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Culture - Théâtre

« Wild Beyrouth » de Guillaume Ghostine : une histoire d’amour libanaise gorgée d’espoir, malgré tout

Ce jeune comédien franco-libanais se lance dans l’écriture théâtrale, avec une création librement inspirée de la rencontre amoureuse de ses parents sous les bombes au Liban.

« Wild Beyrouth » de Guillaume Ghostine : une histoire d’amour libanaise gorgée d’espoir, malgré tout

L'affiche de la pièce de Guillaume Ghostine. Photo DR

Guillaume Ghostine vous donne rendez-vous lundi 30 septembre à 20h à la Maison des auteurs à Paris* pour vous présenter Wild Beyrouth, son premier texte dramaturgique. Une histoire d’amour largement puisée de celle vécue par ses propres parents durant la guerre civile libanaise. Et dont la lecture publique au cours de cette soirée retiendra, espère-t-il, l’attention des producteurs indispensables à sa création sur les planches parisiennes.

Il sera accompagné dans cet exercice par sa troupe de comédiens, quasiment tous des binationaux d’origine libanaise et membres du collectif Les Affables affamés qu’il a fondé en 2023 spécifiquement pour porter ce projet de pièce. Ainsi que par les notes orientales du oudiste libanais Hadi Nasreddine.

Un projet qui tient à cœur à ce Franco-Libanais pour plus d’une raison. La première étant de « raconter l’histoire des êtres qui me sont les plus chers et de conserver une trace de leurs existences », confie-t-il par téléphone à L’Orient-Le Jour.

« J’ai toujours voulu faire exister des mots dans un lieu sacré, les rendre vivants. À cet effet, le théâtre est l’endroit idéal. Et cette histoire, tirée de mes archives familiales, à la fois intime et universelle, me semblait le sujet parfait. D’autant qu’elle me ramenait aussi à mes racines », déclare aussi ce comédien né, il y a 31 ans à Paris, de parents tous deux libanais.

« Personnellement, je me sens à la fois totalement Français et en même temps Libanais. Et, bien qu’en dehors des vacances d’été je n’ai jamais vraiment vécu au Liban, j’ai grandi dans la double culture française et libanaise. Mais cette dernière, je la captais surtout à travers le fonctionnement de ma famille », révèle-t-il.

Guillaume Ghostine, un jeune comédien et auteur de théâtre franco-libanais. Photo DR

Son lien à son pays d’origine va toutefois s’exacerber après la tragédie du 4 août 2020, qui va le bouleverser au point d’être l’un des facteurs déclencheurs de l’écriture de Wild Beyrouth.

« J’étais en France au moment de l’explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020, qui a saccagé entre autres l’appartement familial paternel à Achrafieh. Je suivais les nouvelles et je ressentais un mélange d’émotions très fortes, à la fois du chagrin et un sentiment d’injustice, du fait que j’étais loin et que je ne pouvais pas faire grand-chose. C’est là que j’ai sorti un stylo et un papier pour m’atteler à l’écriture et défendre ainsi la cause de mon pays d’origine. Cette pièce est en quelque sorte ma manière de m’en rapprocher, de lui exprimer mon amour », soutient Guillaume Ghostine.

Car si Wild Beyrouth raconte une histoire d’amour dans un pays où résonne obstinément la guerre, « c’est autant pour exposer les affres du Liban que la puissante vitalité de son peuple. Pour montrer qu’il y a un tel désir de vivre dans ce pays si chaleureux et cruel à la fois », avance le jeune auteur, venu à l’écriture par le biais d’un parcours théâtral inscrit dans un rapport étroit entre scène et littérature.

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Formé au Cours Florent puis aux techniques de l’Actor Studio, Guillaume Ghostine a entamé, il y a quelques années, une carrière scénique plutôt classique, dominée par des rôles issus surtout du grand répertoire français, à l’instar de Cléante dans Le Malade imaginaire de Molière, mis en scène par Philippe Person au Lucernaire, ou encore de Maffio Orsini dans Lucrèce Borgia de Victor Hugo. Des pièces magistrales qui feront naître chez lui, au-delà du goût du jeu, celui des mots. Et de l’écriture.

