Le responsable du bureau des médias du Hezbollah, Mohammad Afif, lors d’une conférence de presse dans la banlieue sud de Beyrouth. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
C’est une nouvelle journée épouvantable que le Liban a connue, près de deux mois après que les affrontements entre le Hezbollah et Israël, quotidiens depuis le 8 octobre 2023, ont dégénéré en guerre totale. Dimanche, deux attaques israéliennes ont ciblé le cœur de Beyrouth, un fait assez rare. La première a visé le responsable des médias au sein du Hezbollah, Mohammad Afif. Il a été tué dans cette frappe qui a touché les bureaux de la branche libanaise du parti Baas syrien, situés dans le quartier de Ras el-Nabeh, un quartier mixte habité aussi bien par des chiites que des sunnites. Une image du corps de Mohammad Afif, vérifiée par L’Orient-Le Jour, a été largement partagée sur les réseaux sociaux après la frappe. Son adjoint, Mahmoud el-Charkaoui, a été tué avec lui. Selon la radio officielle israélienne, Mohammad Afif a été tué pour « son implication » dans les attaques contre l’État hébreu.
Conseiller médias de Nasrallah
Pendant de nombreuses années, Mohammad Afif a joué un rôle-clé dans la gestion des relations du Hezbollah avec les médias, entretenant des liens avec des journalistes locaux et internationaux et fournissant fréquemment des informations. Il s’est fait connaître pour la première fois du grand public pendant la guerre de juillet 2006 entre le Hezbollah et Israël, lorsqu’il était responsable de l’information pour la chaîne du parti chiite al-Manar. Il a également été le conseiller médias de Hassan Nasrallah, l’ancien secrétaire général du Hezbollah, assassiné fin septembre dans la banlieue sud de Beyrouth. Les journalistes travaillant sur des sujets relatifs au Hezbollah étaient habitués à la présence de Mohammad Afif, en particulier lors des prises de parole de Hassan Nasrallah, où il facilitait la couverture médiatique. Après la mort de ce dernier, Mohammad Afif a multiplié les apparitions médiatiques, tenant plusieurs conférences de presse. Au cours de l’une d’elles, il a brusquement mis fin à sa prise de parole après qu’un ordre d’évacuation israélien a signalé l’imminence d’une attaque sur un bâtiment voisin. « Les bombes ne nous font pas peur, alors comment peut-on parler de menaces ? » a-t-il alors déclaré aux journalistes qui se hâtaient de rassembler leur matériel.
Le secrétaire général du Baas syrien, Ali Hijazi, a assuré qu’il n’était pas présent sur les lieux au moment de la frappe et a promis que de plus amples détails seraient donnés ultérieurement. Quant à Mohammad Afif, il se trouvait « par hasard » dans l’immeuble frappé, qui avait été espionné par Israël via un agent arrêté au Liban deux mois plus tôt, selon Ali Hijazi. Ce dernier a décoché ses flèches sur l’armée libanaise, l’accusant d’avoir arrêté l’agent en question sans avoir prévenu le parti du danger.Dans la soirée, une autre frappe a ciblé un second quartier de la capitale, celui de Mar Élias. L’attaque a visé une voiture ainsi qu’un magasin de produits électroniques et l’appartement situé au-dessus. Un premier bilan fait état d’au moins deux morts et de neuf blessés. S’il n’était pas clair, au moment d’aller sous presse, qui était la personne visée, les médias israéliens évoquent un « leader du Hezbollah ». La radio israélienne, pour sa part, affirme qu’il s’agit du responsable des opérations militaires du parti chiite au Liban-Sud.
Commandant du Liban-Sud
Outre ces rares attaques contre Beyrouth intra-muros, l’armée israélienne a une nouvelle fois enchaîné les bombardements sur la banlieue sud de la capitale. Une première vague de bombardements a eu lieu tôt le matin sur Hadeth, Bourj el-Brajné et Chiyah, précédée par des avertissements destinés aux habitants. Les deux premiers quartiers ont de nouveau été la cible des bombes israéliennes lors des deux vagues suivantes. Dans la presse israélienne, on affirme désormais que, pour maximiser la pression sur le Hezbollah, l’État hébreu tente de mener une vague de bombardements au Liban toutes les deux heures.Au Liban-Sud aussi, les frappes se sont poursuivies. Israël a bombardé une position de l’armée libanaise à Mari, dans le caza de Hasbaya, tuant deux soldats, ce qui porte à 13 le nombre de militaires tués depuis le 23 septembre. Selon le ministère de la Santé, « deux fillettes jumelles de deux ans » ont également été tuées.
