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Culture - Les Artistes En Temps De Guerre

Rita Hayek : Si votre humanité se manifeste à la carte, alors jetez-la à la poubelle !

Dans une vidéo postée sur son compte Instagram devenue virale, la comédienne libanaise laisse éclater sa colère contre « l’humanité à la carte » de certains et les doubles standards de la communauté internationale.

Rita Hayek :  Si votre humanité se manifeste à la carte, alors jetez-la à la poubelle !

La comédienne Rita Hayek s'occupant des enfants d'un centre de déplacés à Basta. Avec l'aimable autorisation de Rita Hayek

« Ne laissez pas votre humanité varier en fonction de la religion, des croyances, de la couleur de peau ou de l’appartenance communautaire de la personne que vous avez en face de vous. Si la compassion que vous manifestez dépend de ces facteurs, alors je vous prie de jeter votre humanité à la poubelle. » Ces mots qui claquent et fouettent les consciences, Rita Hayek les jette farouchement à la figure de ses followers dans une vidéo filmée à visage nu et postée en tête de son fil Instagram depuis le mois de septembre. Comme une déclaration de guerre à tous ceux (Libanais et étrangers) qui ne voient dans les bombardements meurtriers d’Israël sur les villages et les quartiers du Hezbollah au Liban qu’une opération d’éradication d’un parti étiqueté terroriste, sans se soucier des milliers de victimes innocentes qu’ils engendrent.

Indignée et solidaire

Les artistes sont des citoyens (presque) comme les autres. En temps de guerre, il y a ceux qui s’engagent, s’indignent, critiquent, prennent parti… Et ceux qui, par égocentrisme, ou parce qu’ils préfèrent appliquer le dicton arabe qui leur conseille « dans les périodes de bouleversements de sauvegarder (leur) tête », s’abstiennent de tout commentaire et action.

Rita Hayek ne fait assurément pas partie de ces derniers. La comédienne, connue pour son audace sur scène, n’est pas une tiède, une indifférente, ni même une prudente. Encore moins une calculatrice qui renonce à prendre des positions tranchées pouvant desservir une carrière cinématographique qui s’ouvre à l’international.

Capture d'écran de la vidéo postée par Rita Hayek sur son fil Instagram le lendemain de l'explosion des bipeurs au Liban. Avec l'aimable autorisation de Rita Hayek

La jeune femme a le courage de ses opinions. Et elle l’a déjà démontré en exprimant à maintes reprises ses convictions personnelles sur des sujets sensibles dans nos sociétés orientales, comme les relations de couple ou les liens du mariage, sans craindre les polémiques qu’elle pouvait susciter.

Elle le prouve une fois de plus en n’hésitant pas à s’impliquer dans cette nouvelle guerre israélienne contre le Liban, autant sur le terrain des réseaux sociaux que celui des actions d’aide concrètes aux familles déplacées.

Rita Hayek s'occupant de divertir des enfants de familles déplacées du Liban-Sud dans un centre d'hébergement à Basta.

Déjà chauffée à blanc par ce qu'elle qualifie de « génocide palestinien à Gaza », l’actrice explose de colère le 18 septembre, au lendemain de l’attaque des bipeurs au Liban en voyant les médias et analystes du monde entier s’extasier devant les prouesses technologiques « attribuées » aux services de renseignements israéliens, dans une totale indifférence à l’horreur de ce carnage. « Personne ne se souciait des victimes innocentes qu’avait fait parmi la population cette opération de déflagrations d’appareils de communication reliant les cadres du Hezbollah activée alors que ces derniers se trouvaient dans des lieux publics, des magasins ou à domicile », s’indigne-t-elle.

Et de lancer aussitôt un coup de gueule, un cri du cœur, dans une vidéo enregistrée (en arabe accompagnée d’un sous-titrage en anglais) et postée sur Instagram depuis la capitale française, où elle se trouvait alors, pour l’avant-première du film Les Barbares de Julie Delpy dans lequel elle avait joué.

