Le secrétaire d'État américain Antony Blinken salue avant de monter à bord de son avion à l'aéroport international Ben Gourion de Lod, le 23 octobre 2024, alors qu'il part pour Riyad pour l'étape saoudienne de son voyage. Photo AFP ou licenciés /NATHAN HOWARD
Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, est arrivé mercredi à Ryad pour promouvoir une normalisation entre Israël et l'Arabie saoudite, avant une rencontre vendredi à Londres avec des chefs de diplomatie arabes sur les guerres au Proche-Orient.
Le chef de la diplomatie américaine a rejoint la capitale de la puissante monarchie du Golfe depuis Tel-Aviv à bord d'un vol direct spécial, impossible via les liaisons commerciales, l'Arabie saoudite ne reconnaissant pas Israël.
A son arrivée à Ryad, il a été accueilli par son homologue saoudien, Fayçal ben Farhane, avant de s'entretenir avec le prince héritier et dirigeant de facto de l'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane.
Dans un communiqué, le département d'Etat a déclaré que M. Blinken et le prince héritier ont discuté « de la nécessité de mettre fin à la guerre à Gaza », ainsi que des efforts visant à instaurer une « stabilité régionale durable, notamment par une plus grande intégration entre les pays de la région ».
Avant son départ pour Ryad, M. Blinken avait appelé Israël à saisir « l'occasion incroyable » de normaliser ses relations avec l'Arabie saoudite, alors qu'Israël est en guerre contre le Hamas palestinien dans la bande de Gaza et le Hezbollah libanais pro-iranien au Liban.
« Cela reste, en dépit de ce qui arrive, une incroyable occasion dans cette région d'aller dans une direction totalement différente qui offre une voie durable pour la sécurité d'Israël et sa place dans la région », a-t-il dit.
« L'Arabie saoudite serait au coeur de ceci, ce qui inclut une potentielle normalisation des relations avec Israël », a-t-il ajouté.
Il s'agit du onzième déplacement de M. Blinken depuis le 7 octobre 2023, date du début de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas contre Israël.
Après des discussions jeudi au Qatar, le secrétaire d'Etat doit rencontrer des chefs de diplomatie arabes à Londres vendredi pour discuter de la situation au Proche-Orient.
La guerre à Gaza a mis en suspens les tentatives visant à trouver un accord qui verrait l'Arabie saoudite, qui abrite les lieux les plus saints de l'islam, reconnaître Israël en échange notamment d'un pacte de défense avec Washington et une assistance américaine pour un programme nucléaire civil.
« Etat palestinien »
Les responsables américains estiment que la normalisation avec l'Arabie saoudite est l'un des rares leviers qui pourrait pousser le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, à accepter un cessez-le-feu.
« Si nous parvenons à obtenir un cessez-le-feu à Gaza, nous pourrons avancer sur la voie de la normalisation » entre Israël et l'Arabie saoudite, assurait ainsi début septembre M. Blinken.
Le président Joe Biden et sa vice-présidente Kamala Harris, engagée dans une course serrée contre le républicain Donald Trump pour l'élection du 5 novembre, font face aux critiques de l'aile gauche du Parti démocrate pour leur soutien « indéfectible » à Israël.
« C'est le moment » de mettre fin à la guerre à Gaza, après qu'Israël y a atteint « la plupart de ses objectifs stratégiques », a affirmé à Tel-Aviv M. Blinken. Il a aussi appelé Israël à choisir la voie de l'intégration et de la collaboration « avec ses partenaires arabes » pour « isoler l'Iran ».
Sous la présidence Trump en 2020, Israël avait normalisé ses liens avec Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Maroc, suscitant l'espoir d'une normalisation avec l'Arabie saoudite, poids lourd régional.
Mais mi-septembre l'Arabie saoudite a durci le ton, le prince héritier affirmant que son pays n'établirait pas de relations diplomatiques avec Israël avant la « création d'un Etat palestinien ».


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