Qu’est-ce que c’est d’aimer quand le temps n’est pas propice à l’amour ?

Comme tout premier texte, celui de Guillaume Ghostine n’est donc absolument pas éloigné de son univers personnel. Et son récit sous-tendu par un fil biographique familial sur fond de guerre est, malgré quelques détails fictifs, fidèle à l’histoire d’amour d'Amale et Adel, ses parents (auxquels il a gardé dans sa pièce leurs véritables prénoms !).

« Cela faisait un moment que je me plongeais dans leurs archives personnelles, avec le désir de mieux appréhender leur cheminement dans la vie. Mais aussi avec l’envie de découvrir ce que c’est qu’aimer quand les temps et les événements ne sont pas propice à l’amour », affirme-t-il.

Des comédiens tous d’origine libanaise

Et parce que pour ce jeune auteur-comédien, « le spectacle vivant reste un moyen d’expression encore influent de nos jours », il espère pouvoir porter sur les scènes parisiennes – « Et beyrouthines, une fois le calme revenu, à l’instar du Monnot » suggère-t-il – « cette pièce qui délivre un message d’espoir universel sur l’amour, les rapports humains et l’importance des racines».

Isabelle Zighondi, Ziad Jallad, Zalfa Seurat et Jade Breidi : quelques membres du collectif Les Affables affamés. Photo DR

Une pièce construite en une succession de séquences alternant différentes ambiances pouvant transporter le spectateur du rire aux larmes. À l’instar de ce passage du « rire aux larmes qui m’est arrivé petit, lorsque je mangeais ma glace Bachir à la pistache avec mes parents en plein Beyrouth et qu’une voiture piégée a explosé tout près », se remémore-t-il.

Une pièce dans laquelle il se réserve le rôle de Adel, son père. Et pour la création de laquelle il a déjà réuni un collectif de comédiens et comédiennes majoritairement d’origine libanaise. « Je pense qu’ils sont à même de mieux appréhender les personnages et de les incarner au plus près de leur vérité. Je ne les connaissais pas personnellement, mis à part Ziad Jallad (l’acteur de Dirty, Difficult, Dangerous, le film de Wissam Charaf qui a aussi fait des apparitions dans Les Tuches 4 et Emily in Paris) et Isabelle Zighondi (qui a joué dans Sous le ciel d’Alice le film de la cinéaste franco-libanaise Chloé Mazlo). Je lui ai proposé d’interpréter Amale, la mère du narrateur. Et c’est elle qui m’a introduit à la plupart des autres comédiens, dont : Zalfa Seurat (réalisatrice, comédienne et musicienne franco-libanaise) et Jade Breidi », indique le comédien.

Grisé par cette première expérience d’écriture, Guillaume Ghostine prévoit d’ores et déjà de donner une suite à Wild Beyrouth. « Avec toujours en filigrane l’histoire de mes parents, mais à partir de leur établissement en France », annonce-t-il. Un artiste à suivre donc...


*« Wild Beyrouth », lecture publique le 30 septembre à 20h, par Guillaume Ghostine et le collectif Les Affables affamés à la Maison des auteurs, 7 rue Ballu, dans le 9e arrondissement.

Guillaume Ghostine vous donne rendez-vous lundi 30 septembre à 20h à la Maison des auteurs à Paris* pour vous présenter Wild Beyrouth, son premier texte dramaturgique. Une histoire d’amour largement puisée de celle vécue par ses propres parents durant la guerre civile libanaise. Et dont la lecture publique au cours de cette soirée retiendra, espère-t-il, l’attention des producteurs indispensables à sa création sur les planches parisiennes. Il sera accompagné dans cet exercice par sa troupe de comédiens, quasiment tous des binationaux d’origine libanaise et membres du collectif Les Affables affamés qu’il a fondé en 2023 spécifiquement pour porter ce projet de pièce. Ainsi que par les notes orientales du oudiste libanais Hadi Nasreddine. Un projet qui tient à cœur à ce Franco-Libanais pour plus d’une raison. La...
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