Le conseil de sécurité de l’ONU. Photo d'archives AFP/ONU/Manuel Élias
Au cours de la quatrième réunion du Conseil de sécurité depuis le 20 septembre sur la situation au Proche-Orient, les représentants des différents pays ayant pris la parole ont insisté jeudi, une fois de plus, sur l'importance d'une résolution politique de la guerre entre le Hezbollah et Israël.
Les prises de parole des représentants de la France et des États-Unis ont notamment appelé à un renforcement de l'armée libanaise en vue de son déploiement au Liban-Sud, conformément aux dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Les condamnations se sont aussi succédé après les tirs israéliens qualifiés de « délibérés » contre des positions de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), qui ont fait deux blessés.
Les Casques bleus toujours en position
Dans son exposé, le chef des opérations de paix des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix, a prévenu à ce sujet que la sécurité des Casques bleus au Liban était « de plus en plus menacée ». « Nos soldats de la paix sont restés en position, conformément au mandat que le Conseil leur a confié, tout en réévaluant en permanence les risques actuels », a-t-il précisé. « Nous avons vivement protesté et avons souligné la responsabilité de l'armée israélienne dans le respect du statut protégé de la Finul et de son personnel, y compris l’inviolabilité des locaux des Nations unies. Nous sommes prêts à soutenir tous les efforts en vue d’une solution diplomatique », a-t-il dit.
Des efforts diplomatiques sont en cours pour trouver une solution pacifique avec une conférence internationale prévue à Paris le 24 octobre, afin d'aborder la crise et mobiliser le soutien international.
Les représentants du Liban, d’Israël, de l’Iran, de l’Union européenne, de la Syrie, de l’Indonésie et de la Mauritanie se sont exprimés durant la séance. Ces deux derniers pays sont d’importants contributeurs de troupes de la Finul. Le Conseil a tenu par la suite des consultations à huis-clos.
Éviter une « catastrophe »
Au cours de la première partie de la réunion, la secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Rosemary DiCarlo, a appelé à « déployer tous les efforts possibles pour inverser ce cycle de violence et sauver le Liban, Israël et la région d'une catastrophe », soulignant ainsi l’ampleur de la crise humanitaire au Liban qui a fait plus de 2 000 morts et 1,5 million de déplacés. Elle a exhorté les États membres à soutenir l’appel lancé par l’ONU en vue de réunir 425 millions de dollars pour aider un million de personnes au cours des trois prochains mois. « Il est encore temps de donner une chance à la diplomatie. Maintenant », a-t-elle martelé, qualifiant d' « accablante l'incapacité collective à mettre fin à la violence et à endiguer l’effusion de sang » .
Elle a enfin appelé à la mise en œuvre intégrale des résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité pour que l’État libanais prenne le contrôle de toutes les armes qui se trouvent sur son territoire.
Renforcer l'armée libanaise
De leur côté, les États-Unis ont réaffirmé le droit d’Israël à se défendre, mais appelé à la retenue pour éviter de nouvelles victimes civiles. « Même si Israël a le droit de se protéger du Hezbollah, il doit minimiser les dommages causés aux civils, en particulier dans les zones densément peuplées de Beyrouth », a plaidé le représentant américain adjoint, Robert A. Wood, alors que des frappes ont atteint jeudi soir Beyrouth intra-muros, faisant une vingtaine de morts. « La solution à la crise ne réside pas dans un Liban plus faible, mais dans un Liban fort et réellement souverain, protégé par une force de sécurité légitime, l'armée libanaise », a-t-il lancé.
« La situation au Liban est extrêmement grave », a plaidé de son côté le représentant permanent de la France à l’ONU, Nicolas de Rivière, appelant à un cessez-le-feu « immédiat et durable ». « L’appel que la France et les États-Unis ont lancé il y a deux semaines et auquel plusieurs de nos partenaires se sont joints est toujours valable », a-t-il dit. « Le cadre est clair : la mise en œuvre intégrale de la résolution 1701. Elle est reconnue tant par le Liban que par Israël en tant que cadre pour parvenir à une stabilité durable le long de la Ligne bleue et offrir des garanties de sécurité pour les deux pays. Il est impératif de restaurer la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban », a relevé le diplomate français.
« Nous voulons un soutien renforcé aux institutions libanaises, et particulièrement à l'armée », a ensuite déclaré M. de Rivière à des journalistes après la séance. « Les forces armées libanaises doivent être déployées dans le Sud et faire leur travail. Pour cela, nous devons nous assurer qu'elles sont correctement équipées et entraînées ».
Le Liban prêt pour une solution diplomatique
Après avoir évoqué la « tragédie humaine résultant de la violation absolue du droit international humanitaire par Israël », le chargé d'affaires du Liban p.i. Hadi Hachem a insisté sur le fait que « la résolution 1701 est la solution ». Le Liban est prêt pour une solution diplomatique, » a-t-il assuré.
Pour le représentant d’Israël Danny Danon, « le Hezbollah est seul responsable de la situation actuelle ». Il a reproché au Conseil de « rester silencieux ». « Pensez à un avenir où le Hezbollah aura cessé de terroriser le Liban et Israël. Pour cela, il n’y a qu’une seule voie à suivre : exiger de la Finul et de l’armée libanaise qu’elles s’acquittent enfin des tâches qui leur ont été assignées, à savoir aider les Forces de défense israéliennes à repousser le Hezbollah au nord du fleuve Litani », a-t-il lancé.
Quant à l’ambassadeur d'Iran, Amir Saeid, il a déclaré que le Conseil de sécurité a « une obligation morale et légale d'intervenir et de contrôler l’agression d’Israël. L’occupation en cours doit cesser. »


L'Occident se réveille enfin? Les milliers de morts n'y ont rien fait. Il suffit que deux de leurs soldats soient blessés. Mais il est vrai que toutes les vies ne se valent pas.
17 h 24, le 12 octobre 2024