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Société - Guerre Au Liban

Dans le port de Beyrouth, l'"arrachement" du départ pour les Turcs évacués

De la fumée s'élève du site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, le 8 octobre 2024. Photo par Mohamed ABOUELENEN/AFP

Une fois ses papiers tamponnés, Mona prend un grand souffle. Elle va pouvoir embarquer avec la marine turque pour quitter le Liban, son pays désormais en proie à "une guerre qui tue, détruit et prive tout le monde de sommeil".

Entourée de ses quatre enfants, dix valises en main, cette Turco-Libanaise de 42 ans s'apprête à partir les larmes aux yeux avec un sentiment d'"arrachement", mais aussi de soulagement de mettre sa famille à l'abri des bombardements israéliens quotidiens sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

"On avait le plus beau pays du monde et maintenant on est des réfugiés", se lamente-t-elle, "ils ont détruit nos vies et volé nos rires".

Mercredi, Ankara organise la plus importante évacuation de ressortissants étrangers du Liban. Au total, elle prévoit d'acheminer sur deux navires 2.000 de ses ressortissants et leurs proches --sur 14.000 citoyens turcs enregistrés à Beyrouth. Ils doivent arriver jeudi matin au port de Mersin, dans le sud de la Turquie.

"Sécurité nulle part"

"Nous sommes les premiers et les seuls à conduire une opération d'évacuation de cette ampleur depuis le début du conflit au Liban", en proie depuis un an à des tirs transfrontaliers entre Israël et le Hezbollah qui ont récemment tourné à la guerre ouverte, se félicite l'ambassadeur Ali Baris Ulusoy. Salwa al-Agha, elle, est née et a vécu toute sa vie à Beyrouth. Palestinienne d'origine et citoyenne turque, elle part avec ses deux enfants.

"Même si on n'était pas sous les bombes, on n'était en sécurité nulle part. On entendait les explosions et ça a un impact psychologique sur nous", affirme à l'AFP cette femme de 41 ans, alors qu'autour des diplomates turcs s'activent à vérifier les papiers d'identité des voyageurs en partance. Elle en convient, tous les trois partent "vers l'inconnu". "Mais je pars pour mettre les enfants en sécurité", assure-t-elle.

Après avoir embrassé une dernière fois sa soeur en pleurant, elle s'éloigne en disant "laisser une partie de (son) coeur" à Beyrouth.  L'ambassadeur Ulusoy, lui, envisage déjà "de possibles évacuations supplémentaires" du Liban où, outre les bombardements, l'armée israélienne a lancé le 30 septembre des incursions terrestres dans le sud.

Depuis octobre 2023, plus de 2.000 personnes ont été tuées au Liban, dont près de 1.200 depuis le 23 septembre, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. "Cela dépendra du nombre de demandes de nos ressortissants et des conditions de sécurité. Si la situation se dégrade encore plus, ces demandes vont sûrement grimper", anticipe déjà l'ambassadeur turc. 

"La guerre va durer"

Jusqu'ici, de nombreux Libanais ont pris l'avion - l'aéroport international de Beyrouth, tout proche de la banlieue sud est toujours opérationnel - à leurs frais. Tandis que plus de 400.000 personnes, en majorité des Syriens venus au Liban pour fuir la guerre dans leur pays il y a plus d'une décennie, et des Libanais, ont franchi la frontière syrienne à pied. Les capitales étrangères appellent régulièrement l'armée israélienne à épargner l'unique aéroport du Liban, pour laisser leurs ressortissants partir s'ils le veulent. Le Liban dit n'avoir reçu que des "engagements" et pas de "garanties" fermes qu'il sera épargné.

Ghazi Youssef, lui, n'a jamais pensé à partir avant. Et pourtant, en trente ans au Liban, il a connu au moins deux guerres avec Israël, la pire crise économique de l'histoire moderne du Liban et les ondes de choc du conflit en Syrie voisine. Mais cette fois-ci, valise sur l'épaule, il avance, décidé, vers le port. "Cette fois-ci, les bombardements sont plus forts", dit ce Turc de 58 ans.

Mohammed Diab a aussi tout supporté. Ce promoteur a fait le dos rond depuis 2019 et la faillite du pays qui a donné un rude coup à ses contrats de promotion immobilière.  Aujourd'hui il a décidé de partir avec ses deux enfants, dont l'un souffre d'une maladie des reins et se déplace en fauteuil roulant. "On ne peut pas rester au Liban", souligne M. Diab. 

Il n'a aucune idée de ce qu'il fera en Turquie, mais peu importe, dit-il. "Si la situation s'améliore, on rentrera au Liban". Avant d'ajouter: "mais on dirait que la guerre va durer".


Une fois ses papiers tamponnés, Mona prend un grand souffle. Elle va pouvoir embarquer avec la marine turque pour quitter le Liban, son pays désormais en proie à "une guerre qui tue, détruit et prive tout le monde de sommeil".

Entourée de ses quatre enfants, dix valises en main, cette Turco-Libanaise de 42 ans s'apprête à partir les larmes aux yeux avec un sentiment d'"arrachement", mais aussi de soulagement de mettre sa famille à l'abri des bombardements israéliens quotidiens sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.

"On avait le plus beau pays du monde et maintenant on est des réfugiés", se lamente-t-elle, "ils ont détruit nos vies et volé nos rires".

Mercredi, Ankara organise la plus importante évacuation de...
commentaires (1)

Qu’avons-nous fait pour ce beau pays pour lui éviter ce qui lui arrive? RIEN. on l’a confié clé en main aux vendus en laissant s’armer et terroriser sans qu’aucun de ses citoyens, politiciens ou armée trouve à en redire. Alors…

Sissi zayyat

11 h 17, le 11 octobre 2024

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Commentaires (1)

  • Qu’avons-nous fait pour ce beau pays pour lui éviter ce qui lui arrive? RIEN. on l’a confié clé en main aux vendus en laissant s’armer et terroriser sans qu’aucun de ses citoyens, politiciens ou armée trouve à en redire. Alors…

    Sissi zayyat

    11 h 17, le 11 octobre 2024

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