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Moyen-Orient - Tensions

Après les frappes israéliennes, l’Iran convoque une réunion d’urgence à l’ONU

Le Premier ministre israélien s’est pour sa part félicité d’avoir « atteint tous ses objectifs », Tel-Aviv avertissant Téhéran contre une réponse.

Après les frappes israéliennes, l’Iran convoque une réunion d’urgence à l’ONU

Téhéran à l’aube du 26 octobre, plusieurs heures après le lancement de l’attaque israélienne qui a notamment touché des infrastructures de la capitale, plusieurs explosions ayant réveillé des habitants. Atta Kenare/AFP

L’Iran a affirmé samedi son droit à se défendre après des frappes contre des sites militaires sur son sol menées par Israël, dernier épisode en date des hostilités entre les deux pays ennemis, qui nourrit les craintes d’une escalade militaire au Moyen-Orient. Baptisée « Jours de repentance », l’attaque est la première annoncée publiquement par Israël contre son ennemi juré, qui a consisté au lancement samedi avant l’aube de frappes aériennes en trois vagues contre des systèmes de défense antiaérienne et des installations de fabrication de missiles dans ce pays. L’Iran a fait état de « dégâts limités » et de quatre militaires et un civil tués.

Selon l’armée iranienne, « des sites militaires dans les provinces de Téhéran, du Khouzestan (Sud-Ouest) et d’Ilam (Ouest) » ont été ciblés par Israël. « Grâce à notre défense aérienne, les attaques ont causé des dégâts limités et seuls certains systèmes radar ont été endommagés », a annoncé l’état-major des forces armées. « Un nombre important de missiles ont été interceptés, et les avions ennemis ont été empêchés d’entrer dans notre espace aérien. »

Légitime défense

Sur demande de Téhéran, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence lundi pour discuter de la situation au Moyen-Orient, a annoncé dimanche à la presse la présidence suisse du Conseil. Cette réunion se tiendra à 15h (heure de New York) et fait suite à une requête formulée par l’Iran et soutenue par l’Algérie, la Chine et la Russie, a précisé la présidence. Le chef de la diplomatie iranienne a appelé dimanche le Conseil de sécurité à se réunir d’urgence pour condamner les frappes israéliennes.

Utilisant aussi la notion de légitime défense, l’armée israélienne a pour sa part déclaré avoir « frappé des sites de fabrication de missiles (...) que l’Iran tire sur l’État d’Israël depuis un an », ainsi que « des batteries de missiles sol-air et d’autres systèmes aériens ». « Le régime iranien et ses relais dans la région ont attaqué sans relâche Israël depuis le 7 octobre (2023) sur plusieurs fronts », a-t-elle ajouté, en allusion au Hamas, au Hezbollah et aux rebelles houthis du Yémen. Avec ces frappes, l’armée israélienne a dit avoir « achevé la réponse aux attaques de l’Iran », en référence au tir le 1er octobre de quelque 200 missiles sur Israël pour venger notamment les assassinats de Hassan Nasrallah et du chef du Hamas Ismaïl Haniyé à Téhéran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche que l’attaque « précise et puissante » d’Israël contre l’Iran avait « atteint tous ses objectifs », dans une première réaction publique aux frappes en Iran. « L’armée de l’air a frappé les capacités de défense de l’Iran et de fabrication des missiles » visant Israël, a-t-il dit au cours d’une cérémonie pour le 1er anniversaire hébraïque de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. Israël a en outre menacé l’Iran de lui faire « payer un prix élevé » s’il ripostait. « J’espère que c’est la fin » du cycle de violences, a pour sa part déclaré le président américain, Joe Biden, dont le pays est le principal fournisseur d’armes à l’allié israélien.

« Pas besoin de répondre »

Il ne faut « ni exagérer ni minimiser » les frappes israéliennes, a dit le guide suprême iranien, Ali Khamenei, dont le pays fait du soutien à la cause palestinienne un des piliers de sa politique étrangère. Pour Joost Hiltermann, le directeur du programme Moyen-Orient de l’International Crisis Group, les États-Unis ont voulu que les représailles israéliennes soient « proportionnées pour que l’Iran n’ait pas besoin de répondre ». Selon des experts, l’objectif de l’attaque était de démontrer les capacités offensives israéliennes tout en évitant l’escalade. Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam), estime lui aussi que sous la pression des États-Unis, Israël a mené une opération « limitée » pour réduire les risques d’une « explosion ». Israël a « réalisé un coup médiatique et politique et non militaire ».

Malgré les risques d’échec et les inquiétudes persistantes, la vie a poursuivi son cours normal à Téhéran et Tel-Aviv. « Je ne pense pas qu’il y aura la guerre en Iran », a affirmé Sepideh, 30 ans, en se rendant à son travail à Téhéran. « On est inquiets mais pas plus que ça », a pour sa part réagi Yaniv Chen, 42 ans, sur une plage de Tel-Aviv. « L’Iran a le droit et le devoir de se défendre contre les actes d’agression étrangers, sur la base du droit inhérent de légitime défense », a néanmoins affirmé la diplomatie iranienne. L’Iran « n’hésitera pas à réagir de manière décisive et proportionnée à toute violation de son intégrité territoriale et de sa sécurité au moment opportun », a prévenu son chef de la diplomatie Abbas Araghchi. La détermination de l’Iran à se défendre « n’a pas de limites ». Une manière de faire monter les enchères alors que des pourparlers se tenaient dimanche à Doha autour de nouvelles propositions de cessez-le-feu à Gaza et que l’envoyé américain Amos Hochstein était attendu en Israël pour discuter d’une cessation des hostilités au Liban ?

Attaque jihadiste dans le sud-est de l’Iran
Au moins dix policiers ont été tués samedi en Iran dans l’une des attaques les plus meurtrières revendiquée par le groupe jihadiste Jaïch al-Adl au Sistan-Baloutchistan, quelques heures après les frappes israéliennes sur le pays. Si l’agence officielle IRNA, citant un communiqué des forces de l’ordre, a évoqué une « embuscade », le mode opératoire des assaillants n’a pas été détaillé. L’organisation jihadiste séparatiste sunnite Jaïch al-Adl, basée au Pakistan et active dans la zone frontalière avec l’Afghanistan, a revendiqué l’attaque sur la messagerie Telegram. L’agence IRNA a fait état de l’arrestation de l’un des assaillants par « les unités antiterroristes de la police » dans « une opération à grande échelle », sans fournir plus de précisions. Le Sistan-Baloutchistan abrite une importante population de la minorité ethnique baloutche, qui pratique l’islam sunnite en contraste avec la branche chiite prédominante dans le pays. Des affrontements récurrents y opposent les forces de sécurité iraniennes à des rebelles de la minorité baloutche, des groupes sunnites radicaux, ainsi que des trafiquants de drogue.
L’Iran a affirmé samedi son droit à se défendre après des frappes contre des sites militaires sur son sol menées par Israël, dernier épisode en date des hostilités entre les deux pays ennemis, qui nourrit les craintes d’une escalade militaire au Moyen-Orient. Baptisée « Jours de repentance », l’attaque est la première annoncée publiquement par Israël contre son ennemi juré, qui a consisté au lancement samedi avant l’aube de frappes aériennes en trois vagues contre des systèmes de défense antiaérienne et des installations de fabrication de missiles dans ce pays. L’Iran a fait état de « dégâts limités » et de quatre militaires et un civil tués.Selon l’armée iranienne, « des sites militaires dans les provinces de Téhéran, du Khouzestan (Sud-Ouest) et d’Ilam...
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