Dans ce cadre, le Premier ministre sortant Nagib Mikati a indiqué dans un communiqué avoir pris contact avec le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, pour lui présenter ses condoléances. Il a ajouté que tout le monde devait « coopérer pour que le sacrifice de ces soldats ne soit pas vain, en travaillant d’abord à mettre fin à l’agression israélienne contre le Liban, à permettre à l’armée d’accomplir toutes les tâches qui lui sont demandées et à étendre l’autorité de l’État sur tout le territoire national ». « Le gouvernement, qui ne ménage aucun effort pour soutenir l’armée et renforcer ses capacités, continuera à travailler avec tous les amis du Liban, les pays influents et décideurs (…) pour mettre en œuvre la résolution 1701 de l’ONU (qui avait mis fin à la guerre de 2006) », a poursuivi le chef du gouvernement. « Nous espérons que les contacts en cours aboutiront à un cessez-le-feu en préparation de la deuxième phase de la mise en œuvre de la 1701 », a-t-il conclu, à l’heure où l’armée est de plus en plus critiquée par le Hezbollah et ses alliés.
Intensification sur le sol
En outre, dès le matin, l’armée israélienne a appelé les habitants de 15 villages – Kfar Hammam, Kfarchouba, Bourj el-Moulouk, Khiam, Blat, Arnoun, Yohmor, Deir Seriane, Taybé, Qseibé, Kaouthariyet el-Rez, Hmeïré, Mattariyé el-Choumar et Kfar Tebnine – à évacuer les lieux avant de lancer de nombreuses frappes. D’autres localités, comme Aïta el-Chaab, Aïta el-Jabal, Azzé, Bayyada (bombardée au phosphore blanc), Blat, Chamaa, Dibbein, Samayé ou encore la ville de Nabatiyé, n’ont pas été épargnées. Une frappe a fait trois morts à Chabriha, tandis qu’une autre à Mari a tué un ressortissant syrien et ses deux enfants, âgés de sept et huit ans, pour ne citer que ces victimes.Israël poursuit en parallèle son offensive terrestre. Des informations circulant dans les médias israéliens pendant le week-end – notamment Channel 14 – ont indiqué que l’armée israélienne avait déployé des batteries d’artillerie au Liban-Sud, dans le but d’étendre son incursion dans la région. Dimanche, un bombardement massif a frappé Khiam, en parallèle à l’intensification des tentatives israéliennes d’incursion dans cette localité stratégique. Dans la nuit de samedi à dimanche, l’avancée israélienne s’est poursuivie dans la localité de Chamaa, à près de sept kilomètres de la ligne bleue. Dans la Békaa, des frappes ont notamment touché Libbaya, Qasr, Sohmor ainsi que le poste frontière de Joussiyé.Le Hezbollah, qui revendique une moyenne de 22 opérations par jour depuis le 17 septembre, semblait, selon son dernier bilan publié dimanche, avoir baissé la cadence avec seulement 12 attaques au moment de passer sous presse. Le parti chiite a notamment revendiqué une attaque menée contre Kerioth, localité israélienne située au nord de Haïfa, et une frappe menée le matin contre la caserne de Maale Golani, dans le Golan occupé. Il a également affirmé avoir tiré sur des soldats israéliens près de Khiam et près de la caserne de Ramim, dans le nord d’Israël.Enfin, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a publié un communiqué affirmant que samedi, l’une de ses patrouilles « avait essuyé une quarantaine de tirs par derrière, probablement de la part d’acteurs non gouvernementaux ».



Que font des commandants dans des quartiers résidentiels sinon les mettre en danger en allant s’y cacher. Ils le savent mieux que personne et persistent à exposer tout le Liban en utilisant la population et notre patrimoine comme rempart à leur lâcheté. Une guerre se fait sur le champs de bataille en prenant soins des civils et en les mettant à l’abri avant le moindre coup de feu et non pas comme le HB qui les utilisent pour avoir la vie sauve et crier victoire. Ça coule de source.
12 h 53, le 18 novembre 2024