« Si cette atrocité avait eu lieu ailleurs qu’au Liban, la planète entière se serait figée »

« J’étais en France pour la sortie de ce film qui raconte l’histoire des habitants d’un village en Bretagne s’apprêtant à accueillir des réfugiés ukrainiens quand ils voient débarquer, à la place, une famille de migrants syriens. Je me sentais tellement heureuse d’avoir participé à ce film qui défend des valeurs humanistes, en dénonçant avec humour le racisme ordinaire et la différence de regard posé sur les gens en fonction de leur identité. Et alors que je voulais partager mon enthousiasme sur les réseaux sociaux, j’apprends ce qui venait de se passer au Liban, à travers les horribles messages qui s’y propageaient », relate Rita Hayek à L’Orient-Le Jour. Poursuivant : « Je n’aurais jamais pu imaginer qu’on puisse écrire des commentaires aussi violents envers des êtres humains qui avaient subi quelque chose d’aussi monstrueux. J’ai appelé mon mari qui est médecin, et qui était aux urgences de l’Hôpital américain de Beyrouth (AUBMC), et rien qu’à sa voix j’ai compris que ce qu’il avait eu sous les yeux était vraiment insupportable. Alors que dans les rues de Paris, où je marchais comme une somnambule en pleurant, je voyais les gens paisiblement installés dans les cafés, ou vaquant à leur vie ordinaire, comme si rien ne s’était passé au Liban. »

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« Si cette atrocité avait eu lieu à New York, Paris ou n’importe quelle ville du monde occidental, la planète entière se serait figée, s’insurge la jeune femme. Si cette opération avait eu lieu sous d’autres cieux, par d’autres commanditaires que les Israéliens, aurait-on parlé d’exploit technologique ? Ne l’aurait-on pas plutôt qualifiée d’attaque terroriste ? »

Un élan contagieux

Face à l’indifférence du monde, face au double standard dans la compassion et l’empathie aux souffrances des populations victimes des bombardements israéliens, Rita Hayek décide de transformer son compte Instagram, suivi par près de 340 000 followers de différentes nationalités, en plateforme engagée. Pour alerter le public sur les milliers de morts, les bombardements quotidiens, le déplacement de plus d’un million de personnes, la destruction de villages et de quartiers entiers… « Parce qu’en tant que figure publique, j’ai la responsabilité d’interpeller les étrangers qui me suivent pour les sensibiliser à la cause du Liban ; et mes concitoyens pour les inciter à faire preuve d'encore plus de solidarité. »

Sur le fil Instagram de l'actrice les reposts engagés occultent les photos glamour d'avant la guerre. Avec l'aimable autorisation de Rita Hayek

Désormais, plus de place à l’autopromotion, aux photos glamour d’une vedette en pleine ascension, ce sont des contenus dénonciateurs des violations quotidiennes des règles du droit international par Israël au Liban comme à Gaza, des reposts engagés, qui se succèdent sur sa story. Entre deux images de ses actions d’aide aux déplacés du Liban-Sud. Car, particulièrement sensible à la détresse des femmes et des enfants traumatisés par les bombardements et jetés sur les routes, Rita Hayek ne ménage pas ses efforts pour répondre aux différentes sollicitations des associations qui s’en occupent. « Je participe aux actions de distribution des vivres, je m’occupe personnellement de certains cas et j’essaye surtout de contribuer à dérider les enfants qui ont toujours été mon point faible », dit cette maman d’un petit garçon de six ans. Qui affirme médiatiser ses actions non pour se faire de la publicité, mais dans l’espoir de montrer « la vraie nature solidaire des Libanais ».

« Ne laissez pas votre humanité varier en fonction de la religion, des croyances, de la couleur de peau ou de l’appartenance communautaire de la personne que vous avez en face de vous. Si la compassion que vous manifestez dépend de ces facteurs, alors je vous prie de jeter votre humanité à la poubelle. » Ces mots qui claquent et fouettent les consciences, Rita Hayek les jette farouchement à la figure de ses followers dans une vidéo filmée à visage nu et postée en tête de son fil Instagram depuis le mois de septembre. Comme une déclaration de guerre à tous ceux (Libanais et étrangers) qui ne voient dans les bombardements meurtriers d’Israël sur les villages et les quartiers du Hezbollah au Liban qu’une opération d’éradication d’un parti étiqueté terroriste, sans se soucier des milliers de victimes innocentes...
commentaires (3)

Très juste, bravo !

Politiquement incorrect(e)

11 h 37, le 15 octobre 2024

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Commentaires (3)

  • Très juste, bravo !

    Politiquement incorrect(e)

    11 h 37, le 15 octobre 2024

  • Un rayon de Soleil

    Azia

    01 h 51, le 15 octobre 2024

  • C’est qui elle? Jamais entendu parler d’elle. Mais maintenant, elle s’est fait connaître. ( même si je suis d’accord avec ce que cette inconnue dit sur le sens de l’humanité ) bonne journée

    LE FRANCOPHONE

    01 h 29, le 15 octobre 2024

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