Le président du Parlement libanais Nabih Berry à Aïn el-Tiné, le 5 mars 2024. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le président du Parlement libanais Nabih Berry a déclaré au quotidien al-Charq al-Awsat que le Liban était toujours attaché à un « cessez-le-feu avec Israël et à l'application de la résolution 1701 de l'ONU ».
La résolution 1701 a été conclue entre Israël et le Liban en 2006 après la guerre de juillet, accordant une autorité explicite à la Force intérimaire des Nations unies (Finul) et à l'armée libanaise le long de la ligne bleue séparant le Liban d'Israël. Le Hezbollah et Israël s'affrontent le long de la frontière libano-israélienne depuis le mois d'octobre 2023, dans le cadre de la guerre de Gaza. Il y a une semaine, Israël a commencé à mener des frappes aériennes intensives à travers le Liban, tuant près d'un millier de personnes. La semaine dernière, les États-Unis et la France ont proposé une trêve immédiate de 21 jours, mais Israël a immédiatement refusé cette proposition.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, est arrivé à Beyrouth dimanche soir et a discuté de la guerre entre le Hezbollah et Israël et de la vacance présidentielle au Liban avec des responsables libanais mardi.
« Nous avons informé le ministre français de notre attachement au contenu de l'appel des dix pays demandant un cessez-le-feu et l'application immédiate de la résolution 1701 sur les bases convenues avec l'envoyé américain Amos Hochstein », a déclaré M. Berry après des réunions avec M. Barrot, le Premier ministre sortant Nagib Mikati et le commandant de l'armée, le général Joseph Aoun. Plus tôt dans la journée de lundi, M. Mikati avait rappelé la position du Liban qui consiste à « mettre en œuvre l'appel lancé par les pays occidentaux et arabes en faveur d'un cessez-le-feu et de l'ouverture de discussions visant à mettre en œuvre la résolution 1701 de l'ONU ».
En réponse à une question, M. Berry a précisé que « la communication avec le Hezbollah était maintenue » et que le parti n'était « pas loin de cette approche », ajoutant qu'il s'était entendu avec le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, sur cette initiative. Ce dernier a été assassiné lors d'une violente frappe aérienne israélienne qui a visé la banlieue sud de Beyrouth vendredi.
M. Berry a également abordé la question de l'élection présidentielle, déclarant qu'il refusait catégoriquement de lier le cessez-le-feu au processus électoral. « Personne n'a rien à voir avec l'élection du président de la République et il n'est pas permis de s'y immiscer, car il s'agit d'une question souveraine. Bien que nous accueillions favorablement toute assistance, nous rejetons toute ingérence et toute tentative de dictature », a déclaré le président du Parlement. Le Liban est sans président depuis la fin du mandat de Michel Aoun, le 31 octobre 2022. Plusieurs sessions électorales parlementaires n'ont pas permis d'élire son successeur.


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M. Berry ne peut continuer à détourner l’attention du processus électoral en invoquant la souveraineté. Avec l’affaiblissement de son allié le Hezbollah, il devient clair que son seul devoir est de convoquer le Parlement pour élire un président. Le Liban est sans président depuis trop longtemps, et M. Berry, en tant que président du Parlement, porte une responsabilité directe dans cette impasse. Il ne peut plus fuir ses obligations alors que le pays s’enfonce dans la faillite.
17 h 54, le 21 octobre 2024