L’armée israélienne a annoncé vendredi avoir tué deux assaillants entrés en Israël par la Jordanie au sud de la mer Morte et ayant ouvert le feu sur des soldats, au lendemain de l’annonce de la mort du chef du Hamas, Yahya Sinouar. « Deux terroristes ayant traversé la frontière depuis la Jordanie vers le territoire israélien au sud de la mer Morte ont été éliminés » après avoir ouvert le feu sur les militaires, a indiqué dans un communiqué l’armée, qui recherche un troisième assaillant ayant pris la fuite. Un soldat et un réserviste ont été légèrement blessés lors de l’échange de tirs, selon la même source.L’agence de presse officielle jordanienne Petra a cité une source militaire jordanienne selon laquelle ces informations israéliennes étaient « fausses », avant que l’organisation des Frères musulmans dans le pays déclare que les deux assaillants tués étaient des membres de la confrérie.
Depuis le Qatar, la direction du Hamas a salué l’attaque « visant les soldats de l’armée d’occupation sioniste », la qualifiant de « développement significatif dans la bataille en cours du Déluge d’al-Aqsa », du nom donné par le mouvement islamiste palestinien à son attaque sur Israël le 7 octobre 2023. « Cette opération est la preuve que le pouls des nations arabes libres ne cessera de battre », a poursuivi le Hamas, au lendemain de la confirmation par Israël de la mort de Yahya Sinouar près de Rafah.
Les frappes se poursuivent sur Gaza
Malgré l’élimination du dirigeant du mouvement islamiste, célébrée par Israël et ses alliés, l’État hébreu a continué de mener vendredi des frappes sur la bande de Gaza, le gouvernement israélien ayant réaffirmé son objectif d’écraser le Hamas. Le chef d’état-major de l’armée, le général Herzi Halevi, a assuré que la guerre « ne s’arrêtera pas » avant la capture de tous les auteurs de l’attaque et le retour de « tous les otages » retenus à Gaza, les deux objectifs affichés par Israël lors de son offensive dans le territoire palestinien.
L’armée a ainsi annoncé qu’elle poursuivait ses opérations à Jabaliya dans le nord du territoire, qu’elle encercle et pilonne depuis le 6 octobre en affirmant que le Hamas tente d’y reconstituer ses forces. Trois enfants ont été tués dans le Nord dans des frappes aériennes, selon la Défense civile, tandis qu’une frappe de drone a tué deux Palestiniens dans la même région. L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a pointé un « vrai risque » de famine dans le territoire palestinien assiégé, accusant « certains membres du gouvernement israélien » d’en faire « une arme de guerre ».
Après la mort de Yahya Sinouar, de nombreux Palestiniens s’étaient pourtant pris à rêver de la fin de la guerre qui ravage depuis plus d’un an l’enclave palestinienne et a fait plus de 42 500 morts. « Il n’y a plus d’excuse pour que Netanyahu continue cette guerre d’extermination », avançait jeudi soir Moumen Abou Wassam, 22 ans. Son quartier, al-Touffah, dans la ville de Gaza était l’un des plus anciens du territoire, connus pour ces mosquées dont certaines datent du XIIIe siècle. Il est presque entièrement détruit. « Si Dieu le veut, la guerre prendra fin, et nous verrons de nos yeux la reconstruction de Gaza », soupire le jeune homme. « Nous sommes épuisés, la guerre est allée trop loin, elle nous a tout pris », insiste pour sa part Chadi Nofal Abou Maher, 23 ans, qui souhaite que « le monde intervienne » pour mettre fin à la guerre et rappeler à Israël que c’était Sinouar qui était la cause du conflit.
Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, les Gazaouis saluent néanmoins la « résistance » du dirigeant traqué depuis un an. Beaucoup estimaient qu’il avait péri en « combattant », alors qu’Israël n’avait pas encore divulgué de détails sur les circonstances de sa mort. « On se souviendra de lui comme un dirigeant mort sur le champ de bataille », tranche Ahmad Omar, 36 ans, déplacé de la ville de Gaza à Khan Younès.
Source : AFP


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine