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Moyen-Orient - Dans La Presse

Pillages et rackets de convois d'aides par des Palestiniens armés à Gaza, sous les yeux de l'armée israélienne

Les soldats refusent d'intervenir et interdisent aux convois d'emprunter des routes alternatives « plus sûres », selon le Haaretz.

Pillages et rackets de convois d'aides par des Palestiniens armés à Gaza, sous les yeux de l'armée israélienne

Des camions d'aides humanitaires au point de passage de Kerem Shalom, le 11 novembre 2024. Photo REUTERS

Les forces armées israéliennes permettraient à des Palestiniens armés de piller les convois d'aide entrant à Gaza et de leur extorquer de l'argent pour leur protection, selon des sources au sein d'organisations d'aide internationales travaillant dans l'enclave, interrogées par le quotidien israélien Haaretz.

Des hommes armés appartenant à deux gangs du district de Rafah auraient bloqué une grande partie des cargaisons d'aide entrant à Gaza par le passage de Kerem Shalom. Le pillage serait systématique, et l’armée israélienne fermerait les yeux, selon ces sources d’ONG.

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Des sources au courant du processus de distribution de l'aide affirment que les gangs arrêtent les camions en érigeant des barricades improvisées ou en tirant sur les pneus. Ils exigent ensuite un « droit de passage » de 15 000 shekels (4 000 dollars). Tout chauffeur qui refuse risque d'être enlevé ou de se faire voler le contenu de son camion. Celles-ci affirment que les attaques armées ont lieu à quelques centaines de mètres des troupes israéliennes. Certains groupes d'aide ajoutent que les chauffeurs de camion attaqués ont même demandé l'aide de l'armée israélienne, mais que l'armée a refusé d'intervenir. De plus, disent-ils, l'armée leur interdit d'emprunter des routes alternatives considérées comme plus sûres.

Contrebande de cigarettes

Ces pillages reflètent l’anarchie totale qui règne à Gaza en raison de tout gouvernement civil fonctionnel. Toujours selon le Haaretz, les derniers éléments des forces de police locales auraient tenté d'intervenir contre les pillards, mais ont été attaqués par les troupes israéliennes, qui les considèrent comme affiliés au Hamas.

Depuis que l’armée israélienne a pris le contrôle du poste-frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte en mai dernier, qui était le principal canal d’acheminement des marchandises, les pillages se sont aggravés. Les organisations humanitaires affirment qu'il n'existe aucune solution qui permettrait à l'aide d'atteindre les habitants sans qu'une force de police, palestinienne ou internationale, soit déployée à Gaza. Mais le gouvernement israélien et l'armée israélienne s'y opposent. Le gouvernement israélien voudrait que l'armée israélienne prenne la responsabilité de la distribution de l'aide, mais celle-ci s'y oppose également.

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Autre problème qui entrave également l’entrée de l’aide dans l’enclave est la contrebande de cigarettes. Depuis que le siège a été imposé à Gaza après le déclenchement de la guerre il y a un peu plus d'un an, le gouvernement a déterminé quels produits sont autorisés à entrer dans la bande de Gaza en tant qu'aide humanitaire, et l'une des choses qu'il a interdites sont les cigarettes. Depuis, les paquets acheminés par les contrebandiers peuvent atteindre le prix exorbitant de 200 dollars.

L'armée israélienne a annoncé qu'une nouvelle route avait récemment été ouverte dans le sud de Gaza, ce qui permettrait aux camionneurs de contourner la zone de pillage. Mais selon le Haaretz, plusieurs incidents se sont déjà produits le long de cette route.

L'armée israélienne avait affirmé vendredi qu'elle prévoyait de rouvrir le point de passage de Kissufim, situé dans le centre de la bande de Gaza, afin d'augmenter le flux d'aide vers la partie-sud de l'enclave palestinienne. Cette décision intervient dans un contexte de pression internationale croissante, notamment de la part des États-Unis. Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a adressé une lettre au nouveau ministre de la Défense Israël Katz le mois dernier, exigeant qu'Israël laisse passer 350 camions d'aide humanitaire chaque jour vers la bande de Gaza d'ici le 13 novembre, faute de quoi les États-Unis pourraient s'en prendre au point faible d'Israël en limitant les fournitures d'armes et de munitions américaines.

Les forces armées israéliennes permettraient à des Palestiniens armés de piller les convois d'aide entrant à Gaza et de leur extorquer de l'argent pour leur protection, selon des sources au sein d'organisations d'aide internationales travaillant dans l'enclave, interrogées par le quotidien israélien Haaretz.Des hommes armés appartenant à deux gangs du district de Rafah auraient bloqué une grande partie des cargaisons d'aide entrant à Gaza par le passage de Kerem Shalom. Le pillage serait systématique, et l’armée israélienne fermerait les yeux, selon ces sources d’ONG. À lire aussi Entre novembre 2023 et avril, les femmes et les enfants ont représenté 70% des morts à Gaza Des sources au courant du processus de distribution de l'aide affirment que les gangs arrêtent les camions en érigeant des barricades...
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