait preuve de « bonne volonté » en invitant la semaine dernière le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, à se rendre sur les sites nucléaires de Natanz et Fordo (centre).
Source : AFP


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